Combien gagne un professeur agrégé ?

Professeur agrégé : quel salaire en 2026 ? Les montants de référence, les compléments et les cotisations qui déterminent le revenu réellement versé.

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Les agrégés augmentent leur revenu avec l’ancienneté, les promotions et les heures supplémentaires. Au sixième échelon, un palier de leur carrière, leur rémunération nette de base dépasse de 493 euros celle des professeurs certifiés, un autre corps enseignant, dans le tableau de référence. Depuis le 1er mai 2026, les agents concernés cotisent aussi à un nouveau contrat collectif santé, dont ils doivent tenir compte pour lire leur bulletin.

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Une moyenne de 4 190 euros à temps complet

Un professeur agrégé au deuxième échelon de la classe normale, le premier grade de sa carrière, reçoit une rémunération nette mensuelle de base de 2 344 euros dans la grille de référence. Au dernier échelon de ce grade, il atteint 3 429 euros. Au sommet de la classe exceptionnelle, le grade le plus élevé, il atteint 4 355 euros. Ces montants sont datés du 1er janvier 2024 : le lecteur doit conserver cette référence lorsqu’il les utilise en octobre 2026.

Pour les revenus effectivement versés, la dernière étude statistique, publiée en août 2026, établit une rémunération moyenne de 4 190 euros nets mensuels à temps complet pour le groupe réunissant les professeurs agrégés et les professeurs de chaire supérieure, un corps distinct d’enseignants de classes préparatoires. Elle porte sur les salaires de 2024.

Les statisticiens ont retenu les enseignants fonctionnaires ou assimilés de l’enseignement scolaire public et privé sous contrat, en France hors Mayotte. Ils ont laissé hors de leur champ les agrégés affectés à l’université. Le lecteur dispose ainsi d’une moyenne pour une population délimitée, regroupant plusieurs situations professionnelles.

Les enseignants du groupe perçoivent en moyenne 4 080 euros nets mensuels tous temps de travail confondus. À temps partiel ou incomplet, ils reçoivent en moyenne 3 040 euros. Lorsqu’on cite les 4 190 euros, la mention « à temps complet » détermine donc la portée du chiffre.

Pour ce groupe, les statisticiens fixent la médiane à 4 030 euros : la moitié des enseignants gagne davantage, l’autre moitié moins. Parmi eux, les 10% les moins rémunérés perçoivent moins de 2 930 euros ; les 10% les mieux rémunérés dépassent 5 270 euros. Certains enseignants reçoivent des sommes situées au-delà de ces seuils.

Comment expliquer une moyenne supérieure aux 3 429 euros affichés au dernier échelon de classe normale ? Les statisticiens rassemblent des enseignants de plusieurs grades et comptent leurs compléments de rémunération. Dans la grille, le lecteur retrouve le revenu de base associé à une position particulière. Pour rapprocher les deux montants, il faut identifier les composantes retenues.

Les agrégés et professeurs de chaire supérieure perçoivent notamment des heures supplémentaires. Les professeurs de chaire supérieure reçoivent 33% de leur salaire brut sous forme de primes. Ils présentent la proportion la plus élevée parmi les enseignants étudiés.

Un agrégé exerçant dans un collège ou un lycée peut comparer son revenu à cette moyenne, puis examiner son grade, son échelon, son temps de travail et ses indemnités. Pour situer sa rémunération, il doit d’abord retrouver sa position dans la grille et les compléments correspondant à son activité.

Les statisticiens ont également changé certains paramètres méthodologiques par rapport à leur publication précédente. Ils ont recalculé les données de 2023 pour comparer cette année à 2024 dans la même étude. Pour apprécier une hausse, le lecteur doit utiliser cette comparaison interne. En rapprochant directement des moyennes issues de publications successives, il risquerait de mesurer les effets d’une méthode différente. Il dispose ici d’un niveau de revenu, d’une distribution et d’une évolution calculée sur un champ cohérent.

Du stage aux grades supérieurs

Un stagiaire débute à un niveau inférieur à cette moyenne. Dans le tableau de janvier 2024, il reçoit 2 005 euros nets mensuels de base au premier échelon pour un stage à mi-temps devant élèves et 2 096 euros pour un stage à temps plein devant élèves. Il s’agit de deux modalités de formation et d’enseignement pendant l’année de stage.

L’enseignant avance ensuite dans les onze échelons de la classe normale. L’administration attribue à chacun un indice majoré, le nombre utilisé pour calculer le traitement indiciaire brut, sa rémunération avant primes. Elle ajoute les indemnités applicables et déduit les cotisations retenues dans ses hypothèses pour obtenir le net de référence.

Position dans la carrièreNet mensuel de base publié
Stagiaire, premier échelon, à mi-temps devant élèves2 005 €
Stagiaire, premier échelon, à temps plein devant élèves2 096 €
Classe normale, deuxième échelon2 344 €
Classe normale, sixième échelon2 779 €
Classe normale, onzième échelon3 429 €
Hors-classe, dernier chevron du quatrième échelon3 984 €
Classe exceptionnelle, dernier chevron du troisième échelon4 355 €

Ces montants concernent les agrégés du second degré, avec des données datées du 1er janvier 2024. Les chevrons désignent des niveaux successifs de rémunération au sein de certains échelons supérieurs.

Pour calculer le traitement, l’administration utilise une valeur annuelle de 5 907,34 euros pour l’indice majoré 100. Elle multiplie cette valeur par l’indice de l’enseignant, puis divise par 1 200 pour obtenir le montant brut mensuel. Elle applique cette valeur depuis juillet 2023 et a attribué cinq points d’indice supplémentaires aux agents en janvier 2024.

Un agrégé peut accéder à la hors-classe, le deuxième grade, puis à la classe exceptionnelle. Pour atteindre leurs derniers échelons, les enseignants suivent des parcours différents. Les durées ordinaires totalisent vingt-six ans entre le premier et le onzième échelon de classe normale. L’administration peut accorder des bonifications d’ancienneté, qui accélèrent l’avancement, aux sixième et huitième échelons. Elle peut aussi reprendre des services antérieurs et promouvoir l’enseignant dans un grade supérieur.

L’administration encadre ces promotions par des conditions d’accès et des possibilités d’avancement. Deux agrégés recrutés la même année peuvent ainsi recevoir des traitements différents. Pour attribuer un montant à un enseignant en fin de carrière, il faut connaître sa position effective.

Les agrégés voient aussi évoluer leurs indemnités. Ils perçoivent la prime d’attractivité pendant les neuf premiers échelons de classe normale, avec les montants les plus élevés en début de carrière. En avançant, l’enseignant reçoit davantage de traitement et perd progressivement ce complément. Il doit additionner les composantes de sa rémunération pour mesurer son gain.

Avec les heures supplémentaires, un revenu accru

Les agrégés du second degré perçoivent plusieurs indemnités ordinaires. Ils reçoivent 2 550 euros bruts annuels au titre de la part commune de l’indemnité de suivi et d’orientation des élèves, l’ISOE. Ils bénéficient aussi d’une prime informatique de 176 euros bruts par an et, selon leur situation, d’une prime d’attractivité de 400 à 3 370 euros bruts annuels.

Dans le tableau de référence, l’administration intègre déjà ces sommes lorsqu’elles s’appliquent. Un enseignant qui estime son revenu doit vérifier les éléments inclus avant d’ajouter ses autres indemnités. En comptant deux fois l’ISOE, il surestimerait son salaire.

Pour gagner davantage, un agrégé peut assurer des heures supplémentaires. Il reçoit de 1 759 à 2 321 euros bruts par heure supplémentaire annuelle, ou HSA, selon le grade et la majoration de la première heure. L’administration rémunère ainsi une heure hebdomadaire supplémentaire assurée pendant l’année scolaire. Pour une intervention ponctuelle, elle verse une heure supplémentaire effective, ou HSE.

L’enseignant peut également accepter une mission du Pacte enseignant, le dispositif de rémunération de tâches supplémentaires volontaires. Il reçoit 1 250 euros bruts annuels pour chaque part fonctionnelle, correspondant à une mission. Le professeur accomplit cette tâche selon les besoins de son établissement, par exemple un remplacement de courte durée ou une action de soutien.

En acceptant une HSA ou une mission du Pacte, le professeur reçoit donc une rémunération pour le travail supplémentaire accompli. L’administration relève aussi son traitement lorsqu’il avance dans les échelons. Pour mesurer une augmentation, l’enseignant doit examiner les heures et les missions assurées pendant la période considérée.

Le professeur principal, chargé notamment du suivi collectif d’une classe, peut recevoir jusqu’à 1 609 euros bruts annuels. Le tuteur d’un stagiaire du second degré perçoit 1 250 euros. En éducation prioritaire, les enseignants bénéficient de 1 734 euros en réseau d’éducation prioritaire, ou REP, et de 5 114 euros fixes dans les réseaux renforcés, les REP+, avec une part modulable atteignant 702 euros.

Chaque enseignant reçoit ces indemnités selon ses fonctions et son affectation. Pour les comparer à son net de base, il doit appliquer les prélèvements correspondants. Les agrégés assurent par ailleurs quinze heures réglementaires d’enseignement hebdomadaire dans le second degré, ou dix-sept heures en éducation physique et sportive. Ils accomplissent également des missions de préparation, d’évaluation, de suivi des élèves, de relations avec les parents et de travail en équipe pédagogique.

Pour évaluer son temps de travail, le professeur ajoute aux cours ces tâches réglementaires. Il prépare aussi ses enseignements supplémentaires et évalue les élèves concernés. Lorsqu’il compare deux revenus mensuels, il doit donc regarder les activités accomplies pour chacun.

La paie après la réforme de mai 2026

Les agents concernés cotisent depuis le 1er mai 2026 à un nouveau contrat collectif de protection sociale complémentaire en santé, qui rembourse une partie des dépenses après l’assurance-maladie, sauf dispense. Leur employeur finance 50% de la cotisation du panier de soins, les garanties de base du contrat. Il prend aussi en charge une partie du coût des options, dans les limites prévues.

Pour lire son bulletin, un agrégé doit examiner ces retenues avec ses dépenses de santé. Lorsqu’il cotise désormais sur sa paie, il peut recevoir un virement différent et cesser de régler séparément une ancienne complémentaire. Il peut également souscrire des options ou couvrir ses ayants droit, notamment son conjoint et ses enfants, selon les conditions du contrat.

Dans le tableau de référence, les montants nets restent datés de janvier 2024. Le lecteur peut situer sa carrière grâce à ces repères, puis comparer les composantes avec son bulletin actuel. Il doit encore tenir compte du prélèvement à la source de l’impôt sur le revenu pour retrouver le montant reçu.

L’enseignant reçoit aussi la prime informatique une fois dans l’année, alors que l’administration l’intègre dans sa présentation mensuelle moyenne. Il peut ainsi relever des différences entre plusieurs bulletins et le net affiché. Pour apprécier son revenu annuel, il doit examiner l’ensemble des versements.

Selon son affectation, l’administration lui attribue une indemnité de résidence calculée à 3%, 1% ou 0% du traitement indiciaire. Elle peut ajouter un supplément familial de traitement, lié aux enfants à charge, et applique des majorations dans les territoires ultramarins. Un agrégé affecté dans l’enseignement supérieur reçoit des indemnités selon un autre régime. Il doit utiliser les règles correspondant à son poste.

L’avantage salarial de l’agrégation

Les agrégés bénéficient d’une rémunération de base supérieure à celle des certifiés, généralement recrutés par le Capes, le certificat d’aptitude au professorat de l’enseignement du second degré. Au deuxième échelon de classe normale, l’agrégé reçoit 2 344 euros nets dans le tableau de référence et le certifié 2 121 euros. À cette position, les agrégés gagnent 223 euros de plus par mois.

Au sixième échelon, ils perçoivent respectivement 2 779 et 2 286 euros, soit 493 euros d’écart. Au onzième, ils reçoivent 3 429 et 2 816 euros, soit 613 euros. Les agrégés conservent ainsi un avantage dont le montant varie au cours de la carrière.

Dans les revenus observés à temps complet en 2024, les agrégés et professeurs de chaire supérieure perçoivent en moyenne 4 190 euros, contre 3 220 euros pour les certifiés. Les statisticiens comparent ici des enseignants répartis entre différentes positions de carrière et recevant des compléments différents. Les 970 euros mensuels résultent de cette comparaison entre populations.

Un certifié qui réussit l’agrégation doit attendre son reclassement, l’attribution de son nouvel échelon, pour connaître son traitement. L’administration détermine cette position à partir de sa situation antérieure. Le professeur examine ensuite ses heures supplémentaires et ses responsabilités pour estimer son revenu total après le changement de corps.

Pouvoir d’achat et droits à pension

Les agrégés peuvent percevoir davantage que d’autres enseignants et subir une érosion sur longue période. Entre 1990 et 2023, les agrégés en début de carrière ont enregistré une hausse de rémunération de 3,4% en euros constants, après correction de l’inflation. En fin de carrière, les enseignants des trois corps étudiés, dont les agrégés, ont subi une baisse supérieure à 10%.

Les enseignants fonctionnaires ou assimilés ont connu une amélioration récente : leur salaire net moyen a augmenté de 4,3% après correction de l’inflation entre 2023 et 2024. Parmi les agrégés et professeurs de chaire supérieure présents les deux années, 24% ont toutefois enregistré une baisse réelle supérieure à 1%.

Pour un agrégé ayant vingt-sept ans d’ancienneté, une estimation situe à environ 820 euros, soit près de 25%, l’écart avec une rémunération où le point d’indice, utilisé pour calculer le traitement, aurait suivi l’inflation. Les auteurs mesurent ici la distance à une trajectoire hypothétique d’indexation.

L’enseignant doit enfin regarder comment il acquiert ses revenus supplémentaires. Il cotise avec ses primes à la retraite additionnelle de la fonction publique, la RAFP, dans une limite d’assiette, le montant soumis à cotisation, égale à 20% du traitement indiciaire. Il accumule ainsi des points de retraite additionnelle.

Pour calculer sa pension principale, l’administration retient le traitement indiciaire détenu depuis au moins six mois avant la cessation des fonctions. Pour la RAFP, elle utilise les points acquis grâce aux cotisations sur les primes.



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