Gabriel Attal a quitté Matignon le 5 septembre 2024, mais l’État peut encore financer une voiture et un conducteur à son ancien Premier ministre. Depuis le 1er janvier 2026, le décret qui encadre ces moyens les limite à dix ans. La protection policière demeure hors du champ des comptes individuels publiés par l’administration.
Gabriel Attal a coûté 45 187 euros à l’État en 2024 au titre des moyens accordés aux anciens Premiers ministres. Le gouvernement détaille 41 007 euros de dépenses de personnel et 4 180 euros de dépenses de véhicule. Ce montant établit une partie du coût. Le ministère de l’Intérieur ne publie pas le prix de la protection policière de chaque ancien Premier ministre, alors que celle-ci peut mobiliser des agents, des véhicules, des frais de mission et des heures supplémentaires.
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Le décret du 16 septembre 2025, entré en vigueur le 1er janvier 2026, a limité à dix ans la voiture de fonction et le conducteur automobile accordés aux anciens locataires de Matignon. Gabriel Attal, qui a quitté ses fonctions le 5 septembre 2024, reste dans cette période. Les 45 187 euros désignent donc les seules dépenses individuelles que l’État a publiées pour 2024.
45 187 euros de coûts identifiés
La ventilation individuelle publiée par le gouvernement permet de distinguer deux postes : 41 007 euros de dépenses de personnel et 4 180 euros de dépenses liées à un véhicule. L’administration ne détaille pas le contenu des dépenses de personnel. Les 41 007 euros regroupent ainsi les coûts budgétaires du personnel rattaché au dispositif, sans permettre d’isoler une rémunération, des charges ou des frais de gestion. La ligne automobile totalise 4 180 euros, sans ventilation publique des dépenses d’usage, d’entretien, de carburant ou d’assurance.
Ces données établissent toutefois que Gabriel Attal a bénéficié d’un véhicule et du personnel associé au dispositif après son départ de Matignon. En 2024, ce montant figurait parmi les plus faibles du dispositif. Dominique de Villepin a représenté 207 072 euros, François Fillon 149 089 euros, Manuel Valls 123 508 euros et Elisabeth Borne 110 779 euros. Cette hiérarchie situe le cas Attal. Elle ne mesure pas le coût de la sécurité, que l’État traite dans un autre circuit budgétaire.
Député, sans secrétariat particulier
Le dispositif applicable aux anciens Premiers ministres prévoyait, sur demande, un véhicule de fonction et un conducteur automobile. Il autorisait aussi la mise à disposition d’un agent pour le secrétariat particulier pendant dix ans au plus après la sortie de Matignon, avec une limite d’âge de 67 ans.
Gabriel Attal a retrouvé son siège de député des Hauts-de-Seine après son départ du gouvernement. Les anciens Premiers ministres qui reçoivent déjà des moyens analogues en raison d’un mandat parlementaire, d’un mandat local ou d’une fonction publique ne peuvent pas cumuler l’ensemble des prestations. Cette règle de non-cumul explique le périmètre des dépenses identifiées en 2024.
L’ancien Premier ministre ne pouvait alors bénéficier que d’un véhicule de fonction et d’un conducteur automobile. Son mandat parlementaire excluait un secrétariat particulier financé au titre de son ancien poste à Matignon. Les 45 187 euros ne couvrent donc pas l’ensemble des prestations prévues pour un ancien Premier ministre. Ils correspondent à un régime réduit par l’exercice de son mandat de député.
Dix ans pour la voiture et le conducteur
Le décret n° 2025-965, publié le 16 septembre 2025, limite à dix ans la mise à disposition d’un véhicule de fonction et d’un conducteur automobile. Le décret de 2019 ne fixait pas de terme général à ces deux moyens. Les anciens Premiers ministres pouvaient les conserver sans échéance légale. Le gouvernement a présenté la modification comme la fin des avantages « à vie ».
Gabriel Attal a quitté Matignon le 5 septembre 2024. La nouvelle limite porte donc, en théorie, son accès à ces moyens jusqu’au 5 septembre 2034. Le décret exige une demande, et la règle de non-cumul continue de s’appliquer : cette date fixe un plafond, sans garantir que l’ancien Premier ministre utilisera ces moyens pendant dix ans.
La réforme encadre ainsi une dépense qui pouvait auparavant se prolonger sans terme général. Elle laisse subsister, pour Gabriel Attal, un coût potentiel pendant plusieurs années.
La sécurité sans facture individuelle
La protection policière relève du ministère de l’Intérieur, qui ne l’impute pas dans le budget des véhicules, conducteurs et secrétariats attribués aux anciens Premiers ministres. En 2019, la protection de l’ensemble des anciens Premiers ministres avait coûté 2 802 903 euros. La somme incluait la masse salariale des agents, les heures supplémentaires, les frais de mission et les véhicules.
Ce montant collectif ne fournit aucun coût attribuable à Gabriel Attal. Il porte sur une année antérieure à son arrivée à Matignon et additionne les dépenses de plusieurs anciens chefs de gouvernement, dont la protection peut varier selon leurs déplacements et l’évaluation des risques.
Le ministère de l’Intérieur ne publie ni les effectifs chargés de la protection de Gabriel Attal, ni les frais de mission, ni le coût annuel correspondant. Le gouvernement a annoncé un réexamen des protections au regard de la menace, mais l’administration n’a pas rendu publique l’évaluation appliquée à l’ancien Premier ministre. Les dépenses de sécurité restent donc absentes de son bilan individuel. Le montant de 45 187 euros décrit une dépense certaine pour 2024 ; la protection empêche de calculer une facture globale.
Des comptes encore partiels
L’État a consacré environ 1,58 million d’euros en 2024 aux véhicules, conducteurs et secrétariats des anciens Premiers ministres. Le gouvernement a attribué la hausse à l’arrivée d’Elisabeth Borne, de Gabriel Attal et de Michel Barnier parmi les bénéficiaires.
Une réponse publiée au Sénat mentionne 1,59 million d’euros pour le même exercice, sans expliquer l’écart de 10 000 euros avec la réponse transmise à l’Assemblée nationale. Les deux documents situent cette dépense sous 0,2% des crédits exécutés du programme budgétaire « Coordination du travail gouvernemental », qui finance notamment les services placés auprès du Premier ministre.
Les montants de 4,4 millions ou 4,5 millions d’euros parfois avancés dans le débat public rapprochent les dépenses directes les plus récentes et des données de sécurité anciennes. Ils donnent un ordre de grandeur du dispositif sans établir un compte consolidé ni une facture individuelle pour Gabriel Attal.
Le député écologiste Emmanuel Duplessy a demandé, dans une question écrite publiée en juillet 2026, que le gouvernement détaille, pour chaque ancien Premier ministre, les moyens conservés, les coûts, les administrations qui les financent et le nombre d’agents publics mobilisés. Cette question restait sans réponse publiée à la date du 15 septembre 2026.
Le décret de 2025 fixe au 5 septembre 2034 l’horizon théorique du véhicule et du conducteur attribuables à Gabriel Attal. Cette échéance borne désormais une dépense dont l’État avait, jusqu’en 2026, laissé la durée ouverte.


