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Dimanche, 20 h 12. Douze minutes après que le président de la République a sommé les partis de condamner « sans ambiguïté » les violences, Jean-Luc Mélenchon publie un message. Il s’y dit solidaire des manifestants « gazés » et « matraqués ». Des 3 000 commerces touchés, de la mairie de Limoges en cendres, des 997 policiers et gendarmes blessés : pas un mot. Puis cette phrase, qui résume tout : « J’ai dit ce que j’avais à dire. »
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Certes, une heure plus tôt sur LCI, il a qualifié de crime l’incendie de Limoges. Mais dans la même émission, il assène : « C’est de la faute du gouvernement, il n’y a que lui qui est responsable de tout ça. » Prenons-le au mot. Si le gouvernement est le seul responsable, les incendiaires de Limoges ne le sont pas. C’est ce que dit sa phrase.
Et de cette interview, c’est l’extrait sur les « gazés » qu’il choisit de diffuser à ses abonnés, pas celui sur Limoges. Aux téléspectateurs, la condamnation. Aux militants, la solidarité. Cela porte un nom : le double langage.
La calomnie plutôt que la condamnation
Paul Vannier, lui, a franchi la ligne. Le soir où la mairie de Limoges brûle, le député insoumis relaie une vidéo du Média montrant deux policiers chargeant des chaussures devant une boutique Lacoste pillée. Son commentaire : « La police de Macron pille des magasins pendant que la mairie de Limoges brûle. »
C’était faux. Les motards exécutaient une saisie judiciaire, la marchandise a été rendue, et le parquet de Limoges annonce une enquête pour dénonciation calomnieuse contre les auteurs de la vidéo, vue près de trois millions de fois. Un élu de la République a prêté sa voix à une calomnie. Aura-t-il la décence de s’en excuser ?
Les violences policières de ce week-end sont réelles : un adolescent a eu la main arrachée à Saint-Étienne, des syndicalistes ont été blessées à Toulouse. C’est précisément pour cela que la fausse vidéo est impardonnable. Chaque calomnie désarme les vraies victimes. Et pendant ce temps, qui, à LFI, a eu un mot pour les 997 policiers et gendarmes blessés ?
La morale comptable
Sophie Binet assure que la CGT a condamné « immédiatement » les dégradations. Elle en donne la raison : elles « nuisent aux revendications ». L’aveu est involontaire. On condamne le pillage parce qu’il coûte à la cause, non parce qu’il ruine des commerçants. Le reste suit : ces violences seraient « le résultat de dix ans de macronisme ».
Marine Tondelier, elle, a parlé dans le mauvais ordre. Samedi, en pleine casse, son « ras-le-bol » visait la doctrine policière. Il a fallu attendre dimanche pour l’entendre dire que « personne ne peut tolérer ça ». Plus à gauche, on ne prend même plus cette peine : la veille, Nathalie Arthaud désignait déjà « les plus grands casseurs » au gouvernement.
Faure l’a fait. Pas eux.
Rien de tout cela n’était inévitable. Le même week-end, Olivier Faure a réclamé une refonte de la doctrine du maintien de l’ordre et qualifié les pillages de « honte », avant d’écrire : « Les violences policières ne justifient jamais la stratégie du chaos. » Critiquer la police et condamner les pillards tient dans une seule phrase. Ceux qui n’y parviennent pas ne manquent pas de nuance. Ils font un choix.
L’État a failli : son ministre de l’Intérieur reconnaît lui-même une « perte de contrôle ». Mais cet échec n’a jamais rendu un pillage moins coupable, ni une mairie moins détruite. En refusant la clarté, ces responsables abandonnent les commerçants ruinés et les policiers blessés au Rassemblement national, à six mois de la présidentielle. Ils trahissent aussi les centaines de milliers de manifestants pacifiques dont la colère méritait mieux.
La colère était légitime. Le pillage ne l’est pas. Il fallait le dire ainsi, sans « mais ». Ils ne l’ont pas fait.



Et si on parlais des militant d’ultra droite imposés dans la police par une décennie de macronisme ? Après Benalla, vous ne pouvez pas prétendre ignorer cette volonté de fasciser nos forces de l’ordre. Des actes terroristes, comme le gazage de bar et de station de métro hébergeant femmes enceinte et jeunes enfants, de l’ultra violence avec mutilations, tentatives de meurtre, dont deux ayant abouti. Et la création d’une capacité de coup d’état RN, rien de moins.
Au fait, condamnez-vous l’astroturfing ?