Moscou a voté sous les drones

Des drones ukrainiens ont frappé Moscou le dernier jour des élections russes. Le maire dénonce un sabotage du vote, Volodymyr Zelensky revendique une frappe pétrolière

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Sergueï Sobianine, maire de Moscou, tient Kiev pour responsable d’une tentative de sabotage du scrutin législatif russe. Volodymyr Zelensky n’attend pas la fermeture des bureaux de vote pour revendiquer l’opération, qu’il présente comme une frappe sur l’industrie pétrolière de l’adversaire. Le président ukrainien y ajoute une promesse : élargir la portée de ses tirs. La raffinerie touchée alimente plus d’un tiers des pompes moscovites.

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450 drones abattus autour de la capitale

Les systèmes antiaériens déployés autour de Moscou ont détruit 450 drones à l’approche de la région dans la nuit de samedi à dimanche, selon les autorités locales, alors que les élections législatives russes entraient dans leur dernier jour de vote. Sergueï Sobianine a qualifié cette attaque de « plus massive » jamais subie par la ville dont il est le maire.

Dès le petit matin, des habitants ont diffusé des vidéos montrant plusieurs foyers d’incendie dans le complexe pétrolier de Kapotnia, la raffinerie du sud-est de Moscou qui fournit plus d’un tiers du carburant consommé dans la capitale. Un autre appareil a percuté un immeuble d’habitation du sud de la ville, sans faire de victime.

Deux morts, tous deux hors de Moscou

Les deux personnes tuées cette nuit-là, un homme âgé et une femme de 44 ans, sont mortes dans des frappes visant la périphérie de la capitale. Andreï Vorobiov, gouverneur de la région de Moscou, a dénombré une vingtaine de blessés, parmi lesquels trois enfants.

Aucun de ces blessés ne se trouvait dans les limites administratives de la ville. Les drones qui ont atteint Moscou même n’ont fait ni mort ni blessé. Le dispositif antiaérien a donc tenu au centre et cédé sur les bords, répartition que Volodymyr Zelensky reprendra à son compte quelques heures plus tard.

Le maire dénonce une attaque contre le vote

Sergueï Sobianine a rattaché ces frappes au calendrier électoral dès ses premières déclarations. Le bombardement « visait clairement à perturber les élections », argue-t-il, sans préciser sur quels éléments il fonde cette lecture.

Le ministère russe de la Défense avance de son côté un décompte élargi à l’ensemble du territoire : « plus de 1 600 » drones auraient été abattus sur « toutes les frontières » du pays au cours des dernières heures, chiffre qu’aucune source indépendante n’a vérifié. L’écart avec les 450 appareils annoncés pour la seule région de Moscou n’a été expliqué ni par le ministère ni par la mairie.

Le même communiqué annonce des frappes russes contre des « centres logistiques, entrepôts et ports » situés en Ukraine, que Kiev n’a pas commentées. Moscou a donc rendu publiques la dénonciation et la riposte dans un seul et même texte.

Zelensky revendique le jour même du scrutin

Quelques heures après les explosions de Kapotnia, le président ukrainien a revendiqué l’opération sur le réseau social X, alors que les bureaux de vote russes étaient encore ouverts. « Nos réponses de longue portée ont eu un impact très significatif sur la région de Moscou cette nuit », écrit Volodymyr Zelensky.

Ces « réponses » ont atteint, selon lui, « une installation clé de l’industrie pétrolière russe et un autre centre logistique de l’agresseur ». Le chef de l’État ukrainien nomme ainsi ses cibles en termes industriels, quand Sergueï Sobianine parle d’élections. Les deux hommes décrivent la même nuit et ne désignent pas le même objectif.

Au Kremlin, Volodymyr Zelensky adresse une mise en demeure qui vise l’architecture de la défense russe. « Moscou doit mettre fin à sa guerre brutale et choisir la paix plutôt que de construire des anneaux échelonnés de défense antiaérienne au détriment d’autres régions », plaide le président ukrainien. La formule renvoie à la concentration des batteries autour de la capitale, celle-là même qui a laissé passer les drones tombés en périphérie, où sont morts l’homme âgé et la femme de 44 ans.

Volodymyr Zelensky s’exprimait à l’issue d’une réunion tenue avec Mykhaïlo Drapaty, commandant en chef des forces armées ukrainiennes, et Ievgueni Jmara, ministre de la Défense.

Kapotnia, cible déjà touchée le 18 juin

L’« installation clé » revendiquée par le président ukrainien avait déjà été atteinte le 18 juin. L’image du couvercle d’une cuve projeté au-dessus d’une boule de feu avait alors circulé dans le monde entier.

Trois mois après ce premier tir, les stations-service moscovites connaissent toujours des difficultés d’approvisionnement. Les autorités russes n’ont pas communiqué de calendrier de retour à la normale, ni indiqué si la production du site avait été interrompue cette nuit.

Le vote russe s’achève dimanche soir. Les effets sur les pompes de Moscou se compteront en semaines. « Nous nous préparons à élargir notre capacité de frappe à longue portée », annonce Volodymyr Zelensky, qui n’a donné ni échéance ni précision sur les moyens concernés.



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