Combien gagne Zinédine Zidane à la tête de l’équipe de France ?

Le salaire de Zidane, sélectionneur de l'équipe de France, dépasserait le plafond légal. Son contrat, signé avant la loi selon L'Équipe, y échapperait.

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Didier Deschamps touchait 2,5 millions d’euros de salaire fixe en 2022. Son successeur, Zinédine Zidane, gagnerait davantage, loin toutefois des 12 millions d’euros nets que lui versait le Real Madrid en 2019. La Fédération française de football n’a jamais confirmé le moindre montant. Le nouveau sélectionneur a pris ses fonctions le 1er août 2026, deux jours avant la promulgation d’une loi qui plafonne les salaires fédéraux à 450 000 euros bruts par an.

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Un but a suffi. Le 25 septembre, en Turquie, Kylian Mbappé a marqué à la 54e minute l’unique but de la rencontre, et l’équipe de France a ouvert sa Ligue des nations (la compétition qui oppose les sélections européennes entre deux grands tournois) par une victoire 1-0. Pour Zinédine Zidane, c’était le premier match officiel sur un banc depuis son départ du Real Madrid, en 2021.

Ce retour réussi ravive une question que la Fédération française de football (FFF), qui l’a nommé cet été, laisse sans réponse : combien paie-t-elle son sélectionneur ? La chaîne sportive RMC Sport a publié l’estimation la plus précise disponible. Zidane percevrait environ 300 000 euros par mois, hors primes. Sur une année complète, ce salaire de base atteindrait 3,6 millions d’euros.

Des bonus pourraient porter la rémunération du sélectionneur jusqu’à 450 000 euros mensuels, soit 5,4 millions d’euros en rythme annuel que Zidane n’atteindrait que si l’ensemble des primes prévues lui était versé.

La Fédération, elle, n’a rien confirmé. Dans son communiqué du 28 juillet 2026, publié après la réunion de son comité exécutif (l’instance qui dirige la FFF), elle annonce la nomination de Zidane, sa prise de fonctions au 1er août et un mandat de quatre ans « jusqu’à la Coupe du monde 2030 ». La FFF n’y mentionne ni salaire, ni primes, ni droits d’image, ces sommes versées pour l’exploitation commerciale du nom et de l’image d’une personnalité.

La Fédération n’indique pas davantage ce qui déclenche les primes : qualification pour une compétition, parcours à l’Euro ou au Mondial, ou d’autres clauses du contrat.

Face à Deschamps, un record sous condition

En décembre 2022, L’Équipe évaluait le salaire fixe de Didier Deschamps à 2,5 millions d’euros brut par an. Le quotidien sportif y ajoutait des droits d’image d’environ 22 000 euros par rencontre et des primes liées aux grandes compétitions, pour une rémunération annuelle moyenne proche de 3 millions d’euros. En 2026, à la fin de son mandat, plusieurs publications ont avancé un revenu d’environ 3,8 millions d’euros par an, sans détailler la part du fixe, des droits d’image et des bonus.

Fixe contre fixe, Zidane toucherait 1,1 million d’euros de plus que son prédécesseur en 2022. Mis face au revenu global prêté à Deschamps en fin de mandat, son salaire de base passe légèrement en dessous : 3,6 millions contre 3,8 millions. Avec son maximum de 5,4 millions, il creuserait un écart de 1,6 million, soit 42 %.

12 millions nets au Real Madrid

Au Real Madrid, Zidane gagnait bien davantage. En mars 2019, lors de son retour sur le banc madrilène, L’Équipe, citant le site espagnol El Confidencial, lui attribuait un salaire fixe de 12 millions d’euros nets par an, hors primes. Même s’il empochait ses 5,4 millions maximum, Zidane toucherait moins de la moitié de cette somme. Avec le seul fixe, il en percevrait 30 %.

Le métier a changé avec le salaire. Un entraîneur de club dirige son effectif chaque jour et peut enchaîner plus de cinquante matchs dans une saison. Un sélectionneur réunit ses joueurs pendant les fenêtres internationales, ces périodes réservées aux sélections dans le calendrier, puis lors des grandes compétitions. Les grands clubs européens rémunèrent en outre leurs entraîneurs sur un marché où les salaires dépassent généralement ceux que versent les fédérations. Or la FFF doit désormais composer avec une contrainte que les clubs ignorent.

La loi n° 2026-725 relative à l’organisation, à la gestion et au financement du sport professionnel a été promulguée le 3 août 2026, puis publiée au Journal officiel le lendemain. Elle insère dans le Code du sport un article L. 131-14 qui interdit aux fédérations délégataires, celles que l’État a chargées d’organiser une discipline, de payer un salarié au-delà du plafond applicable au président du conseil d’administration d’un établissement public industriel et commercial (EPIC), catégorie qui regroupe des entreprises publiques de l’État. Les travaux parlementaires chiffrent ce plafond à 450 000 euros bruts par an.

Les 450 000 euros du plafond coïncident avec le maximum mensuel prêté à Zidane. Ramené au mois, le seuil légal donne 37 500 euros, douze fois moins que ce que le sélectionneur pourrait toucher, primes comprises.

Le texte prévoit une soupape. Le ministre chargé des sports peut autoriser une dérogation, à la demande du président de la fédération, lorsque les rémunérations habituellement pratiquées pour une fonction dépassent le seuil. Avant la promulgation, la ministre des sports, Marina Ferrari, avait envisagé cette exception pour des fonctions particulières, dont celle de sélectionneur national. Les parlementaires à l’origine du dispositif avaient précisé qu’elle viserait un poste, sans désigner quiconque nommément.



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