FonFon, l’appli gratuite qui fait progresser les élèves en orthographe et en grammaire

Gratuite, sans publicité ni abonnement, FonFon fait travailler l'orthographe et la grammaire du CE2 au lycée, à raison de deux minutes de quiz par jour.

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Les élèves de CM2 commettent en moyenne 19,4 erreurs sur une dictée de soixante-dix mots, contre 10,7 en 1987, selon une note d’information publiée par la Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP), le service statistique du ministère de l’éducation nationale. Contre cette dégradation, l’entrepreneur Charles Galtier a lancé FonFon.org, une application de quiz de français sans publicité ni abonnement. Aucune monétisation n’est envisagée.

FonFon.org est en ligne depuis janvier. Le site enchaîne des quiz calibrés sur deux minutes, destinés aux élèves du CE2 au lycée, et les fait porter sur les difficultés ordinaires du français écrit : la conjugaison, avec le choix entre l’infinitif et le participe passé, les terminaisons en -t ou en -d ; les accords ; l’orthographe lexicale, c’est-à-dire l’écriture des mots pris isolément, doubles consonnes, accents et mots invariables ; le vocabulaire. Et d’abord les homophones, ces mots qui s’écrivent autrement et se prononcent de la même façon. « a » et « à », « ou » et « où », « ces » et « ses », « ce » et « se » : quatre paires qu’aucune oreille ne distingue, et que l’élève doit trancher par le raisonnement.

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L’éditeur revendique déjà quelque 5 000 questions. S’y ajoutent des exercices de relecture, où l’élève cherche les fautes glissées dans un texte court. Cet exercice reproduit la situation réelle de l’écriture scolaire, où personne ne prévient l’enfant qu’une règle s’applique à cet endroit de sa copie. Un réglage restreint par ailleurs l’application à ses questions les plus simples, pour les plus jeunes de ses utilisateurs.

Ce catalogue suit de près ce que mesure la DEPP. Dans les dictées passées à ses panels d’écoliers, les erreurs les plus fréquentes touchent la grammaire : accords dans le groupe nominal, accord du verbe avec son sujet, accord du participe passé. Le vocabulaire, lui, arrive derrière. Ces règles grammaticales ont en commun de rester muettes à l’oral. Un « é » et un « er » se prononcent de la même façon en fin de verbe, un pluriel s’entend rarement dans un adjectif, et l’élève qui se relit à haute voix ne trouve rien à corriger.

La statistique publique désigne donc une zone d’échec, et Charles Galtier a bâti ses quiz sur cette zone. Les homophones grammaticaux, les terminaisons verbales et les accords occupent l’essentiel des 5 000 questions, quand le vocabulaire y tient une place secondaire. Le pari tient dans ce ciblage : deux minutes valent quelque chose à condition qu’elles tombent sur la règle qui fait défaut. C’est la première réponse de l’application à la question de son efficacité, et la seule qui repose sur un fait extérieur à elle.

Une IA orientée vers les points faibles

Le principe de FonFon.org consiste à abandonner le déroulé linéaire d’un programme pour ramener l’utilisateur là où il a échoué la veille ou la semaine précédente. L’application conserve à cette fin ses erreurs passées et les remet en circulation, puis range les résultats dans un tableau de bord par catégorie, les homophones d’un côté, les participes passés de l’autre. Elle fonctionne hors connexion.

L’inscription n’est pas obligatoire : un quiz se lance sans créer de compte. Le compte débloque en revanche le suivi des performances dans la durée, la révision des erreurs accumulées et des rapports statistiques que les parents consultent. Constater qu’un enfant progresse suppose donc de créer un profil, et de déposer des données sur un mineur, quand l’accès libre laisse l’élève sans mémoire d’une séance à l’autre.

Une gratuité sans publicité ni abonnement

Aucune publicité n’apparaît dans l’application, aucun achat intégré, aucune « version premium » réservée aux familles qui paieraient.

L’engagement mérite d’être relevé dans un secteur déjà encombré d’applications scolaires, où la gratuité sert le plus souvent de coût d’acquisition avant l’abonnement : on ouvre les premiers niveaux, on installe l’habitude, on ferme la suite

Un rendez-vous quotidien à 18 heures

L’application emprunte au jeu vidéo ses ressorts d’assiduité, que l’éditeur revendique : des niveaux, des points d’expérience, des séries de jours consécutifs qui se brisent dès qu’une journée saute, une notification quotidienne. La promesse des deux minutes par jour ne vaut que si l’élève revient tous les jours ; or il revient parce que l’application le rappelle, l’entretien d’une série et la crainte de la rompre faisant le reste.

Une révision de grammaire s’installe ainsi dans la journée de l’enfant, au prix d’une sollicitation supplémentaire dans des foyers qui cherchent à réduire le nombre de leurs rendez-vous avec l’écran. Celui de FonFon tombe à 18 heures, entre la sortie de classe et le dîner.



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