David Lisnard, la surprise de la course à l’Élysée

Candidat sans parti historique, David Lisnard progresse dans les sondages pour la présidentielle 2027 et force Bruno Retailleau à envisager un rapprochement.

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En quatorze jours, David Lisnard a gagné plus de 126 000 abonnés sur Instagram, et le Rassemblement national l’observerait désormais de près, selon La Tribune Dimanche. Le maire de Cannes a quitté Les Républicains le 31 mars et fait campagne sans parti historique. Il promet 200 milliards d’euros d’économies par an en fin de quinquennat. À six mois du premier tour, fixé au 18 avril 2027, ses rivaux à droite revoient leurs calculs.

Bruno Retailleau a changé de ton en l’espace d’une journée. Jeudi 15 octobre au matin, le président des Républicains (LR) assurait « très bien vivre » la publication, la veille, d’une enquête de l’institut Ifop-Fiducial réalisée pour LCI et Sud Radio. Pour la première fois dans un sondage d’un grand institut, David Lisnard, maire de Cannes et candidat déclaré à l’élection présidentielle, y devance le candidat officiel de LR.

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L’enquête crédite le maire de Cannes de 6 % des intentions de vote au premier tour, un point de plus que Bruno Retailleau et que l’ancien premier ministre Gabriel Attal, mesurés chacun à 5 %. Marine Le Pen (Rassemblement national, RN) domine ce scénario avec 32 %. Elle devance un autre ancien chef du gouvernement, Édouard Philippe, fondateur du parti Horizons, à 13 %. Éric Zemmour, président de Reconquête, obtient 3 %.

Ce matin-là, Bruno Retailleau s’emploie à dédramatiser. Il moque le « yoyo » des sondages et affirme qu’ils n’ont « aucun impact » sur sa détermination. Il présente son concurrent comme un « ami ». Au passage, il défend son propre « projet de rupture », libéral sur le plan économique et doté, selon lui, d’une « dimension sociale ».

Quelques heures plus tard, sur Europe 1, le même homme tient un autre discours. Interrogé sur un éventuel rapprochement avec le maire de Cannes, il juge qu’il faut « évidemment » que les deux hommes se retrouvent. « Il y en a un qui devra se retirer. Le plus stupide, ce serait qu’on aille au bout tous les deux », lance le président de LR.

Le candidat investi par son parti envisage donc publiquement, le jour même où il se disait serein, le retrait de l’un des deux prétendants. Tant que David Lisnard oscillait entre 2 % et 3 %, Bruno Retailleau pouvait parier sur son effacement. À 6 %, même dans une seule enquête, le maire de Cannes l’oblige à envisager une concurrence prolongée jusqu’au premier tour.

La courbe éclaire cette inquiétude. Crédité de 2 % en juin, puis de 3,5 % à la fin de septembre, David Lisnard a gagné deux points et demi en deux semaines. Le président de LR doit donc composer avec un concurrent dont le score a triplé en quatre mois.

Ce sondage se lit pourtant avec précaution. L’Ifop a interrogé en ligne, du 12 au 14 octobre, 1 390 personnes inscrites sur les listes électorales, extraites d’un échantillon représentatif de la population adulte. L’institut a testé plusieurs configurations (les listes de candidats soumises aux sondés), et le score de David Lisnard provient de la plus fragmentée. Édouard Philippe, Gabriel Attal, Bruno Retailleau, l’ancien premier ministre Dominique de Villepin et le maire de Cannes s’y disputent les mêmes électeurs.

Un point d’écart ne suffit pas à établir une avance. Dès que le nom de David Lisnard disparaît de la liste, Bruno Retailleau remonte. OpinionWay, dans une enquête diffusée le 15 octobre, le crédite ainsi de 9 % sans tester son rival.

Ces réserves n’ont pas retenu le président de LR. Jusqu’ici, les responsables de la droite voyaient en David Lisnard l’élu populaire d’une ville prospère, le président de l’Association des maires de France (AMF) et le promoteur d’un libéralisme économique réputé minoritaire dans le pays. Par sa déclaration sur Europe 1, Bruno Retailleau vient d’en faire un concurrent avec lequel il faut négocier.

L’investiture LR face au dissident cannois

Cette négociation oppose deux hommes qui visent la même droite. Celle-ci tient à l’autorité, au contrôle de l’immigration et au redressement des comptes publics. Elle se divise sur la méthode, la stratégie de rassemblement et le degré de rupture économique à imposer au pays.

Sur ce terrain commun, Bruno Retailleau tient l’appareil. En avril 2026, les adhérents des Républicains l’ont désigné candidat officiel avec 73,8 % des suffrages exprimés. Lors de la même consultation, ils n’ont accordé que 14 % à l’option d’une primaire ouverte aux sympathisants.

David Lisnard n’a pas attendu ce verdict. Le 31 mars, il quittait formellement LR et annonçait le soir même sa candidature sur France 2. Il contestait le vote organisé par les instances du parti sur le mode de désignation du candidat et réclamait une grande consultation de la droite et du centre. Surtout, il reprochait à sa famille politique de ne pas avoir rompu avec ses « ambiguïtés » à l’égard de la « macronie », l’entourage et les soutiens d’Emmanuel Macron.

Depuis, le maire de Cannes plaide pour une primaire élargie. Face au nombre de candidatures déclarées ou possibles, seule une compétition préalable éviterait, selon lui, l’émiettement de la droite au premier tour. Ses adversaires y voient une rampe vers la notoriété nationale qui lui manque encore.

Le sondage du 14 octobre change le prix de ce refus. Les adhérents de LR ont écarté la primaire quand David Lisnard pesait 2 % ou 3 % dans les enquêtes. Plusieurs responsables de la droite appellent désormais ouvertement les deux hommes à s’entendre, par crainte d’une élimination collective au premier tour. Plus le maire de Cannes progresse, plus Bruno Retailleau paiera cher le rejet de sa revendication.

David Lisnard attaque ainsi le président de LR sur deux fronts. Il lui dispute des électeurs, et il conteste la légitimité qu’une investiture de parti suffisait jusqu’ici à conférer. Son pari : démontrer qu’aucun prétendant de la droite et du centre ne réunit, à lui seul, une dynamique assez forte pour s’imposer.

Philippe, à 13 % et sous surveillance

Édouard Philippe garde ses distances. Dans le scénario Ifop où le maire de Cannes atteint 6 %, l’ancien premier ministre recueille 13 %, plus du double. Il peut compter sur une notoriété nationale, sur son expérience de Matignon et sur l’implantation d’Horizons, qui le classent dans une autre catégorie électorale.

Le maire de Cannes complique pourtant son équation. Édouard Philippe cherche à rassembler une partie de la droite traditionnelle et l’électorat issu du macronisme. David Lisnard combat le bilan budgétaire d’Emmanuel Macron et se présente en candidat de rupture avec le bloc central (la coalition des partis qui ont soutenu le chef de l’État), dont l’ancien premier ministre espère rallier les électeurs.

L’Ifop ne publie pas, dans cette enquête, de mesure assez détaillée des transferts de voix pour établir que David Lisnard prend des électeurs à Édouard Philippe. L’institut mesure seulement l’arrivée d’un candidat de plus dans un espace électoral déjà saturé, où chaque point peut décider d’une qualification.

Le risque pour Édouard Philippe commence plus haut. Si le maire de Cannes s’installait durablement entre 8 % et 10 %, il priverait l’ancien premier ministre d’une partie des réserves dont celui-ci a besoin pour espérer atteindre le second tour. Le fondateur d’Horizons doit donc surveiller la pente de son rival.

Au RN, la comparaison avec Zemmour

Cette pente intéresse aussi le Rassemblement national. Selon La Tribune Dimanche, le parti scruterait désormais David Lisnard et jugerait Éric Zemmour moins menaçant.

L’écart reste immense. Marine Le Pen recueille 32 % dans le scénario Ifop où David Lisnard obtient 6 %. Le baromètre Ipsos-BVA-Cesi, qui mesure la satisfaction des Français à l’idée de voir tel ou tel responsable accéder à l’Élysée, et non leurs intentions de vote, place lui aussi les deux principales figures du RN très loin devant. Jordan Bardella, président du parti, y recueille 33 % de satisfaits, Marine Le Pen 32 %, et le maire de Cannes 16 %.

Le contraste avec Éric Zemmour éclaire la vigilance prêtée au RN. À 3 %, le président de Reconquête pèse deux fois moins que le maire de Cannes dans la même enquête Ifop. David Lisnard joint en outre à un discours ferme sur l’autorité et l’immigration un programme économique nettement plus libéral que celui du RN. Avec cette combinaison, il s’adresse à des électeurs conservateurs hostiles au macronisme et réticents devant l’interventionnisme économique défendu par Marine Le Pen.

Ni l’Ifop ni les autres instituts cités n’ont publié de transferts assez fins pour dire si le maire de Cannes prend ses voix au RN, à Bruno Retailleau, à Édouard Philippe ou chez les électeurs sans attache partisane. Parler de « siphonnage » serait prématuré.

126 000 abonnés en deux semaines

« Il se passe quelque chose. » Depuis le début d’octobre, les partisans de David Lisnard répètent la formule comme un mot d’ordre. Selon les relevés de l’Agence France-Presse (AFP) au 14 octobre, le compte Instagram du maire de Cannes approchait 403 000 abonnés, après en avoir gagné plus de 126 000 en quatorze jours. Sur TikTok, il en a recruté près de 39 000 sur la même période. L’AFP décrit une accélération supérieure à celle de ses principaux concurrents.

Le candidat multiplie les vidéos courtes, calquées sur les codes esthétiques des plateformes. Ses militants les relaient ; ses adversaires les commentent ou les détournent avec ironie. Il y déroule un récit simple : celui d’un outsider que le « système » ignorerait et dont la progression deviendrait impossible à dissimuler.

Ces chiffres appellent des réserves. Ses détracteurs, en détournant ses vidéos, alimentent eux aussi la viralité, et nul ne peut vérifier l’identité de tous les comptes. Un abonnement ne vaut ni adhésion politique ni intention de vote. Instagram et TikTok fabriquent de la notoriété ; ils ne garantissent ni l’enracinement électoral ni la mobilisation sur le terrain.

Le baromètre Ipsos-BVA-Cesi suggère toutefois que le mouvement déborde des écrans. Les 16 % de satisfaits qu’il attribue au maire de Cannes marquent une hausse de quatre points en un mois. David Lisnard y talonne Bruno Retailleau et Gabriel Attal (17 %) et reste derrière Édouard Philippe (20 %).

Pour un candidat encore peu connu d’une partie des Français, cette hausse compte. Le président de LR doit son statut à l’appareil de son parti. Sur Instagram et TikTok, son rival a bâti le sien sans aucun appareil, et Ipsos le place désormais à un point de lui.

Les maires, réservoir de parrainages

L’autre ressource de David Lisnard se trouve dans les mairies, à commencer par la sienne. À Cannes, il a été réélu dès le premier tour des municipales, le 15 mars 2026, avec 19 721 voix, soit 81,11 % des suffrages exprimés. Sa liste a remporté 45 des 49 sièges du conseil municipal, pour une participation de 46,74 %. Le conseil l’a reconduit le 21 mars dans des fonctions qu’il exerce depuis 2014.

La chambre régionale des comptes, chargée de contrôler les finances des collectivités, juge saine la situation de la commune. Dans un rapport publié en 2023 sur la communauté d’agglomération Cannes Pays de Lérins, elle relevait toutefois la faiblesse de certaines marges et des tensions sur les reversements aux communes membres. Cannes vit en outre de recettes touristiques et d’une sociologie que le reste du pays ne partage pas. Un maire, même plébiscité, n’y arbitre ni les retraites, ni la défense, ni la dette de l’État.

Au-delà de Cannes, son réseau passe par l’AMF, qu’il préside depuis novembre 2021. À ce titre, il intervient régulièrement sur les finances communales, la décentralisation et les relations entre l’État et les collectivités. Il brigue un nouveau mandat face au maire de Sceaux, Philippe Laurent, membre de l’UDI (Union des démocrates et indépendants, centre droit). Sa candidature a recueilli 106 parrainages internes, contre 13 pour son rival, quand 11 suffisaient. Le scrutin se tiendra du 23 au 25 novembre.

Cette double candidature l’expose. L’AMF revendique son indépendance et représente des maires de toutes tendances. Plus David Lisnard avancera vers l’Élysée, plus ses adversaires pourront l’accuser d’utiliser une fonction transpartisane comme ressource électorale.

Ces élus comptent d’abord pour la présidentielle. Tout candidat doit y réunir au moins 500 présentations (le nom officiel des parrainages d’élus), validées par le Conseil constitutionnel et venues d’au moins 30 départements ou collectivités d’outre-mer, sans que plus de 50 émanent d’un même territoire. Le maire de Cannes affirme avoir recueilli dès septembre 500 promesses de parrainage, sans valeur juridique à ce stade.

Son parti, Nouvelle Énergie, qu’il a fondé et préside, revendique de son côté 59 540 adhérents et 1 826 élus au 15 octobre. Ces chiffres sont tirés de son propre registre, et aucun organisme indépendant ne les a certifiés. Les partis ne comptent pas tous leurs membres selon les mêmes critères, si bien que ce total ne situe pas Nouvelle Énergie parmi les autres formations.

Les mêmes élus qui pourraient lui ouvrir la porte du premier tour fournissent ainsi à ses adversaires leur meilleur angle d’attaque, celui de la double casquette. Candidat déclaré, David Lisnard n’a pas encore sa place assurée sur la ligne de départ. Son implantation parmi les maires rend toutefois crédible l’hypothèse qu’il franchisse l’obstacle, et donc qu’il aille au bout face à Bruno Retailleau.

200 milliards d’économies et 119 % de dette

S’il va au bout, ce sera sur un programme de rupture budgétaire, que l’état des comptes publics rend audible. En 2025, le déficit public a atteint 152,5 milliards d’euros, soit 5,1 % du produit intérieur brut (PIB). À la fin de l’année, la dette s’élevait à 3 460,5 milliards d’euros, soit 115,7 % du PIB selon les données définitives de l’Insee. À la fin du deuxième trimestre 2026, dernière donnée disponible, elle atteignait 3 595,5 milliards d’euros, soit 119 % du PIB, après une hausse de 59,6 milliards en trois mois.

La Cour des comptes estime qu’il aurait fallu réduire le déficit d’environ 90 milliards d’euros supplémentaires en 2025 pour stabiliser le ratio d’endettement (le poids de la dette rapporté au PIB). Ce constat sert les candidats qui réclament une rupture rapide avec la trajectoire budgétaire des dernières années.

David Lisnard en a fait le cœur de son offre. Une partie de la droite concentre son discours sur l’immigration, la sécurité et l’identité. Le maire de Cannes place au centre de son projet la baisse de la dépense publique et des prélèvements obligatoires (impôts et cotisations sociales), et la lutte contre la bureaucratie.

Dans la version présentée par Nouvelle Énergie en 2026, il promet 80 milliards d’euros d’économies dès la première année et au moins 200 milliards par an au terme du quinquennat. En juillet 2025, une tribune évoquait encore 200 milliards cumulés sur cinq ans. Le mouvement a donc sensiblement relevé son ambition en un an.

Nouvelle Énergie ne répartit pas ces sommes de la même manière d’un document à l’autre. Une présentation récente prévoit de rendre 60 % des économies aux Français par des baisses de prélèvements et d’en consacrer 20 % à la modernisation de l’État. D’autres communications évoquent 120 milliards rendus aux actifs, 40 milliards de baisse des impôts de production (les taxes payées par les entreprises indépendamment de leurs bénéfices) et 40 milliards affectés au désendettement.

Le chiffrage des effectifs a lui aussi bougé. En juillet 2025, Nouvelle Énergie prévoyait la suppression progressive de 600 000 postes dans les fonctions administratives, par les départs naturels, la mobilité et la numérisation. Sa communication actualisée évoque désormais les quelque 500 000 départs annuels de la fonction publique, que David Lisnard ne veut pas remplacer intégralement, en commençant par l’administration. Ce second chiffre désigne un flux annuel, et le mouvement n’a pas indiqué combien d’emplois publics disparaîtraient en net sur cinq ans.

Pour atteindre ses objectifs, le candidat veut privatiser des fonctions non régaliennes (celles qui ne relèvent ni de la sécurité, ni de la justice, ni de la diplomatie) et ouvrir certains services à la concurrence. Il veut aussi supprimer des agences jugées redondantes, dont les agences régionales de santé (ARS), qui pilotent l’offre de soins dans chaque région, et recentrer l’État sur ses missions régaliennes et sur les souverainetés énergétique et numérique. Ces montants restent des objectifs de campagne, qu’aucune expertise indépendante n’a validés.

La comparaison avec la Cour des comptes en montre la limite. Les 90 milliards évoqués par la Cour correspondent à l’effort nécessaire pour stabiliser la dette. Nouvelle Énergie destine une large part de ses économies à des baisses de prélèvements. Dans l’une de ses ventilations, 40 milliards seulement sur 200 iraient au désendettement. Le déficit ne reculerait donc que d’une fraction des sommes économisées.

Ses adversaires tiennent là leurs premiers angles d’attaque. Plus sa candidature gagnera en consistance, plus ils examineront ces chiffres ligne à ligne.

Avant le 18 avril, l’épreuve de novembre

Cet examen viendra avec les prochains sondages. Une seule enquête place aujourd’hui David Lisnard devant Bruno Retailleau. Le maire de Cannes reste très loin du niveau qu’exige une qualification au second tour et ne peut s’appuyer que sur une courte série d’enquêtes comparables. Les prochaines, dans des configurations moins fragmentées, diront si sa percée résiste à un champ de candidats resserré.

Pour tenir jusqu’au 18 avril 2027, Nouvelle Énergie devra encore recruter des responsables départementaux et des assesseurs, les électeurs qui tiennent les bureaux de vote aux côtés de leur président. Le parti devra aussi réunir des moyens financiers, se doter d’une communication de crise et s’implanter dans les territoires où son fondateur reste peu identifié.

David Lisnard devra mener trois conversions de front. Il lui faut transformer ses abonnés en électeurs, ses promesses de parrainage en présentations validées et ses objectifs budgétaires en mesures chiffrées et stables. S’il échoue sur l’une des trois, il redeviendrait un perturbateur parmi d’autres, et Bruno Retailleau pourrait reprendre son pari sur l’effacement.

Le premier verdict viendra de ses pairs. Du 23 au 25 novembre, les maires de France décideront s’ils reconduisent à la tête de leur association le candidat qui a poussé le président de LR à évoquer un retrait.



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