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Une fiche de paie de janvier 2024, communiquée par l’Élysée après une demande d’accès aux documents administratifs, a rendu visible une part inhabituelle de la rémunération présidentielle. Le document évaluait à 2 418,25 euros par mois l’avantage en nature lié au logement du chef de l’État, tandis que le budget prévisionnel de la présidence atteint 126,28 millions d’euros en 2026. Ces chiffres décrivent des réalités distinctes, souvent confondues avec le salaire personnel d’Emmanuel Macron.
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16 039 euros brut chaque mois
Emmanuel Macron perçoit 16 039,71 euros brut par mois en 2026, soit environ 192 500 euros brut sur douze mois. Ce montant reprend le niveau figurant sur le dernier bulletin de paie présidentiel rendu public, celui de janvier 2024. Après une demande d’accès aux documents administratifs déposée par Xavier Berne, créateur de la plateforme Ma Dada, l’Élysée avait transmis cette fiche. Elle affichait 16 039,71 euros de gains bruts et 14 586,32 euros de net à payer avant impôt.
Le gouvernement a maintenu en 2026 le gel du point d’indice de la fonction publique, l’unité qui sert à calculer le traitement indiciaire des agents publics. Cette valeur n’a pas été revalorisée depuis le 1er juillet 2023. Le montant brut présidentiel est ainsi resté inchangé. Le chiffre de 16 039,71 euros renseigne sur la rémunération avant les cotisations sociales. La somme inscrite sur le compte du président dépend ensuite des retenues et de l’impôt.
Une rémunération encadrée par décret
Le décret n° 2012-983 du 23 août 2012 fixe le traitement du président de la République, du premier ministre et des membres du gouvernement. Il le calcule par référence aux emplois de l’État classés « hors échelle », catégorie qui regroupe les niveaux les plus élevés de la fonction publique.
La fiche de paie de janvier 2024 décompose ce traitement. Emmanuel Macron y percevait 12 457,10 euros de traitement de base, auxquels s’ajoutaient une indemnité de résidence de 373,71 euros, une indemnité de fonction de 3 207,70 euros et une indemnité compensatrice liée à la contribution sociale généralisée, ou CSG, de 1,20 euro.
| Élément du traitement | Montant mensuel |
| Traitement de base | 12 457,10 € |
| Indemnité de résidence | 373,71 € |
| Indemnité de fonction | 3 207,70 € |
| Compensation CSG | 1,20 € |
| Total brut | 16 039,71 € |
L’indemnité de résidence atteint 3% du traitement de base. L’indemnité de fonction équivaut à 25% de la somme formée par le traitement et l’indemnité de résidence. Le président et le premier ministre bénéficient en outre d’une majoration de 5% prévue par le décret. Ce calcul rattache le salaire présidentiel aux grilles de rémunération de l’État. Le gel du point d’indice en 2026 explique donc la stabilité du montant affiché sur la fiche de paie.
Le net après impôt reste confidentiel
Cette stabilité du brut ne renseigne pas sur le montant reçu après impôt. Le dernier bulletin accessible mentionne 14 586,32 euros net à payer avant impôt, après déduction des cotisations sociales. Le prélèvement à la source intervient ensuite. Son taux dépend de la situation fiscale du foyer présidentiel, qui comprend Emmanuel Macron et son épouse, Brigitte Macron. L’Élysée a occulté les lignes correspondantes sur le document communiqué.
Des sites évaluent le revenu présidentiel à environ 8 500 euros net après impôt. Cette somme repose sur une estimation, car la fiche de paie publiée ne donne ni le taux de prélèvement à la source ni le montant net final. Elle ne peut donc pas être considérée comme une donnée officielle. Le dernier montant net documenté demeure celui de janvier 2024 : 14 586,32 euros, avant impôt.
Un logement valorisé à 2 418 euros
La fiche de paie mentionne un avantage en nature logement de 2 418,25 euros par mois. L’administration fiscale valorise ainsi l’occupation des appartements privés de l’Élysée par le président. Cette somme entre dans certains calculs sociaux et fiscaux. Elle n’apparaît pas comme un virement supplémentaire sur le compte d’Emmanuel Macron.
L’Élysée finance également des véhicules, des personnels, une protection, des déplacements officiels et des résidences d’État. Ces dépenses accompagnent l’exercice de la fonction présidentielle, qui impose une sécurité permanente et une activité diplomatique. Les dépenses engagées à titre privé suivent une procédure distincte. La présidence refacture au couple présidentiel les vols privés effectués dans les appareils de l’escadron de transport 60, ainsi que certains repas et frais personnels.
Une baisse de 30% en 2012
Le décret qui organise le traitement actuel a suivi une baisse de 30% décidée au début du quinquennat de François Hollande. La mesure a pris effet le 15 mai 2012.
Avant cette réforme, Nicolas Sarkozy percevait environ 21 300 euros brut par mois. François Hollande avait ramené le traitement présidentiel à environ 14 910 euros brut. Les paramètres de rémunération des emplois supérieurs de l’État ont ensuite porté le montant au niveau actuel.
Le Conseil constitutionnel avait censuré une première disposition inscrite dans une loi de finances. Le gouvernement a ensuite retenu la voie réglementaire et publié le décret du 23 août 2012. La baisse de 30% continue ainsi de structurer le mode de calcul présidentiel.
Le budget de l’Élysée, 126,28 millions d’euros
Le Sénat évalue à 126,28 millions d’euros les dépenses prévisionnelles de la présidence de la République pour 2026, soit une progression de 0,54% par rapport à 2025. L’État verse une dotation de 122,56 millions d’euros à l’Élysée. La présidence complète ce financement avec des ressources propres et sa trésorerie.
Ces crédits financent les personnels, les déplacements officiels, les réceptions, l’entretien des bâtiments, les systèmes de communication et les investissements. Le traitement d’Emmanuel Macron figure parmi les dépenses de personnel, mais ne résume pas les activités de cette institution. En 2026, le budget de la présidence finance donc les services de l’Élysée, tandis que la fiche de paie établit le traitement personnel du chef de l’État.


