Combien gagne Luca de Meo ? Salaire, primes et actions en 2026

Gucci a encore reculé de 6 % au troisième trimestre 2026. Face à ces résultats, la rémunération de Luca de Meo, jusqu'à 22 millions d'euros par an, reste un pari.

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Luca de Meo avait déjà obtenu 20 millions d’euros avant même d’entrer dans son bureau de la rue de Sèvres. Les actionnaires de Kering ont voté la somme le 9 septembre 2025, six jours avant sa prise de fonctions : c’est le prix de son transfert depuis Renault. S’y ajoutent un fixe de 2,2 millions d’euros par an, un bonus qui peut atteindre trois fois ce fixe et des actions de performance. Au total, le directeur général de Kering peut prétendre à 22 millions d’euros par an au maximum. Gucci, lui, n’a toujours pas redémarré.

La fiche de paie de Luca de Meo

PosteMontantFiabilité
Rémunération attribuée par Kering au titre de 2025 (15 septembre – 31 décembre)jusqu’à 21,86 M€C (variable compté à son plafond)
dont indemnité de prise de fonction20 M€ (75 % en numéraire, 25 % en actions)A
dont fixe au prorata650 959 € brutA
dont variable 2025jusqu’à 1,21 M€ (plafond)A
Rémunération versée par Renault en 2025 (jusqu’au 15 juillet)1,74 M€B
Salaire fixe annuel chez Kering2,2 M€ brutA
Bonus annuel cible / maximum4,84 M€ / 6,6 M€A
Actions de performance prévues chaque année (150 % du fixe et du variable)jusqu’à 13,2 M€A
Vote de l’AG du 28 mai 2026 sur sa paie 2025environ 91 % pourB
Équivalent de sa paie Kering 2025 en SMICjusqu’à 976 ans de SMIC brutCalcul de la rédaction

A = source officielle. B = deux sources concordantes ou déclaration de l’intéressé. C = estimation de la rédaction, calcul exposé. Mise à jour : 30 octobre 2026.

Un fixe de 2,2 millions, un bonus jusqu’à trois fois plus gros

Sur le papier, la mécanique ressemble à celle de n’importe quel patron du CAC 40 : un fixe, un bonus annuel, des actions de performance. C’est dans le réglage des curseurs que Kering sort des usages.

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Le fixe d’abord : 2,2 millions d’euros brut par an, soit 183 333 euros par mois, l’équivalent de 98 SMIC. Le bonus ensuite. Il vise 220 % du fixe, soit 4,84 millions d’euros si les objectifs sont atteints, et peut monter jusqu’à 300 % en cas de surperformance, soit 6,6 millions. À titre de comparaison, le bonus de Patrick Pouyanné chez TotalEnergies est plafonné à 180 % de son fixe.

Reste l’étage des actions. La politique de rémunération prévoit chaque année des actions de performance valant jusqu’à 150 % du fixe et du variable réunis, soit 13,2 millions d’euros au maximum. Additionnez le tout : le plafond théorique atteint 22 millions d’euros par an.

Pour faire de la place, François-Henri Pinault a réduit sa propre rémunération. Devenu simple président du conseil, il touche désormais 700 000 euros par an, contre environ 4 millions quand il cumulait les deux fonctions, selon Reuters.

20 millions pour solder Renault

La somme qui a fait tiquer les actionnaires porte un nom technique : « indemnité de prise de fonction ». Les Anglo-Saxons parlent de golden hello, une pratique encore rare en France. En quittant la direction de Renault en juillet 2025, un peu plus d’un an après le renouvellement de son mandat, de Meo a renoncé à des rémunérations de long terme qui ne lui étaient pas encore acquises. Kering a évalué cette perte à quelque 20 millions d’euros et l’a compensée en totalité : 15 millions en numéraire, 5 millions en actions Kering soumises à des conditions de performance.

« Le montant est effectivement important », a reconnu François-Henri Pinault devant les actionnaires, selon Reuters. « Mais moi, je le vois comme un investissement du groupe sur son futur. »

Le rapport annuel de Renault raconte la même histoire avec d’autres chiffres. Pour ses six mois et demi passés à la tête du constructeur en 2025, de Meo a perçu 1,74 million d’euros : environ 914 400 euros de fixe, 813 811 euros de variable et 11 308 euros d’avantages en nature. Renault y chiffre à 3,13 millions d’euros les actions de performance des plans 2023, 2024 et 2025, non acquises au 15 juillet 2025, auxquelles il a renoncé. Un an plus tôt, sa dernière année pleine au Losange lui avait rapporté 12,9 millions d’euros, selon le rapport annuel 2024 du groupe cité par Reuters.

Treize mois plus tard, Gucci se fait toujours attendre

Un pari à ce prix se juge sur une marque : Gucci. Le 22 octobre 2026, Kering a publié un chiffre d’affaires trimestriel de 3,345 milliards d’euros, en recul de 1 % à périmètre comparable. Gucci a encore cédé 6 %, à 1,29 milliard d’euros, plombé par la fréquentation de ses boutiques en Chine continentale et au Japon. La direction maintient l’objectif d’une marge opérationnelle 2026 supérieure à celle de 2025, mais prévient que celle du second semestre ne dépassera pas les 12,8 % du premier. « Le redressement de Gucci demeure notre priorité absolue », a répété Luca de Meo. Le lendemain, l’action perdait plus de 11 % en début de séance à la Bourse de Paris. Danni Hewson, analyste chez AJ Bell, jugeait alors que le redressement « commence peut-être à se découdre ».

De Meo a pourtant déjà abattu plusieurs cartes. Il a cédé la division beauté à L’Oréal pour 4 milliards d’euros et ramené la dette nette à environ 8 milliards fin 2025, soit 2,5 milliards de moins qu’un an plus tôt. Le 16 avril 2026, à Florence, il a déroulé son plan stratégique, avec une centaine de fermetures nettes de boutiques prévues dans l’année. Fin septembre, le compteur en affichait déjà 105, et le groupe en vise désormais au moins 125 sur 2026.

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Les actionnaires, eux, suivent sans enthousiasme débordant. En septembre 2025, ils avaient approuvé à 89,68 % sa politique de rémunération, prime comprise, selon Reuters. Le 28 mai 2026, sa paie 2025 a été validée à un peu plus de 91 %, avec près de 13,5 millions de voix contre. La contestation n’a jamais pesé sur l’issue : par sa holding Artémis, la famille Pinault contrôlait 59,3 % des droits de vote lors de l’assemblée de 2025.

976 ans de SMIC

Rapportés à une fiche de paie ordinaire, ces montants changent d’échelle. Depuis le 1er juin 2026, un salarié au SMIC touche 1 867,02 euros brut par mois. Pour gagner ce que Kering pouvait attribuer à de Meo pour ses trois mois et demi de 2025, prime comprise, il devrait travailler jusqu’à 976 ans. Sans la prime, le seul fixe annuel du directeur général représente 98 années de SMIC.

En additionnant Renault et Kering, et si son variable 2025 a été versé au plafond, de Meo aurait reçu jusqu’à 23,6 millions d’euros au titre de 2025. Ce serait davantage que les 23,1 millions de Francesco Milleri, le dirigeant le mieux payé de France en 2024 selon le cabinet Proxinvest. Le classement portant sur 2025 n’était pas encore paru fin octobre 2026.

Déjà parmi les mieux payés quand il roulait pour Renault

Avant même de rejoindre le luxe, de Meo jouait dans la cour des rémunérations les plus élevées de la cote parisienne. Telle que chiffrée par Renault, sa dernière année pleine au Losange le plaçait parmi les patrons les plus en vue, loin devant la moyenne du CAC 40.

DirigeantEntrepriseRémunération 2024
Francesco MilleriEssilorLuxottica23,1 M€
Cyrille BolloréBolloré15,7 M€
Pascal DalozDassault Systèmes15,5 M€
Luca de MeoRenault12,9 M€
Patrick PouyannéTotalEnergies10,6 M€
Moyenne des patrons du CAC 40—6,5 M€

Sources : rapport Proxinvest de novembre 2025, relayé par l’AFP ; rapport annuel 2024 de Renault, cité par Reuters, pour Luca de Meo. Les deux méthodes de calcul diffèrent : dans son propre classement, Proxinvest place Patrick Pouyanné au quatrième rang, devant le patron de Renault. Le chiffre de Luca de Meo n’est donc donné qu’à titre de comparaison.

D’où viennent ces chiffres

La rémunération du directeur général d’une société cotée est publique. Kering et Renault la détaillent dans les documents préparés pour leurs assemblées générales, qui la soumettent chaque année au vote des actionnaires. Les montants de cet article proviennent de ces documents, tels que rapportés par les agences et la presse économique. Les résultats détaillés du vote du 28 mai 2026 n’ont pu être recoupés auprès de deux sources indépendantes : ils sont arrondis. Le fixe 2025 au prorata correspond exactement à 108 jours de présence sur un salaire annuel de 2,2 millions d’euros. Les totaux et les conversions en SMIC sont nos calculs.

  • Avis de convocation de l’assemblée générale de Kering du 9 septembre 2025, cité par Reuters (31 juillet 2025) et FashionUnited (1er août 2025)
  • Résultats des votes de l’assemblée générale de Kering du 9 septembre 2025, fixe au prorata et variable maximal 2025, rapportés par Reuters (via BFM Bourse, 9 septembre 2025)
  • Assemblée générale de Kering du 28 mai 2026 : communiqué de Kering et France Épargne (28 mai 2026)
  • Document d’enregistrement universel 2025 de Renault, analysé par Le Journal de l’Automobile (20 mars 2026) ; rapport annuel 2024 de Renault, cité par Reuters
  • Kering : résultats annuels 2025 (10 février 2026) et chiffre d’affaires du troisième trimestre 2026 (22 octobre 2026), rapporté par Zonebourse (via BFM Bourse), FashionUnited et Le Journal du Luxe
  • AFP (via FashionNetwork) et Fortune : cession de Kering Beauté, dette ; France Épargne : plan stratégique de Florence
  • France Épargne et Hargreaves Lansdown : réaction boursière et commentaire d’AJ Bell du 23 octobre 2026
  • Proxinvest, via l’AFP (18 novembre 2025) : classement des rémunérations 2024
  • Service-public.gouv.fr : SMIC au 1er juin 2026

Questions fréquentes

Quel est le salaire de Luca de Meo chez Kering ?

Son salaire fixe s’élève à 2,2 millions d’euros brut par an, soit 183 333 euros par mois. S’y ajoutent un bonus annuel de 4,84 millions d’euros à objectifs atteints, jusqu’à 6,6 millions en cas de surperformance, et des actions de performance pouvant atteindre 13,2 millions d’euros par an.

Pourquoi Luca de Meo a-t-il reçu 20 millions d’euros ?

Kering lui a versé une indemnité de prise de fonction de 20 millions d’euros pour compenser les rémunérations de long terme auxquelles il a renoncé en quittant Renault. Elle est versée pour 75 % en numéraire et pour 25 % en actions Kering.

Combien gagnait Luca de Meo chez Renault ?

Sa rémunération totale a atteint 12,9 millions d’euros en 2024, selon le rapport annuel de Renault cité par Reuters, sa dernière année pleine. Pour 2025, jusqu’à son départ le 15 juillet, Renault lui a versé 1,74 million d’euros.

Qui valide sa rémunération ?

Le conseil d’administration de Kering la fixe, puis les actionnaires l’approuvent chaque année en assemblée générale. La famille Pinault, qui contrôlait 59,3 % des droits de vote par sa holding Artémis lors de l’assemblée de septembre 2025, détient de fait la décision.

Les informations relatives aux revenus, patrimoine ou rémunérations mentionnées dans cet article sont issues de sources publiques (déclarations fiscales rendues publiques, rapports officiels, estimations de tiers, déclarations des intéressés eux-mêmes ou de leurs représentants, ainsi que de publications et articles de presse). Ces données sont fournies à titre informatif et peuvent être approximatives, incomplètes ou ne plus refléter la situation actuelle à la date de lecture. Elles ne constituent en aucun cas une évaluation comptable ou juridique certifiée. Toute personne concernée qui souhaiterait apporter un correctif peut contacter la rédaction à l’adresse suivante : redaction [@] lessentieldeleco.fr.



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