Quand le Rafale dérange l’axe sino-pakistanais

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Fin décembre 2025, la télévision d’État chinoise CCTV montrait huit chasseurs J-16 venant à bout de six Rafale aux couleurs indiennes. Depuis le conflit du Cachemire, en mai 2025, Pékin et Islamabad s’acharnent sur l’avion de combat de Dassault Aviation pour une raison simple : il leur prend des clients. Face à lui, leur JF-17 vole avec un radar chinois et un moteur russe.

Le dossier dépasse les 18 milliards d’euros. Le Defence Acquisition Council, l’instance du ministère indien de la défense qui valide les grands achats d’armement, a recommandé l’acquisition de 114 Rafale supplémentaires. Voilà la réponse de New Delhi à un an et demi d’efforts chinois et pakistanais pour faire passer l’avion français pour un vaincu.

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Ces efforts commencent le 7 mai 2025, avec l’opération Sindoor, la riposte aérienne indienne à un attentat au Cachemire. Quelques heures après les premiers combats, des comptes pakistanais et chinois inondent les réseaux sociaux de photographies de débris marqués « BS001 », l’immatriculation d’un Rafale indien. Le récit est prêt : un J-10C, chasseur chinois de l’armée de l’air pakistanaise, aurait abattu l’appareil avec un PL-15E, missile air-air à longue portée lui aussi de fabrication chinoise. Islamabad revendique cinq avions indiens détruits, dont trois Rafale.

Le chasseur vainqueur et son missile sortent des mêmes usines : chaque Rafale « abattu » devient une publicité pour l’industrie chinoise.

La commission d’examen économique et de sécurité entre les États-Unis et la Chine (USCC), organe consultatif du Congrès américain, a mis à nu la manœuvre en novembre 2025. Elle décrit une campagne pilotée depuis la Chine, nourrie de faux comptes et d’images générées par intelligence artificielle ou tirées de jeux vidéo. Elle en nomme le but : vendre des armes chinoises, dont le chasseur furtif J-35. Le renseignement français, cité par l’agence Associated Press en juillet 2025, accusait déjà les attachés de défense des ambassades chinoises d’avoir démarché les clients du Rafale, Indonésie en tête, pour les détourner de l’avion français.

La vitesse trahit l’opération. Des images diffusées avant toute expertise des débris supposent des réseaux en ordre de marche. Leurs cibles siégeaient dans les ministères qui, de Jakarta au Golfe, comparent les fiches techniques avant de signer. L’armée de l’air indienne savait ce qu’elle avait perdu. Les acheteurs, eux, n’avaient que des photos.

Au-dessus du Cachemire, un bilan disputé

Les frappes indiennes ont atteint leurs cibles. Le prix payé dans les airs reste discuté. Le général Anil Chauhan, chef d’état-major des armées indiennes, a admis fin mai 2025 des pertes d’appareils, sans les chiffrer. Éric Trappier, PDG de Dassault Aviation, a évoqué en juin la perte d’un seul Rafale, sur défaillance technique. La propagande sino-pakistanaise a prospéré dans cet écart, multipliant les épaves et fabriquant les preuves.

Car Pékin avait autre chose à cacher. Face aux PL-15E, les Rafale indiens comptaient sur SPECTRA, leur suite de guerre électronique conçue par Thales et MBDA. Des fragments de ces missiles sont tombés en territoire indien, et l’armée indienne les a exhibés devant la presse le 12 mai 2025.

Ces débris-là, Pékin ne pouvait pas les nier. Son missile vedette se retrouvait entre les mains d’ingénieurs adverses. Les images de Rafale abattus offraient la seule riposte possible devant les clients.

Huit J-16 contre six Rafale à Xuchang

Sept mois plus tard, la bataille gagne les écrans. Fin décembre 2025, CCTV diffuse un exercice de l’Armée populaire de libération (APL) mené à Xuchang, dans le Henan : huit J-16 y affrontent six Rafale présentés comme indiens.

L’APL dévoile rarement ses scénarios aériens. En exhibant celui-ci, elle désigne le Rafale comme l’adversaire étalon de son aviation. Le décompte achève de la trahir. Une armée qui se donne deux avions d’avance pour en vaincre six ne prétend pas gagner à armes égales. Le message, adressé aux gouvernements d’Asie et du Moyen-Orient, se résume ainsi : pour le prix d’une escadrille française, achetez davantage d’avions chinois, le nombre fera le reste.

Le JF-17, entre radar chinois et moteur russe

Cet argument du prix porte aussi le JF-17 Thunder, chasseur léger codéveloppé par Pékin et Islamabad. Sa version la plus récente, dite Block III, embarque un radar chinois à antenne active (AESA, à balayage électronique), des missiles PL-15 et un moteur RD-93 du russe Klimov. Son acheteur signe avec deux capitales, et chacune garde la main sur une partie de l’avion : Pékin sur les missiles et le radar, Moscou sur les moteurs et leurs pièces.

Dassault Aviation a bâti le Rafale avec Safran pour le moteur, Thales pour le radar et SPECTRA, MBDA pour les missiles air-air Meteor et MICA et le missile de croisière SCALP. Paris revendique un avion affranchi de l’ITAR, la réglementation qui donne à Washington un droit de veto sur la revente d’armes contenant des pièces américaines. En 2018, un composant américain du SCALP avait gelé une vente de Rafale à l’Égypte, avant que MBDA ne le remplace.

Chaque État qui choisit le Rafale sort de la double tutelle que Pékin et Islamabad livrent avec leur avion. C’est ce que l’axe sino-pakistanais ne pardonne pas à l’appareil français.

Effet boomerang à New Delhi et Jakarta

Les acheteurs ont répondu. Avec les 114 appareils recommandés et les 26 Rafale Marine, la version embarquée, commandés en avril 2025 pour le porte-avions INS Vikrant, l’Inde s’apprête à aligner 176 Rafale. L’Indonésie a maintenu sa commande de 42 appareils, finalisée en 2023.

Dassault Aviation compte ainsi parmi ses clients l’Inde et l’Indonésie, premier et quatrième pays les plus peuplés du monde.



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