Que devient Chevignon, marque mythique des années 1980 ?

Marque culte des années 1980, Chevignon a vu ses ventes fondre en France. Reprise par Amoniss, elle compte six magasins, tandis que son nom prospère en Colombie.

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En 1984, la doudoune Tog’s et son canard brodé dans le dos faisaient de Chevignon l’uniforme des lycéens. La marque fondée par Guy Azoulay réalisait encore 35 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2017, selon FashionUnited, et 6,57 millions en 2023. En septembre 2025, Salih Halassi, le propriétaire de Pimkie, en a repris six magasins et trente salariés. Deux mois plus tôt, le groupe colombien GCO ouvrait à Houston, au Texas, la première boutique Chevignon des Etats-Unis.

Le nom a d’abord disparu au greffe. Le 24 juillet 2026, l’assemblée générale des Etablissements Charles Chevignon a remplacé cette dénomination, portée depuis 1979, par celle de JOTT PARIS. Le Bulletin officiel des annonces civiles et commerciales (Bodacc) a publié la modification le 25 août. La société conserve son numéro d’immatriculation et son siège du 36, rue du Faubourg-Saint-Antoine, à Paris. Le registre du commerce garde l’enseigne Chevignon pour la plupart de ses établissements : un client qui achète un blouson Chevignon le paie désormais à une société qui porte le nom d’une autre marque.

Cette autre marque est marseillaise. JOTT, spécialiste des doudounes colorées, a été reprise le 13 avril 2026 par Amoniss, la holding (société qui détient des participations dans d’autres entreprises) de l’entrepreneur Salih Halassi. Amoniss préside la société Chevignon depuis septembre 2025. Trois mois séparent la reprise de JOTT du changement de nom. Au moment du rachat, M. Halassi avait annoncé à FashionNetwork qu’une nouvelle structure porterait JOTT. Amoniss n’a pas expliqué publiquement pourquoi l’ancienne société Chevignon a pris ce nom, ni si elle exploite désormais des boutiques de la marque marseillaise.

La marque, elle, continue de vendre. Le 12 octobre, son site français affichait vestes, surchemises et sweat-shirts, prix et conditions de livraison compris. Il renvoyait vers un service client commun à trois autres enseignes contrôlées par M. Halassi : Pimkie, chaîne de prêt-à-porter féminin pour les jeunes femmes, Christine Laure, chaîne de mode féminine fondée en 1961, et JOTT. Chevignon appartient désormais à un portefeuille de cinq marques, dont la dernière acquise a donné son nom à sa société.

Six magasins en France, une centaine en Colombie

Le recul tient en deux chiffres. En 2017, Chevignon réalisait 35 millions d’euros de chiffre d’affaires avec plus de 235 points de vente, selon FashionUnited. Pour l’exercice clos le 31 août 2023, ses comptes déposés au greffe affichent 6,57 millions d’euros. En six ans, la marque a perdu plus des quatre cinquièmes de ses ventes.

Le réseau a fondu au même rythme. En 2018, quand le groupe Vivarte cherchait un acquéreur, le magazine LSA recensait plus de 170 magasins Chevignon dans le monde. Lorsque Amoniss a repris la société, en septembre 2025, l’opération portait sur six magasins, dont un magasin de déstockage, et sur trente salariés du siège et du réseau. Le repreneur a conservé la vente aux grands magasins, en particulier les corners (espaces de vente aménagés à l’intérieur d’un grand magasin) des Galeries Lafayette.

Ces six magasins sont le reliquat d’une série de fermetures. Le registre du commerce enregistre celle de la boutique du boulevard Saint-Germain en août 2024, puis celle de Nice Etoile en février 2025 et celle du centre commercial de Val d’Europe, en Seine-et-Marne, en mars. Strasbourg, Tours et Grenoble avaient fermé au cours de l’année 2024.

Ce qui reste tient en quelques adresses. La marque affiche deux boutiques à Paris, rue Vieille-du-Temple dans le Marais et rue du Faubourg-Saint-Antoine. S’y ajoutent des magasins à Toulouse, à Cannes et au Touquet (Pas-de-Calais), et un point de vente au centre de marques One Nation, aux Clayes-sous-Bois (Yvelines). Le registre déclare encore des emplacements dans les Galeries Lafayette de Caen, Amiens, Reims, Bayonne, Metz, Avignon et Rosny-sous-Bois. Un établissement inscrit comme actif n’est toutefois pas forcément ouvert au public.

Le même nom recouvre un tout autre commerce à plus de huit mille kilomètres. En Colombie, le groupe familial GCO, aussi appelé Grupo Uribe et basé à Medellín, exploite Chevignon depuis 1993. Son directeur général, Juan David Urquijo, annonçait en juillet 2025 viser pour la fin de l’année 102 boutiques Chevignon, 17 corners en grands magasins et 506 points de vente partenaires. En 2023, il revendiquait déjà plus d’un million de pièces vendues et 7 % du marché du jean haut de gamme colombien, d’après le cabinet d’études Euromonitor, ce qui ferait de Chevignon le premier acteur de cette catégorie dans le pays.

Ces ventes colombiennes n’entrent pas dans le chiffre d’affaires de la société parisienne. Deux entreprises distinctes vendent donc des vêtements sous le même nom, avec des comptes séparés. L’une gère six magasins hérités d’un réseau qui en comptait plus de 170. L’autre annonce plus d’une centaine de boutiques dans un pays où la marque n’existait pas avant 1993.

Selon ses propres annonces, GCO gère ainsi l’essentiel du réseau qui porte le nom Chevignon, et l’étend désormais aux Etats-Unis.

Salih Halassi, repreneur en série

Le rachat de la société française s’est fait sans annonce. Au début de 2025, Stéphane Collaert, qui avait repris Chevignon en 2019 avec Thierry Le Guénic avant de la diriger seul, n’en était déjà plus le propriétaire, a relevé FashionNetwork.

Les annonces légales retracent la transition en deux temps :

  • le 31 janvier 2025, l’associée unique, c’est-à-dire la seule actionnaire, a révoqué la société de M. Collaert de la présidence et nommé SARAHEL, une société par actions simplifiée de Marcq-en-Barœul (Nord), au capital de 1 000 euros ;
  • le 18 septembre, SARAHEL a démissionné au profit d’Amoniss, une holding créée en août 2024 à Villeneuve-d’Ascq (Nord).

Pendant ces huit mois, les commerciaux de la marque présentaient la collection automne-hiver sur les salons professionnels sans nommer le nouvel actionnaire.

L’acquéreur a 51 ans. Originaire de Troyes, Salih Halassi a débuté dans le négoce de tissu, puis dans l’impression textile, avant de reprendre en 2017 le fabricant de chaussettes Kindy. Début 2023, il rachète Pimkie au groupe Mulliez, avec Lee Cooper France et le turc Ibisler Tekstil. En novembre 2024, il en devient l’actionnaire unique, à la sortie d’une procédure de sauvegarde (protection judiciaire accordée à une entreprise en difficulté avant qu’elle ne cesse ses paiements).

Les acquisitions se sont ensuite enchaînées au rythme des tribunaux :

  • Christine Laure, confiée par le tribunal de commerce de Dijon le 28 novembre 2025 : 98 ou 99 magasins selon les sources et environ 200 salariés, pour 1,3 million d’euros ;
  • Lepape, enseigne de sport, attribuée en mars 2026 par le tribunal des activités économiques de Paris (le nouveau nom du tribunal de commerce) ;
  • JOTT, dont le tribunal de Marseille retient l’offre de 3,5 millions d’euros en avril. La marque avait réalisé environ 70 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2025 ; Amoniss en garde 27 magasins en propre sur 40 et quelque 70 % des effectifs.

Sollicité par FashionNetwork en novembre 2025, M. Halassi n’avait pas détaillé ses projets pour Chevignon. Il a en revanche exposé sa méthode après la reprise de JOTT : « laisser toutes les marques s’exprimer en mutualisant les frais de structure », a-t-il expliqué au même site, en citant l’informatique et la logistique. Chaque marque conserve son produit et son marketing, et le groupe partage le reste.

Cette méthode a été rodée sur Pimkie, au cœur de la plus vive controverse du groupe, la semaine même où Chevignon y entrait. Le 16 septembre 2025, Pimkie a annoncé rejoindre le programme Xcelerator de Shein, la plateforme chinoise d’ultra fast fashion (vêtements à très bas prix renouvelés en continu), qui vend en ligne une ligne à bas prix sous la marque Pimkie. Trois jours plus tard, la Fédération des enseignes de l’habillement, membre de l’Alliance du commerce, a exclu Pimkie à l’unanimité. Selon elle, l’enseigne « s’est écartée des engagements collectifs portés par la filière ». L’Association familiale Mulliez, ancienne propriétaire de Pimkie, a annoncé une action en justice.

Entre ces deux dates, le 18 septembre, Amoniss prenait la présidence de Chevignon. La marque des lycéens des années 1980 est entrée dans le groupe au moment où celui-ci rompait avec les fédérations du commerce français.

Un capital ramené de 42,7 à 3,5 millions d’euros

Les comptes de Chevignon racontent des années de pertes avant cette reprise. Le chiffre d’affaires de la société est tombé de 10,7 millions d’euros sur l’exercice 2020 à 4,76 millions en 2021, avant de remonter vers 6,5 millions en 2022 et en 2023. Les pertes nettes ont dépassé 7 millions d’euros en 2020 comme en 2021. Sur l’exercice clos le 31 août 2023, la société a encore perdu 2,21 millions d’euros au niveau de l’exploitation et 1,76 million au total, pour des capitaux propres de 2,38 millions.

Ces pertes ont placé les actionnaires devant un choix. Le 28 février 2023, les capitaux propres étant tombés sous la moitié du capital social, l’assemblée générale a écarté la dissolution. En juin, les associés ont augmenté puis réduit le capital pour reconstituer l’actif net, c’est-à-dire la différence entre ce que possède l’entreprise et ce qu’elle doit. Le capital social est passé de 42,7 millions à 3,5 millions d’euros : pour éponger les pertes accumulées, les associés ont sacrifié plus des neuf dixièmes du capital.

Les difficultés remontaient plus loin. En 2019, l’année où Vivarte s’est séparé de la marque, le tribunal de commerce de Bobigny avait homologué deux procédures de conciliation, en mars et en novembre. Ce cadre amiable permet à une entreprise de négocier avec ses créanciers sous l’égide d’un tiers. La société n’a jamais fait l’objet d’une procédure collective (sauvegarde, redressement ou liquidation judiciaire).

Depuis la reprise, Amoniss n’a publié aucun résultat de Chevignon. Le registre ne contient pas de comptes postérieurs à l’exercice 2023. La date de clôture affichée est désormais le 31 décembre, ce qui signale un changement d’exercice.

Le repreneur devra relancer la marque dans un marché en recul. Selon l’Alliance du commerce, dont le panel couvre plus de 70 enseignes et 10 000 magasins, les ventes d’habillement en magasin ont baissé de 17,6 % en septembre 2026 sur un an, et de 4,7 % sur les neuf premiers mois. Septembre a signé la « plus mauvaise performance depuis cinq ans », a alerté son directeur général, Yohann Petiot.

Le canard col vert de la Tog’s

Ces comptes contrastent avec les débuts de la marque, qui commencent par un blouson d’aviateur. Guy Azoulay a une vingtaine d’années en 1979. Le directeur artistique actuel de la marque le dit né en 1957, millésime brodé sur un teddy (blouson d’université américaine à manches contrastées) de 1990 réédité en 2022. Il a quitté l’école à 15 ans pour un atelier de confection, où il taille ses premiers blousons.

Sur l’origine du nom, la marque entretient sa légende : un blouson qui aurait porté le nom d’un Français, Charles Chevignon. D’autres récits en font le nom d’un ami ou d’un premier client, et attribuent les premiers fonds à un prêt d’un cousin.

Le moment se prête à l’aventure. La guerre du Vietnam a pris fin en 1975, et les surplus de l’armée américaine regorgent de vestes de pilote. Azoulay en reprend les codes et commercialise en 1981 son premier blouson en cuir vieilli. La marque doit ses premiers succès aux blousons fabriqués à Mazamet, ville du Tarn spécialisée dans le travail des peaux.

Originaire d’Avignon, le créateur appartient à une petite bande de Méridionaux fascinés par l’Amérique. On y trouve Albert Goldberg, le fondateur de Façonnable, Eric Breuer et Daniel Crémieux, qui acclimatent en France un vestiaire décontracté encore inconnu.

En 1984, Chevignon lance le label Tog’s Unlimited, son canard col vert en plein vol, une ligne de cuir vieilli et une ligne pour enfants. La doudoune Tog’s devient la pièce de la décennie. Avec ses manches amovibles, ses empiècements de cuir aux épaules et son canard brodé dans le dos, elle règne une dizaine d’années sur les cours de lycée.

Les collections creusent le même filon :

  • en 1987, le blouson Camera reprend la parka des pilotes de la Royal Air Force, col et manches en mouton retourné ;
  • en 1990, la doudoune Baseball greffe un blouson d’université sur une doudoune réversible.

Azoulay visait des hommes de 25 à 35 ans. Ce sont les lycéens des beaux quartiers qui adoptent la marque, et le prix du blouson devient un signe de rang social dans les cours de récréation. Ce public imprévu porte la croissance : selon FashionUnited, Chevignon progresse de 20 à 30 % par an dans ses premières années. En 1991, d’après la chronologie publiée par la marque, Chevignon s’installe à New York et à Tokyo et vend dans plus de vingt pays.

1991, l’année des cigarettes

Cette notoriété attire la même année un acheteur inattendu. En février 1991, la Seita, le monopole public du tabac, lance des cigarettes blondes Chevignon. La loi Evin contre le tabagisme a été promulguée quelques semaines plus tôt, le 10 janvier. Le Comité national contre le tabagisme attaque la société Chevignon en justice pour publicité indirecte en faveur du tabac.

L’affaire remonte jusqu’à Matignon. Claude Evin, ministre des affaires sociales et auteur de la loi, dénonce un contournement visant les jeunes. Michel Charasse, ministre du budget dont dépend la Seita, défend le droit de l’industrie nationale à gagner des parts de marché. Le premier ministre, Michel Rocard, tranche pour Claude Evin.

Le 9 avril, Guy Azoulay annonce au journal de TF1 l’arrêt de la fabrication. Deux jours plus tard, la Seita confirme l’abandon et s’engage à retirer les paquets des bureaux de tabac au 1er juillet. Elle reprendra gratuitement plus de 1,2 million de cigarettes, selon la réponse du ministère de la santé à la question écrite d’un sénateur.

Chevignon atteint ainsi en 1991 le sommet de sa notoriété au moment où ses ventes commencent à fléchir. Au début des années 1990, la croissance ralentit nettement et le nombre de points de vente recule, rapportait FashionUnited en 2017. Guy Azoulay cherche des partenaires et discute avec Benetton, avec le chausseur André et avec des groupes japonais. Selon le site spécialisé Luxe en France, il veut reprendre la main sur la distribution et ouvrir 250 boutiques Chevignon en France et à l’étranger. Pour financer ce plan, il se résout à ouvrir son capital.

De Naf Naf à Vivarte

Ce capital ira à Naf Naf. Le 26 août 1994, le journal de 13 heures de France 2 annonce le rachat. Les frères Patrick et Gérard Pariente, fondateurs de la marque au petit cochon, y expliquent vouloir ajouter une ligne masculine à leur offre et démocratiser Chevignon en baissant ses prix. L’opération se conclut en deux temps, en 1994 puis en 1995, et Guy Azoulay reste directeur artistique.

La baisse des prix ne ranime pas la marque, qui ne retrouve jamais l’éclat de ses débuts, constatait FashionUnited en 2017. Fin 2006, le groupe Vivarte, propriétaire d’André, de La Halle et de Kookaï, annonce le rachat de Naf Naf, Chevignon compris ; l’opération est finalisée début 2007.

Dix ans plus tard, Vivarte, en pleine restructuration, vend ses enseignes une à une. Le 25 mars 2019, au terme de négociations ouvertes en octobre 2018, il cède Chevignon à un trio. On y trouve la Société civile financière Royer, holding d’un groupe de négoce de chaussures, Stéphane Collaert et Thierry Le Guénic.

Les nouveaux propriétaires repositionnent la marque sur une clientèle masculine plus adulte. Ils misent sur ce qui avait fait sa gloire : doudounes, blousons en cuir, jeans. En 2022, Chevignon réédite six pièces conçues entre 1987 et 1993, en restant au plus près des modèles d’origine. Trente ans après la baisse des prix voulue par les Pariente, la marque vend la nostalgie de ses années de croissance.

La reprise par Amoniss constitue le quatrième changement de propriétaire depuis 1994.

Au Texas, sous pavillon colombien

Pendant que la marque passait de main en main en France, le rêve américain de son fondateur s’est réalisé à Houston. Le 1er juillet 2025, GCO a ouvert au deuxième niveau du centre commercial The Galleria une boutique Chevignon de plus de 200 mètres carrés. Elle abrite un atelier où les clients font retoucher leurs jeans et poser des écussons sans frais. Le 21 octobre, une deuxième boutique a suivi à Houston Premium Outlets, un centre de magasins d’usine situé à Cypress, en périphérie de la ville. Sur le site américain de la marque, une collection 2026 s’intitule « Rodeo ».

Le groupe colombien chiffre ses ambitions par la voix de son dirigeant. GCO a investi plus de 1,5 million de dollars, en comptant le site marchand ouvert aux Etats-Unis en 2023. Selon le quotidien économique colombien La República, il attend 3,5 millions de dollars de ventes la première année, puis 5 à 7 millions à maturité. M. Urquijo annonce dix boutiques au Texas d’ici à 2030, à Houston, Dallas, Austin, San Antonio et Fort Worth, avant la Californie, et cinquante aux Etats-Unis en 2050.

Les jeans y coûtent environ 100 dollars, les blousons en cuir 300 dollars, à rebours de la stratégie des Pariente : GCO vend Chevignon comme une marque haut de gamme. La production est assurée à 91 % en Colombie, avec des tissus entièrement importés.

Reste à savoir à qui appartient le nom outre-Atlantique. En juillet 2025, Juan David Urquijo affirmait au site d’information économique Valora Analitik que GCO avait acquis la marque pour tout le continent américain en 2022, après plus de trente ans de licence (droit d’exploiter une marque concédé par son propriétaire) en Colombie. Il revendiquait la maîtrise de Chevignon du Canada au Chili, Caraïbes comprises. Le même mois, La República présentait encore GCO comme le titulaire d’une licence pour opérer sur le continent.



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