Afficher le sommaire Masquer le sommaire
- Susie Wiles fragilisée, sa succession déjà discutée
- Katie Zacharia, porte-parole renvoyée après cinq jours
- Republika Srpska : les proches de Wiles dans la tourmente
- Alina Habba contre Richard Grenell : le don fantôme au Kennedy Center
- Paolo Zampolli écarté du département d’État
- Kimberly Guilfoyle poussée à quitter l’ambassade en Grèce
- Trump exclut le départ de Wiles, sans dissiper le doute
Pendant près de deux ans, la Maison-Blanche de Donald Trump avait tourné le dos au chaos du premier mandat : une équipe soudée, une hiérarchie respectée, presque aucune fuite. En une semaine, tout a basculé. Manœuvres pour remplacer la cheffe de cabinet, millions de dollars de dons évaporés, contrats avec des gouvernements étrangers, affrontements entre hauts responsables, renvois en série : les collaborateurs du président se disputent à nouveau sa confiance. Plusieurs de ses interlocuteurs décrivent le Washington de ces derniers jours comme « le Far West ». Les élections législatives, qui décideront du contrôle du Capitole, ont lieu dans deux semaines.
Susie Wiles fragilisée, sa succession déjà discutée
Susie Wiles, 69 ans, est la première visée. Directrice de la campagne de 2024 puis première femme cheffe de cabinet, elle incarnait la rupture avec un premier mandat où Trump avait usé quatre titulaires à ce poste. Sous son autorité, les différends se réglaient en interne, loin de la presse.
Sans qu’elle ait évoqué le moindre départ, plusieurs prétendants se positionnent déjà : Stephen Miller, architecte de la politique migratoire, Bill Pulte, directeur de l’Agence fédérale de financement du logement, et Lee Zeldin, patron de l’Agence de protection de l’environnement.
Katie Zacharia, porte-parole renvoyée après cinq jours
Premier signal : selon le Washington Post, Trump a nommé Katie Zacharia porte-parole sans consulter Wiles, qui contrôlait jusque-là nominations et communication. Le désaveu a tourné au fiasco. Diplômée en droit de Pepperdine, Zacharia n’avait pas obtenu l’examen d’avocate et était restée floue sur ce point. Cette controverse, une première conférence de presse très critiquée et un entretien éprouvant sur Fox News lui ont coûté sa place vendredi, cinq jours après son arrivée.
Republika Srpska : les proches de Wiles dans la tourmente
Le coup le plus rude vient des Balkans. James Blair et Chris LaCivita, deux proches de Wiles qui pilotent une large part de la stratégie politique de Trump, ont vendu des conseils électoraux à la Republika Srpska, entité autonome de Bosnie-Herzégovine dirigée par un parti aux affinités prorusses, alors qu’ils travaillaient encore pour la campagne républicaine. Trump a pris ses distances : « S’il existe un conflit d’intérêts, je les licencierai immédiatement », a-t-il écrit sur Truth Social.
La fille de Wiles, Katie, est elle-même associée de Continental Strategy, un cabinet rémunéré 35 000 dollars par mois par ce même gouvernement, selon les déclarations déposées au département de la Justice. Elle s’y est rendue avec un homme d’affaires texan intéressé par un projet de gazoduc. Un argument de poids pour ses adversaires : Trump n’a jamais toléré que ses collaborateurs monnaient leur proximité avec lui.
Alina Habba contre Richard Grenell : le don fantôme au Kennedy Center
Vendredi dernier, Alina Habba, ancienne avocate personnelle de Trump, est venue mettre en cause Richard Grenell dans le Bureau ovale. Selon elle, le mari de Grenell, l’homme d’affaires turc Turhan Mildon, avait promis au Kennedy Center un don jamais versé. D’après Axios, l’opération atteignait 17,6 millions de dollars, dont environ 5,6 millions pour l’institution que Grenell dirigeait encore récemment. Celui-ci nie tout versement et tout détournement. Trump a chargé les avocats de la Maison-Blanche d’enquêter.
L’affaire oppose deux fidèles et porte une ombre vénézuélienne. Ancien ambassadeur en Allemagne et ex-directeur par intérim du Renseignement national, Grenell prônait le dialogue avec Nicolás Maduro, contre la ligne dure de Marco Rubio, tandis que Mildon avait d’importants intérêts au Venezuela. Depuis la capture de Maduro le 3 janvier, Rubio contrôle seul le dossier. Un proche des deux protagonistes parle d’une « guerre civile » au sein du mouvement trumpiste.
Paolo Zampolli écarté du département d’État
Paolo Zampolli, ancien agent de mannequins qui a présenté Melania au futur président, a été démis cette semaine de ses fonctions d’envoyé spécial pour les partenariats mondiaux, quelques heures après que Politico a révélé son conflit avec Christopher Landau, numéro deux de Rubio et ami de Trump.
Chargé de diplomatie culturelle, Zampolli s’était invité dans des discussions sur des investissements et des projets énergétiques. Landau lui avait ordonné d’arrêter en novembre 2025. Fort de sa nomination directe par Trump, Zampolli avait refusé, puis accusé Landau de fuites visant sa famille. Lors d’un voyage dans les Balkans, il a abordé avec des responsables serbes et de la Republika Srpska des sujets hors de son mandat, obligeant Landau à recadrer les choses auprès du ministre serbe des Affaires étrangères. Au Columbus Day, Trump a remercié Landau devant la communauté italo-américaine, sans un mot pour Zampolli.
Kimberly Guilfoyle poussée à quitter l’ambassade en Grèce
Kimberly Guilfoyle, ambassadrice à Athènes et ancienne compagne de Donald Trump Jr., a dû partir après des révélations du Wall Street Journal : sollicitations d’argent auprès d’hommes d’affaires, cadeaux disproportionnés, menaces contre un fonctionnaire grec. Elle dément et annonce des poursuites.
Trump exclut le départ de Wiles, sans dissiper le doute
Vendredi, Donald Trump a assuré qu’il n’y avait « aucune chance » que Susie Wiles parte. Le président a pourtant déjà démenti des crises avant de trancher brutalement.


