Transferts : la Premier League bat tous les records avec près de 4 milliards d’euros dépensés cet été

Mercato 2026 : la Premier League a dépensé près de 4 milliards d'euros, un milliard de plus que la Serie A, la Liga, la Bundesliga et la Ligue 1 additionnées.

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Le championnat anglais a engagé cet été davantage d’argent que la Serie A, la Liga, la Bundesliga et la Ligue 1 réunies. Ses vingt clubs viennent pourtant de publier 948 millions de livres de pertes sur un seul exercice. Les règles européennes de fair-play financier, entrées en vigueur cette année, ne les ont pas retenus. Jeff Bezos et Eduardo Saverin, eux, ont pris environ 30 % de Liverpool pour près de 1,65 milliard de livres.

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Iliman Ndiaye a quitté Everton pour Manchester City quelques minutes avant 23 heures, mardi 1er septembre, heure de Londres, soit minuit à Paris. Soixante millions de livres, plus cinq millions de bonus, soit 65 millions au total. Avec ce transfert, les dépenses cumulées des vingt clubs de Premier League ont dépassé leur précédent record, établi douze mois plus tôt à 3,14 milliards de livres.

Sur cette seule journée de clôture, les clubs anglais ont engagé 506,5 millions de livres, contre 391 millions à la même date en 2025, d’après le décompte de la BBC.

FootballTransfers.com, dont la BBC a repris les chiffres, arrête le total de la fenêtre estivale à 3,49 milliards de livres. Sky Sports et Reuters retiennent 3,46 milliards, soit 4,67 milliards de dollars. Aux taux de change de début septembre, ces montants représentent entre 3,95 et 4 milliards d’euros. Les trente millions d’écart entre les deux décomptes tiennent aux bonus inscrits dans les contrats, qui ne seront versés que si le joueur atteint un certain nombre de matches ou de titres, et dont personne ne sait encore lesquels seront déclenchés.

Il y a cinq ans, à la même période, les mêmes clubs avaient dépensé 1,13 milliard de livres. Le montant a plus que triplé en cinq fenêtres estivales.

Chelsea et Manchester City n’ont officialisé le transfert d’Enzo Fernandez qu’après la fermeture du marché, selon Reuters. La procédure est courante en Angleterre : un club qui a déposé son accord avant l’heure limite dispose d’un délai supplémentaire pour transmettre les documents contractuels.

Le marché s’est ouvert deux mois après la finale de la Coupe du monde, disputée aux États-Unis.

Enzo Fernandez, deux fois centenaire

Manchester City a versé 125 millions de livres à Chelsea pour l’international argentin. Le montant égale le record britannique établi un an plus tôt par le transfert d’Alexander Isak à Liverpool, selon ESPN et Reuters.

Enzo Fernandez avait rejoint Chelsea en janvier 2023 en provenance de Benfica pour 106,8 millions de livres. Il devient le premier joueur de l’histoire transféré deux fois pour plus de 100 millions de livres.

Chelsea a établi son propre record de club en juillet 2026 en recrutant Morgan Rogers à Aston Villa pour 117 millions de livres. Quelques semaines plus tôt, Manchester City avait payé 116 millions à Nottingham Forest pour Elliot Anderson.

Ces trois opérations pèsent 358 millions de livres, soit environ un dixième du record de l’été. Converti en euros, le transfert d’Enzo Fernandez représente près de 144 millions, quand le Paris Saint-Germain avait payé 222 millions d’euros pour Neymar et 180 millions pour Kylian Mbappé à l’été 2017. Aucun club au monde n’a dépassé la barre des 222 millions depuis neuf ans. Manchester City, Chelsea et Liverpool ont en revanche conclu à eux seuls quatre transferts au-dessus de 100 millions de livres au cours de cette seule fenêtre, dont celui de Bradley Barcola.

Deux des trois plus gros transferts de l’été se sont conclus entre clubs anglais. Aston Villa et Chelsea ont ainsi encaissé 242 millions de livres versés par des concurrents du même championnat.

Ce que la Ligue 1 a vendu à l’Angleterre

Liverpool a recruté Bradley Barcola au Paris Saint-Germain pour 106 millions de livres garantis, soit environ 122 millions d’euros, montant pouvant atteindre 123 millions de livres selon les bonus exercés. D’après The Athletic, l’ailier français devient le deuxième transfert le plus onéreux de l’histoire du club, derrière Alexander Isak.

Ayyoub Bouaddi avait dix-huit ans lorsque Manchester City a versé 81,4 millions de livres à Lille, plus cinq millions de bonus. Aucun adolescent n’avait jamais coûté aussi cher en Premier League.

Brentford a payé environ 38,5 millions de livres à Lens pour Mamadou Sangaré, meilleure vente de l’histoire du club artésien. Newcastle a recruté Aladji Bamba à Monaco pour un montant pouvant atteindre 34 millions de livres, selon la BBC.

Additionnés en retenant les montants maximaux annoncés, ces quatre transferts représentent près de 260 millions de livres versés par des clubs anglais à des clubs français en une seule fenêtre, soit près de 8 % du record. Trois des quatre joueurs ont rejoint Liverpool ou Manchester City, les deux clubs déjà à l’origine des plus gros transferts de l’été.

Un milliard de plus que les quatre autres

Au 1er septembre, les chiffres consolidés par Sky Sports donnent 3,46 milliards de livres pour la Premier League, 843,6 millions pour la Serie A, 603,5 millions pour la Liga, 507,6 millions pour la Bundesliga et 490,6 millions pour la Ligue 1.

Les quatre autres grands championnats européens totalisent ensemble 2,44 milliards. Un milliard de moins que l’Angleterre seule.

Le Guardian avait publié fin juillet des comptes intermédiaires, alors que la Premier League en était à 2,14 milliards de livres de dépenses. Le quotidien y compare les achats et les ventes de chaque championnat : quand un club vend plus qu’il n’achète, il encaisse un excédent ; dans le cas inverse, il creuse un déficit. Les clubs anglais affichaient alors 523,6 millions de livres de déficit, quand la Bundesliga dégageait 72,2 millions d’excédent et la Ligue 1, 203,4 millions.

Manchester City achète le plus, Liverpool paie le plus

Les vingt clubs de Premier League ont encaissé 2,17 milliards de livres de ventes cet été. Une fois ces recettes retranchées des 3,46 milliards engagés, il reste 1,30 milliard réellement sorti des caisses, selon le décompte détaillé de Sky Sports, le plus complet disponible à ce jour.

Si l’on ne regarde que les achats, Manchester City arrive en tête avec 440,3 millions de livres, devant Chelsea (342,4 millions), Tottenham (334 millions) et Newcastle (275,2 millions). Reuters et Sportsmole situent le club mancunien plus haut, entre 450 et 458 millions, selon qu’ils intègrent ou non les bonus et un prélèvement de 4 % que la Ligue applique aux transferts.

Le classement change une fois les ventes déduites. Liverpool ferme la fenêtre en tête avec 219,4 millions de livres, devant Ipswich Town (190,7 millions), Tottenham (176 millions) et Arsenal (136,6 millions), toujours selon Sky Sports. Manchester City, premier acheteur du championnat, sort alors du podium : le club a vendu presque autant qu’il a acheté.

Onze clubs sur vingt ont établi cet été un record de dépenses à l’échelle de leur histoire.

Quinze points d’écart avec l’UEFA

De nouvelles règles de fair-play financier sont entrées en vigueur en Europe cette année, celle-là même où le record anglais est tombé. Le squad-cost ratio, ou ratio de coût d’effectif, fixe une limite : un club ne peut consacrer à son équipe qu’une fraction de ce que lui rapporte le football. Entrent dans ce calcul les salaires des joueurs, les commissions versées aux agents et le coût annuel des transferts, une indemnité de 125 millions de livres étalée sur un contrat de cinq ans pesant 25 millions par saison dans les comptes.

L’Angleterre a fixé cette limite à 85 % des revenus. Les championnats soumis au cadre de l’UEFA appliquent 70 %, rappelle le Guardian.

Les vingt clubs de Premier League ont généré 6,8 milliards de livres de chiffre d’affaires sur la saison 2024-25, en hausse de 8 % sur un an, selon le rapport annuel publié par le cabinet Deloitte en juillet 2026. Cela représente 340 millions de revenus par club en moyenne, dont 289 millions peuvent être dépensés dans l’effectif. Avec la règle de l’UEFA, la même moyenne n’en autoriserait que 238 millions.

Un plafond calculé en pourcentage monte avec les recettes. Les 8 % de hausse enregistrés en 2024-25 ont donc élargi d’autant la marge de manœuvre des clubs anglais avant l’ouverture du marché. Les 3,46 milliards qu’ils ont engagés cet été équivalent à un peu plus de la moitié de leur chiffre d’affaires annuel.

Sept fois plus de pertes en une saison

Les pertes cumulées des clubs anglais, avant paiement de l’impôt, sont passées de 135 millions de livres en 2023-24 à 948 millions en 2024-25, selon les données de Deloitte relayées par Euronews et le Financial Times. Une hausse de plus de 600 % en un exercice.

Ces 948 millions de pertes correspondent à la saison qui a produit 6,8 milliards de recettes, la plus élevée jamais enregistrée par le championnat.

Les comptes portent sur 2024-25. Les 3,46 milliards dépensés cet été n’y figurent pas encore : étalés sur la durée des contrats signés, ils pèseront sur les exercices 2026-27 et suivants. Les 125 millions versés pour Enzo Fernandez apparaîtront ainsi par tranches d’environ 25 millions par saison dans les comptes de Manchester City, jusqu’en 2031.

Bezos achète 30 % de Liverpool

Un consortium baptisé 1892 Holdings, conduit par l’homme d’affaires Amit Bhatia et réunissant le fondateur d’Amazon Jeff Bezos et le cofondateur de Facebook Eduardo Saverin, a pris environ 30 % du capital de Liverpool FC pour près de 1,65 milliard de livres, selon le Guardian et Le Monde. Le prix payé pour ce tiers du club valorise l’ensemble entre 5 et 6 milliards de livres.

Le consortium dispose d’une option lui permettant de prendre le contrôle majoritaire dans les douze mois, sur la base d’une valorisation avoisinant 8 milliards de dollars, rapporte Sportico. Fenway Sports Group, propriétaire depuis 2010, conserve pour l’instant la direction des opérations.

FSG avait racheté Liverpool 300 millions de livres il y a seize ans. Les 219,4 millions que le club a dépensés net cet été, record du championnat, en représentent les trois quarts.



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