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Dans la maison familiale qu’Ariane de Rothschild dirige depuis plus de dix ans, les activités bancaires côtoient des métiers soumis à leurs propres contraintes opérationnelles. En choisissant de rapprocher ces activités, la dirigeante a voulu donner aux équipes bancaires une compréhension plus concrète du fonctionnement des entreprises. « Les spécialistes de l’investissement doivent être au service de l’économie réelle et donc avoir une véritable compréhension, via la pratique, de ce qu’est une entreprise », explique-t-elle au Figaro.
« Un véritable groupe uni »
Qu’il s’agisse du domaine viticole de Château Clarke ou de la fromagerie de la ferme des 30 Arpents, Edmond de Rothschild avait développé des entreprises auxquelles il était attaché, mais qu’il envisageait séparément de la banque, raconte Ariane de Rothschild. Elle a souhaité les réunir dans une stratégie commune : « J’ai posé comme règle première que toutes les activités soient performantes, parce que c’était la meilleure façon de les pérenniser. »
Encore fallait-il que les collaborateurs connaissent les métiers exercés ailleurs dans la maison et comprennent leur place dans cet ensemble. Elle décrit le résultat de ce travail comme « un véritable groupe uni avec une culture d’entreprise singulière et des valeurs dans lesquelles les collaborateurs se reconnaissent ». La banque et l’investissement restent le cœur de métier, tandis que les autres activités contribuent, selon elle, à l’attractivité de la marque auprès des clients comme des futurs collaborateurs.
Ces liens peuvent par exemple prendre la forme d’un mécénat de compétences. Confronté à des questions d’informatique et de gestion des données, l’Hôpital–Fondation Adolphe de Rothschild a ainsi sollicité les équipes de la banque. Leur expertise a été mise au service des besoins de l’établissement de santé. La dirigeante souligne la fierté que les collaborateurs ont retirée de cette intervention, qui leur permettait aussi de découvrir un autre usage de leurs compétences.
La diversification à l’épreuve de l’entreprise
Ariane de Rothschild explique que ce rapprochement présente également un avantage dans la relation avec les clients. Souvent eux-mêmes entrepreneurs et engagés dans plusieurs activités, la maison familiale peut aborder plus aisément avec eux la diversification, à partir de sa propre expérience. Cette pratique a tendance à renforcer, selon la dirigeante, la crédibilité des conseils du groupe : « Ils savent que nous ne sommes pas dans la théorie pure mais qu’on se l’applique à nous-mêmes, de façon authentique. »
Mais que peut apporter une banque au-delà de la gestion des portefeuilles ? Ariane de Rothschild estime que, face à une standardisation croissante du secteur bancaire, la diversité des activités du groupe constituera un atout pour se distinguer. Les bateaux de course à voile Gitana en donnent un exemple : leur technologie et leurs performances suscitent, selon elle, un intérêt qui dépasse les seuls amateurs de voile. Ariane de Rothschild y voit une façon d’apporter aux clients quelque chose en plus du service financier : « La capacité à inspirer les gens, à les faire rêver. »


