L’Inde confirme son intérêt pour le futur avion de combat français

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L’Inde veut participer au futur système de combat aérien que la France prépare depuis l’abandon, le 22 juillet, du SCAF (système de combat aérien du futur), qu’elle menait avec l’Allemagne et l’Espagne. Dassault Aviation, constructeur du Rafale, l’avion de combat des armées françaises, se dit ouvert à un partage à 50-50 avec un partenaire. Aucun accord n’est pourtant signé, et rien n’est décidé sur le rôle de New Delhi.

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Le 27 septembre, le ministre indien de la défense, Rajnath Singh, a déclaré que son pays travaillait sur des avions de combat de « sixième génération », celle qui succédera aux chasseurs furtifs actuels, conçus pour échapper aux radars. Il n’a cité aucun partenaire.

La France apparaît dans un autre document. Le 7 août, un rapport du Parlement indien indiquait que le ministère de la défense avait entrepris des démarches pour rejoindre le programme de sixième génération « piloté par le gouvernement français ». Les parlementaires ont demandé des détails. Le gouvernement leur a répondu en une seule phrase, sans rien dire des discussions avec Paris.

Mis côte à côte, ces deux textes confirment l’intérêt indien. Le Parlement a nommé la France, le ministre a confirmé l’ambition. Rajnath Singh n’a pas fait lui-même le lien, et l’Inde n’a encore rien signé.

Ni Paris ni New Delhi n’ont annoncé d’accord. Le rapport indien emploie le mot anglais « co-join » (rejoindre), qui ne dit pas si l’Inde serait un partenaire à égalité, un associé sur certaines technologies ou un simple acheteur.

Tout reste à négocier : qui paie, qui fabrique quoi, qui possède les technologies, qui décide.

Emmanuel Macron et Narendra Modi ont pourtant ouvert la voie en février, en s’engageant à concevoir et produire ensemble des armements avancés. Leur déclaration ne cite aucun avion de combat : le cadre politique existe, sans projet désigné.

Seize jours après la fin du SCAF

L’Inde s’intéresse à un projet qui n’a pas encore de forme. Le SCAF devait réunir un nouvel avion de combat, des drones et un réseau de partage de données. Les trois pays se sont disputés sur la répartition du travail et sur qui devait décider. Dassault Aviation, chargé de l’avion, n’obtenait qu’environ un tiers de la charge. Paris et Berlin ont arrêté le programme le 22 juillet.

La démarche indienne est apparue seize jours plus tard, avant que Paris ait fixé les règles du projet qui succédera au SCAF.

Dassault prépare désormais avec l’État un prototype, seul ou avec de nouveaux partenaires. Son PDG, Éric Trappier, espère un premier vol en 2031 ou 2032. Le gouvernement français n’a encore fixé ni nom, ni budget, ni liste de partenaires.

Dassault ouvert au 50-50

Éric Trappier se dit prêt à un partage à 50-50 avec un partenaire compatible, selon le magazine aéronautique FlightGlobal. Il ne visait pas l’Inde. Avec l’Allemagne, il contestait l’autorité trop faible de Dassault sur un avion qu’il devait diriger avec un tiers du travail. Un partage à parité, sous un chef clairement désigné, ne heurte pas cette exigence.

La France voudrait probablement garder seule la main sur la dissuasion nucléaire (l’arme atomique, que le Rafale peut aujourd’hui emporter). Pour l’Inde, la négociation portera d’abord sur le pouvoir de décision.

36 Rafale en service, 114 en discussion

L’armée de l’air indienne utilise 36 Rafale, et New Delhi en a commandé 26 en version marine, embarquée sur porte-avions, en 2025. En février 2026, l’Inde a donné son feu vert de principe à l’achat d’autres Rafale. Dassault parle de 114 appareils. Le contrat reste à négocier.

Une partie de la production se fera en Inde. Tata Advanced Systems, filiale de défense du groupe Tata, fabriquera des sections du fuselage (le corps de l’avion). Safran, le motoriste français, y installe l’entretien des moteurs du Rafale. Ces usines forment en Inde les compétences dont un programme commun de sixième génération aurait besoin.

L’Inde développe son propre chasseur furtif, l’AMCA (Advanced Medium Combat Aircraft), dont le premier vol est visé vers 2029, deux ou trois ans avant celui du prototype de Dassault. Ce programme reste sa priorité. Trois groupes industriels indiens sont en compétition pour le construire, dont Tata, déjà fournisseur du Rafale. Hindustan Aeronautics Limited (HAL), l’avionneur public, a été écarté.

Le futur avion français viendrait après. L’Inde avance ainsi sur trois fronts : acheter des Rafale tout de suite, construire l’AMCA, et préparer avec la France la génération suivante.

Le moteur, lien entre les trois fronts

Le moteur relie ces trois chantiers. Les Rafale indiens volent avec un moteur Safran. L’AMCA a besoin, pour ses futures versions, d’un moteur d’environ 120 kilonewtons (kN, l’unité qui mesure la poussée). Safran et le britannique Rolls-Royce ont fait des offres, et l’Inde n’a pas encore choisi.

Une offre française qui partagerait largement ses technologies de moteur pèserait donc aussi dans les discussions sur le futur avion. Dans leur déclaration de février, Paris et New Delhi ont inscrit la production en Inde de moteurs d’avions de combat.



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