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En 2026, un commissaire de police titulaire perçoit environ 3 252 euros net par mois en province, primes fixes comprises et avant impôt sur le revenu. La rémunération progresse avec l’ancienneté jusqu’à 5 879 euros net dans ce grade ; les promotions vers les grades de commissaire divisionnaire et de commissaire général portent le plafond à 8 131 euros net. La géographie, les fonctions exercées et certaines primes liées au poste creusent encore les écarts.
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3 252 euros net au départ
L’Etat verse environ 3 252 euros net par mois à un commissaire de police titularisé au premier échelon et affecté en province. Ce montant correspond à une rémunération brute mensuelle de 4 029,32 euros, établie au 1er janvier 2026.
Le traitement indiciaire, c’est-à-dire la part calculée à partir du grade et de l’échelon, s’élève alors à 2 294,02 euros brut. Les grilles qui s’arrêtent à cette somme décrivent donc une partie seulement du revenu d’un commissaire. Le ministère de l’intérieur ajoute à ce traitement une indemnité de sujétions spéciales de police, ou ISSP, qui rémunère notamment les contraintes de disponibilité et les risques liés aux fonctions actives. Au premier échelon, elle atteint 516,15 euros brut par mois.
L’indemnité de responsabilité et de performance, ou IRP, complète cet ensemble. Cette prime associe le niveau de responsabilité du poste et l’évaluation de l’agent ; sa part fonctionnelle s’élève à 1 218 euros brut mensuels au début de la carrière. Ces trois composantes portent le revenu brut près de 4 030 euros.
Les cotisations pour la pension civile, la contribution sociale généralisée, ou CSG, la contribution au remboursement de la dette sociale, ou CRDS, et la retraite additionnelle de la fonction publique ramènent la rémunération à 3 251,80 euros net avant impôt. L’écart entre les 2 294 euros brut de traitement et les 3 252 euros net de salaire versé provient donc principalement des deux indemnités permanentes. Elles pèsent plus de 1 700 euros brut dans la rémunération mensuelle d’un commissaire débutant.
De l’école à la titularisation
La Police nationale rémunère les lauréats avant même leur première affectation. L’Ecole nationale supérieure de la police, ou ENSP, accueille les élèves commissaires à Saint-Cyr-au-Mont-d’Or, près de Lyon, pour une formation de vingt-deux mois.
Pendant la première période, l’élève commissaire reçoit environ 1 629 euros net par mois en province et bénéficie d’un hébergement gratuit. Après les épreuves de validation, l’administration le nomme commissaire stagiaire ; sa rémunération atteint alors environ 2 091 euros net.
La scolarité alterne dix mois d’enseignement et douze mois de stages dans les services opérationnels. Les élèves qui achèvent ce parcours sont classés avant de choisir parmi les postes proposés par l’administration ; la titularisation ouvre ensuite l’accès au premier échelon, rémunéré autour de 3 252 euros net en province. Le classement de sortie détermine ainsi la première affectation, tandis que l’échelon fixe le traitement de départ. La formation dessine déjà une part de l’écart futur entre les rémunérations, car le lieu du premier poste entraîne des indemnités différentes.
L’ancienneté jusqu’à 5 879 euros
La carrière de commissaire s’organise en onze échelons, auxquels s’ajoutent des niveaux hors échelle en fin de grade. L’ancienneté relève l’indice majoré, l’unité qui sert à calculer le traitement indiciaire. Au premier échelon, l’indice majoré 466 produit un traitement de 2 294,02 euros brut. Au cinquième, l’indice 633 porte ce traitement à 3 116,12 euros ; au dixième, l’indice 835 l’élève à 4 110,52 euros. L’échelon hors échelle A3 atteint enfin 4 809,56 euros brut.
L’Etat calcule le traitement en multipliant l’indice majoré par la valeur mensuelle du point d’indice, fixée à 4,92278 euros en 2026. Le gel de cette valeur concentre donc l’évolution du revenu sur les changements d’échelon, de grade et de primes.
L’ISSP augmente avec le traitement indiciaire. Elle passe de 516,15 euros au premier échelon à 669,97 euros au cinquième, puis à 1 034,06 euros brut au sommet du grade. L’IRP fonctionnelle progresse elle aussi : elle reste à 1 218 euros brut par mois jusqu’au cinquième échelon, puis atteint 1 538 euros à compter du sixième.
Ce saut explique qu’un commissaire passe de 4 000,99 euros net au cinquième échelon à 4 473,04 euros au sixième. Le revenu atteint ensuite 5 224,16 euros net au dixième échelon et 5 879,39 euros net au niveau hors échelle A3. Un commissaire en fin de grade gagne donc près de 2 628 euros net de plus par mois qu’un collègue titularisé au premier échelon.
Les grades jusqu’à 8 131 euros
L’ancienneté ne résume pas la progression salariale. Le corps de conception et de direction, le corps des cadres supérieurs de la Police nationale, compte trois grades : commissaire de police, commissaire divisionnaire et commissaire général.
Le commissaire divisionnaire commence autour de 4 690,17 euros net par mois en province. Son revenu atteint 5 441,28 euros net au cinquième échelon, puis 7 062,80 euros à l’échelon spécial du grade.
Le commissaire général perçoit environ 5 974,07 euros net au premier échelon. Au sommet, classé à l’échelle hors échelle D3, il reçoit un traitement indiciaire de 6 320,85 euros brut, une ISSP de 1 358,98 euros et une IRP fonctionnelle de 2 454 euros. Sa rémunération nette atteint alors 8 130,91 euros par mois.
Ce sommet concerne les cadres promus aux derniers niveaux du corps. Il ne décrit pas le plafond du grade de commissaire, fixé à 5 879 euros net, mais celui de l’ensemble de la carrière des commissaires.
Paris et les primes de poste
L’affectation géographique prolonge la grille de carrière. L’Etat verse une indemnité de résidence de 3% du traitement indiciaire dans les communes classées en zone 1, où figure Paris, de 1% en zone 2 et de 0% en zone 3.
Un commissaire au premier échelon affecté à Paris reçoit ainsi une indemnité calculée sur son traitement de 2 294,02 euros brut. La Police nationale estime le revenu d’entrée à 3 393 euros net dans sa grille la plus favorable, contre 3 224 euros dans son autre tableau géographique.
Les commissaires affectés sur certains postes où le recrutement et la fidélisation posent difficulté peuvent aussi percevoir une indemnité compensatrice de logement. Le ministère la fixe entre 1 142 euros et 1 828 euros par mois, selon la zone du poste et sous réserve des conditions d’attribution.
Les commissaires qui exercent effectivement comme officiers de police judiciaire, ou OPJ, sur un emploi inscrit dans la liste réglementaire, reçoivent une prime annuelle de 1 500 euros. Cette prime, versée chaque trimestre, ajoute l’équivalent de 125 euros par mois sans entrer dans le salaire commun à tous les commissaires.
L’adresse de l’affectation et le contenu du poste peuvent donc modifier sensiblement le revenu d’un commissaire placé au même échelon qu’un autre. Le montant de 3 252 euros net décrit une référence provinciale, pas une fiche de paie universelle.
Les promesses de revalorisation
Les discussions salariales ouvertes après le protocole de 2022 prolongent ces écarts. Le ministère de l’intérieur avait prévu une revalorisation totale de 25% de l’IRP des commissaires et des officiers entre 2023 et 2027. La première hausse, de 10%, est intervenue en juillet 2023.
Le Syndicat indépendant des commissaires de police a indiqué, en février 2026, que l’étape programmée pour 2025 avait été ramenée à 2,5% et reportée, tandis que celle attendue au 1er janvier 2026 n’avait pas encore produit ses effets.
Le comité social d’administration du ministère de l’intérieur a examiné, le 16 juin 2026, une réforme de la grille applicable au corps de conception et de direction. Des organisations syndicales ont évoqué des gains pouvant atteindre 1 350 euros par mois pour certaines carrières. Ce maximum associe les effets d’un reclassement et les situations de fin de carrière.
Les défenseurs de la réforme ont évalué le reclassement moyen à une trentaine de points d’indice, soit un peu moins de 150 euros brut par mois. La polémique a rappelé le poids des primes et des promotions dans la rémunération policière. En 2026, un commissaire titulaire affecté en province commence autour de 3 252 euros net ; son parcours peut le conduire à près de 5 879 euros dans son grade et à 8 131 euros au dernier échelon de commissaire général.


