Giorgia Meloni plafonne les prix de l’essence

Carburants en Italie : le plafonnement des prix imposé à Eni soulage les automobilistes mais relance le débat sur les superprofits des pétroliers.

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Sous la pression du gouvernement italien, le groupe pétrolier contrôlé par l’État vend à partir de ce lundi le diesel à 2,19 euros le litre et l’essence à 1,99 euro. Prévue pour un mois, la mesure pourrait durer jusqu’à la fin de l’année. Elle divise le secteur et intervient à l’approche des élections générales de 2027.

Le gazole frôle les 2,50 euros le litre. L’essence dépasse largement les 2,20 euros dans de nombreuses stations-service de la péninsule. Dans ce contexte, les automobilistes italiens qui feront le plein ce lundi chez Eni paieront nettement moins cher. Selon les associations de consommateurs, l’économie moyenne atteindra environ 9,35 euros par plein pour un véhicule diesel et 8,45 euros pour un véhicule essence.

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Diesel à 2,19 euros, essence à 1,99 euro : ce que prévoit le plafond

Le premier groupe pétrolier du pays, contrôlé par l’État, applique désormais des prix plafonnés à la pompe : 2,19 euros le litre de gazole, 1,99 euro le litre d’essence. Cette décision fait suite aux pressions exercées par la présidente du Conseil, Giorgia Meloni, sur la direction de l’entreprise. Le dispositif est prévu pour un mois, mais Rome n’exclut pas de le prolonger jusqu’à la fin de l’année si la situation l’impose.

L’initiative s’inspire directement de l’exemple français, où Total avait adopté une mesure comparable.

Pourquoi Giorgia Meloni fait payer les compagnies pétrolières

Pendant des mois, le gouvernement italien a tenté de contenir le prix des hydrocarbures en votant des baisses temporaires et successives des droits d’accise. La cheffe de l’exécutif change désormais de méthode : elle veut que l’effort repose sur les compagnies pétrolières. Celles-ci ont engrangé ces dernières années des bénéfices records, portés par la flambée du baril et des marges de raffinage, elle-même alimentée par les conflits au Moyen-Orient.

L’objectif affiché est d’offrir un répit aux automobilistes et aux transporteurs routiers. Mais le calcul est aussi concurrentiel. En alignant le premier distributeur du pays sur des prix plus bas, Meloni entend contraindre les autres opérateurs à suivre, sous peine de perdre des parts de marché. Le gouvernement a salué un « geste d’attention louable envers l’Italie », et en particulier envers les familles.

Le bénéfice politique est évident. Des élections générales doivent se tenir en 2027, à une date encore inconnue, et la mesure donne à Giorgia Meloni un argument de poids pour les mois de campagne qui s’annoncent.

Les distributeurs indépendants refusent de s’aligner sur Eni

L’annonce a provoqué un séisme dans le secteur. Les autres compagnies présentes en Italie font leurs comptes avant de décider si elles baissent leurs prix ou les maintiennent. Le précédent français a de quoi les faire hésiter : dans les stations Total, la mesure s’est traduite par de longues files d’attente et des ruptures d’approvisionnement, pour des pertes qui atteignent 300 millions d’euros.

Les petits exploitants ont déjà tranché. Assopetroli-Assoenergia, qui fédère les PME de la distribution et de la vente de carburant, prévient que ses adhérents ne pourront pas suivre Eni, compte tenu des prix qu’ils paient à leurs grossistes. « Nous finirions par perdre de l’argent sur chaque litre vendu », résume son secrétaire général, Sebastiano Gallitelli. L’organisation, qui représente environ 12 000 stations, soit près de la moitié du réseau national, réunit ce lundi ses membres en urgence face à une situation qu’elle qualifie « d’alerte ».

Superprofits : l’opposition dénonce le refus d’une taxe exceptionnelle

À gauche, la méthode ne convainc pas. L’opposition reproche au gouvernement conservateur de forcer la main d’Eni tout en écartant une taxe spéciale sur les bénéfices exceptionnels accumulés par les pétroliers ces dernières années. Francesco Boccia, porte-parole au Sénat du Parti démocrate, principale force d’opposition, pose la question sans détour : « Est-ce à Eni de suppléer l’action du gouvernement, ou est-ce à celui-ci d’indiquer une stratégie claire aux grandes entreprises dont l’État est actionnaire ? »



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