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Le gouvernement accorde aux armées 6,5 milliards d’euros supplémentaires dans son projet de budget pour 2027, déjà promis à la dissuasion nucléaire, aux drones, à l’espace et à l’entretien des matériels. L’état-major destine pourtant au successeur du Rafale, autour de 2050, la mission nucléaire aéroportée, le volet aérien de la dissuasion, si bien que le ministère des Armées ne pourra guère en différer la dépense. Paris finance dans le même temps la modernisation du Rafale et une flotte que le général Jérôme Bellanger, chef d’état-major de l’armée de l’Air et de l’Espace, dit employée à plus de 15 % au-dessus du rythme prévu. Reste à savoir si l’État peut porter seul, d’ici à 2050, une facture qu’il devra loger dans des budgets déjà répartis.
Le 14 octobre, devant les députés, le général Jérôme Bellanger, chef d’état-major de l’armée de l’Air et de l’Espace, a présenté l’Avion de combat du futur (ACF), destiné à succéder au Rafale, comme un programme national. Des partenaires étrangers pourraient s’y associer, a-t-il expliqué selon les propos rapportés par la presse spécialisée, dans des cadres qui ne décideraient pas de la naissance de l’appareil. La France se prépare ainsi, à ce stade, à concevoir seule un chasseur de 6ᵉ génération, pensé pour combattre en réseau avec des drones.
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Ce choix découle d’une rupture. Le 22 juillet, dans ses résultats semestriels, Dassault Aviation, le constructeur du Rafale, a confirmé l’arrêt du FCAS/NGF, l’avion de combat piloté au cœur du Système de combat aérien du futur (SCAF), le programme européen mené notamment avec l’Allemagne. Le président français et le chancelier allemand avaient décidé cet arrêt. L’avionneur disait alors discuter avec l’État du lancement d’un démonstrateur alternatif, un prototype destiné à lever les risques techniques, sur une base nationale ou en coopération. Paris garde un pied dans la coopération européenne : il veut poursuivre avec ses partenaires le travail sur le cloud de combat, le réseau qui fait circuler les données entre les moyens aériens européens et leur permet d’opérer ensemble.
Le choix national arrive sans devis. Ni Dassault Aviation, en juillet, ni le général Bellanger, le 14 octobre, n’ont avancé de coût. Le ministère des Armées n’a publié aucune estimation consolidée, qui additionnerait le développement, le nombre d’appareils, le rythme des achats, l’entretien de la flotte pendant des décennies et la part éventuelle de partenaires étrangers. Sans ce chiffre, les députés qui votent le budget ignorent ce que coûtera le choix de faire seul.
L’État devra franchir trois marches : financer des études, engager un démonstrateur, puis développer et acheter un avion opérationnel. Avec un démonstrateur, il ne fixe ni le prix de l’industrialisation, le passage à la production en série, ni le nombre d’appareils que l’armée de l’Air et de l’Espace commandera. Le ministère peut donc payer les deux premières marches sans savoir s’il aura les moyens de la troisième.
Le seul ordre de grandeur public vient de l’étranger. Le 3 juillet 2026, le Royaume-Uni, l’Italie et le Japon, associés dans le Global Combat Air Programme (GCAP) pour leur propre chasseur de 6ᵉ génération, ont attribué par leur agence commune un contrat de 4,6 milliards de livres à Edgewing, la coentreprise industrielle du programme. Les trois États le financent ensemble, pour dix-huit mois de travaux. Ce montant ne couvre qu’une phase du programme.
Trois gouvernements se partagent ainsi la facture d’un an et demi de travaux, chiffrée en milliards. En choisissant la voie nationale, Paris garde la maîtrise de son avion et renonce dès le départ à ce partage. Les partenaires du GCAP et la France n’ont toutefois publié aucun devis complet comparable, et leurs programmes n’ont pas le même périmètre : personne ne peut dire lequel des deux modèles coûtera le moins cher. Faute de prix, il faut chercher la réponse dans le budget de l’État, où le futur avion devra gagner sa place chaque année.
Une hausse de 6,5 milliards déjà fléchée
Le gouvernement augmente l’effort militaire. Dans son projet de loi de finances (PLF) pour 2027, que le Parlement examine encore, il prévoit 63,4 milliards d’euros pour la mission « Défense », l’enveloppe budgétaire des armées, hors pensions, soit 6,5 milliards d’euros de plus qu’en 2026. Catherine Vautrin, la ministre des Armées, en a détaillé l’usage devant les députés le 8 octobre : poursuite du renouvellement de la dissuasion, renforcement de la défense surface-air contre les missiles et les avions, investissements dans les drones et l’espace, hausse des moyens d’entretien des matériels. Le gouvernement a aussi placé les munitions et la préparation opérationnelle parmi les priorités de l’actualisation de la loi de programmation militaire (LPM), le texte qui fixe la trajectoire des dépenses des armées sur plusieurs années. Sur cette hausse, il n’a mis de côté aucune enveloppe pour le successeur du Rafale.
Le futur avion n’apparaît pas davantage en ligne propre. Dans le projet annuel de performances annexé au PLF 2027, le document qui détaille l’emploi des crédits, le ministère conserve une subdivision budgétaire intitulée « Frapper à distance – SCAF », sans indiquer quelle part en reviendrait à l’ACF. Il présente en outre ses crédits en deux colonnes. Les autorisations d’engagement ouvrent à l’État le droit de signer des contrats payés sur plusieurs années, et les crédits de paiement fixent ce qu’il décaisse dans l’année. Quiconque additionnerait les unes et les autres gonflerait l’effort annuel.
L’État consent cet effort sous contrainte. Fin juin 2026, la dette publique atteignait 3 595,5 milliards d’euros, selon les données publiées par l’Insee le 29 septembre. Chaque année, le ministère devra donc arbitrer entre l’ACF et la dissuasion, les drones ou les munitions.
De 2033 à 2050, trois chantiers superposés
La dissuasion nucléaire fixe le calendrier de l’ACF. Le général Bellanger attend du futur avion qu’il conduise des missions conventionnelles, sans arme nucléaire, vers 2040, puis qu’il reprenne autour de 2050 la mission nucléaire aéroportée du Rafale. Ces dates restent des objectifs opérationnels, qu’aucun contrat ne garantit encore. L’état-major veut un appareil éprouvé en mission conventionnelle avant de lui confier l’arme nucléaire. Avec cette échéance, l’État perd le levier habituel des programmes coûteux : retarder la livraison pour étaler la dépense.
D’ici là, l’armée de l’Air et de l’Espace comptera sur le Rafale F5, la prochaine version de l’avion. La Direction générale de l’armement (DGA), qui conduit les programmes d’équipement militaire, a annoncé en septembre des contrats préparatoires notifiés durant l’été à Dassault Aviation, au missilier MBDA, au motoriste Safran et à l’électronicien Thales, sur la navigation, les liaisons de données, le radar, la guerre électronique et la propulsion. La DGA envisage de lancer la réalisation, la phase de développement industriel, fin 2026. Elle vise une qualification de cette version, la validation officielle de ses performances, vers 2033, avant sa mise en service dans l’armée de l’Air et de l’Espace, puis dans la Marine nationale.
Safran développe en parallèle le M88 T-REX, une évolution du moteur du Rafale qui doit atteindre 9 tonnes de poussée avec postcombustion, le surcroît de puissance obtenu en brûlant du carburant en sortie de réacteur, soit 20 % de plus que le moteur actuel. Le motoriste aligne la qualification de ce moteur, encore en développement, sur le calendrier du F5. Le 2 juin 2026, la DGA a notifié à MBDA le développement de l’ASN4G, le missile air-sol nucléaire de quatrième génération. Il est attendu vers 2035 sur Rafale F5 pour les Forces aériennes stratégiques et la Force aéronavale nucléaire, les unités de l’armée de l’Air et de la Marine qui mettent en œuvre l’arme nucléaire.
Mises bout à bout, les échéances ne laissent aucun répit. Qualification du F5 vers 2033, ASN4G vers 2035, ACF conventionnel vers 2040, ACF nucléaire vers 2050 : l’État paiera la modernisation du Rafale pendant qu’il développera son successeur. Les industriels feront mûrir sur le F5 des technologies utiles à la génération suivante, mais ni le ministère ni les industriels n’ont chiffré l’économie que l’ACF en tirerait. Le ministère suit la même logique dans l’intelligence artificielle. Depuis juillet, le projet HypAIRion, conduit avec la DGA et l’Agence ministérielle pour l’intelligence artificielle de défense, a transformé deux Mirage 2000, le chasseur qui a précédé le Rafale, en bancs d’essai à Mont-de-Marsan, au profit du F5 puis des capacités futures.
Chasseurs surexploités, Rafale au compte-gouttes
Le présent réclame aussi sa part. Lors de son audition du 14 octobre, le général Bellanger a alerté les députés : les avions de combat sont employés à plus de 15 % au-dessus du rythme prévu. Il a aussi plaidé, selon le site spécialisé AeroTime, pour un réexamen du format de la flotte, c’est-à-dire du nombre d’appareils, dans la prochaine LPM.
Le gouvernement prévoit, dans son projet de budget, la livraison de deux Rafale neufs à l’armée de l’Air et de l’Espace en 2027, une prévision reprise par Catherine Vautrin devant les députés. L’armée continue dans le même temps de retirer ses Mirage 2000-5. Elle use donc ses avions plus vite que prévu, en reçoit deux neufs et en retire d’autres la même année. Le chef d’état-major ne compte pas sur les drones collaboratifs, ces appareils sans pilote appelés à voler aux côtés des chasseurs, pour combler l’écart : il les présente comme des compléments des avions pilotés, sans remplacement nombre pour nombre.
L’état-major réclamera donc, dans la prochaine LPM, des crédits pour la flotte d’aujourd’hui, au moment même où le ministère devra financer le développement de celle de demain.
Abou Dhabi, partenaire du Rafale F5
Les Émirats arabes unis offrent la piste la plus concrète d’un financement étranger, pour le F5. Le 23 octobre, l’agence Reuters a confirmé la relance des discussions entre Paris et Abou Dhabi, après un accord politique visant une stratégie commune sur cette version du Rafale. Un haut responsable français, que l’agence ne nomme pas, assure que les Émirats se sont fermement engagés à travailler avec Paris.
Le partage des coûts reste à négocier. Lors de négociations antérieures, le quotidien économique La Tribune avait évoqué un coût d’environ 5 milliards d’euros et une participation émiratie proche des deux tiers, rappelle Reuters. Paris et Abou Dhabi n’ont inscrit ces montants dans aucun contrat annoncé en octobre, et les industriels doivent encore en préciser les paramètres financiers et techniques. Reuters range parmi les enjeux de la discussion les transferts de technologie, la participation de l’industrie émiratie et l’installation aux Émirats de certaines activités.
Paris tient là le modèle que le général Bellanger esquisse pour l’ACF : un partenaire qui paie sans décider de l’avion. Si Abou Dhabi finançait les deux tiers du F5, comme l’évoquait La Tribune, l’État allégerait d’autant la charge des années où il lance son successeur. Pour l’ACF, Paris devrait toutefois renégocier ces contreparties, avec les Émirats ou avec un autre partenaire.
Le carnet de Rafale, 208 appareils à livrer
Le Rafale assure à la filière des années de travail. Au 30 juin 2026, Dassault Aviation comptait encore 208 appareils à livrer, dont 165 à l’exportation et 43 à la France. Au premier semestre, l’avionneur en a livré douze, dix à des clients étrangers et deux aux forces françaises. Grâce à ces commandes, Dassault Aviation entretient l’outil industriel dont l’ACF aura besoin. L’État et l’avionneur n’ont pourtant annoncé aucun mécanisme qui affecterait les recettes du Rafale au développement de son successeur.
Paris pourrait, en vendant l’ACF à l’étranger, produire davantage d’exemplaires et répartir une partie des coûts sur un plus grand nombre d’appareils. Encore faudrait-il connaître le coût du programme, son prix de vente et le nombre d’exemplaires à partir duquel il s’équilibre. Le ministère ne peut inscrire au budget aucune vente hypothétique.
Démonstrateur, F5, LPM : l’agenda des arbitrages
Trois décisions donneront les premières réponses. Fin 2026, la DGA envisage de lancer la réalisation du Rafale F5, première étape d’une dépense étalée sur plusieurs années. L’État doit aussi trancher le sort du démonstrateur de l’ACF, en discussion avec Dassault Aviation depuis juillet. Le gouvernement devra enfin arrêter, dans la prochaine LPM, le format de la flotte de combat dont le général Bellanger réclame le réexamen.
À chacune de ces étapes, le ministère devra chiffrer une part du devis qu’il n’a pas encore publié. D’ici là, le Rafale porte seul la mission nucléaire aéroportée française, que l’ACF doit reprendre autour de 2050.



Tout ça c’est rien que du blabla…………. C’est pas la peine de nous faire un article de 3 km Avec un contenu qui sera désavoué Pour la prochaine présidentielle; Surtout si c’est celle à qui on pense qui prend le pouvoir La continuité du macronisme je pense qu’elle en a rien à foutre ………Donc attendons la présidentielle Et on sera fixé