Prince de LU : le biscuit français sous contrôle américain

Qui possède les biscuits Prince ? Derrière la signature LU, la marque appartient aujourd’hui au groupe américain Mondelēz International.

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Né à Anvers, associé à LU puis intégré à Danone, le biscuit Prince a changé de propriétaire lors de la vente, en 2007, de l’activité biscuits du groupe français à Kraft Foods. Depuis 2012, cette branche s’appelle Mondelēz International. En Belgique, le groupe a engagé plus de 30 millions d’euros pour moderniser l’usine d’Herentals, qui fabrique notamment des Prince.

Le nom LU demeure sur les paquets français. La propriété de la marque remonte aujourd’hui à Mondelēz International, groupe américain coté au Nasdaq, la Bourse américaine des valeurs technologiques et de croissance.

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Mondelēz, derrière la signature LU

Prince appartient à Mondelēz International. Le groupe américain classe le biscuit parmi ses marques, aux côtés d’Oreo, Milka, Cadbury, TUC et Toblerone. Il le commercialise dans plus de huit pays, dont la France, la Belgique, l’Espagne, l’Allemagne, les Pays-Bas, l’Autriche, l’Algérie et la Chine.

Le logo LU apporte au produit son identité historique française. La marque nantaise reste une bannière commerciale, quand Mondelēz dirige le portefeuille de marques qui réunit LU et Prince. En France, Mondelēz France commercialise les produits ; les enseignes négocient les conditions d’achat, fixent leurs prix de vente et organisent les promotions.

Mondelēz a publié, le 3 février, 38,537 milliards de dollars de revenus nets pour 2025, en hausse de 5,8% sur un an. Ce total donne l’échelle de l’entreprise qui contrôle Prince, sans mesurer les seules ventes du biscuit : le groupe ne les détaille pas dans ses résultats. LU demeure visible au premier regard. Mondelēz détient la marque.

La cession à Kraft en 2007

Cette propriété américaine date de 2007. Prince a longtemps évolué dans le portefeuille de Danone, ce qui explique l’association durable entre le biscuit, LU et l’industrie alimentaire française.

En juillet 2007, Kraft Foods a annoncé une offre de 5,3 milliards d’euros pour reprendre l’activité mondiale de biscuits de Danone. L’entreprise citait LU, TUC et Prince. Le périmètre réunissait 36 sites industriels dans vingt pays et avait généré environ 2 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2006.

Kraft Foods achetait alors un ensemble industriel complet, avec ses marques, ses recettes, ses usines, ses réseaux commerciaux et ses salariés. Prince a changé de propriétaire avec LU. L’acquisition a été finalisée le 30 novembre 2007 pour 5,1 milliards d’euros, sous réserve des ajustements de prix prévus dans le contrat. L’offre annoncée en juillet et le prix final ne recouvrent donc pas le même montant.

Danone a cédé une activité organisée autour de ses marques de biscuits. Prince a rejoint Kraft Foods à cette date.

La scission de 2012

Kraft Foods n’a détenu Prince que cinq ans sous ce nom. En 2012, le groupe américain a séparé ses activités d’épicerie nord-américaines. Cette branche est devenue Kraft Foods Group. L’ancienne société a gardé les activités mondiales de biscuits, de chocolat et de snacking, c’est-à-dire les produits consommés en dehors des repas principaux, puis a pris le nom de Mondelēz International le 1er octobre 2012.

Prince, LU, Oreo et Milka sont restés dans cette branche internationale. Kraft Foods Group a ensuite rejoint H.J. Heinz dans un autre ensemble, Kraft Heinz. La cession de 2007 et la scission de 2012 expliquent ainsi la chaîne qui conduit aujourd’hui à Mondelēz.

Le groupe a son siège mondial à Chicago. La fabrication de Prince reste largement européenne.

Anvers avant l’univers LU

Cette production européenne renvoie à l’histoire de la marque. Prince est entré dans la biscuiterie belge avant de s’installer dans la mémoire commerciale française.

Edward De Beukelaer a fondé une biscuiterie à Anvers en 1870. Il a découvert des procédés de fabrication britanniques avant de les adapter à son entreprise. Le Prince Fourré, qui annonce le produit moderne, est apparu en 1926.

Les récits publicitaires ont souvent associé la marque à Léopold II. L’anecdote veut qu’un biscuit ait permis au futur roi des Belges de manger du chocolat sans se salir les doigts. L’histoire de De Beukelaer, l’activité anversoise et l’apparition du biscuit fourré sont documentées ; le lien avec Léopold II relève du récit de marque.

L’industrie biscuitière a ensuite rapproché Prince et LU. A la fin des années 1970, Céraliment LU-Brun a pris le contrôle de GBCo, un groupe qui réunissait notamment Général Biscuit, De Beukelaer et Parein. BSN a acquis Général Biscuit France en 1986, puis a pris le nom de Danone en 1994. Cette intégration a donné à Prince la signature LU et l’a installé dans les habitudes françaises.

Herentals, l’usine belge

Cette histoire belge reste visible dans l’appareil industriel de Mondelēz. Le groupe exploite une usine de biscuits à Herentals, près d’Anvers, qui fabrique des Prince, des TUC et des PiM’s.

En mars 2023, Mondelēz a annoncé un investissement de plus de 30 millions d’euros pour moderniser le site, accroître ses capacités et construire une halle destinée à la fabrication du fourrage chocolat de Prince. Le groupe prévoyait sa mise en service au début de 2024.

L’investissement relie l’origine anversoise du biscuit à son exploitation actuelle. Mondelēz pilote une marque mondiale et s’appuie, pour une part de la production, sur un site proche de la ville où Edward De Beukelaer avait fondé sa biscuiterie. Les produits Prince vendus en France peuvent afficher des origines différentes selon leurs recettes et leurs formats. Certaines étiquettes mentionnent la Belgique, d’autres une fabrication française. Le pays de fabrication se vérifie donc paquet par paquet.

Des fonds au capital

La chaîne de propriété se poursuit au-delà de Mondelēz. La société est cotée au Nasdaq et son capital est réparti entre de nombreux investisseurs.

Vanguard, BlackRock, Capital Group, State Street et JPMorgan apparaissent régulièrement parmi les détenteurs institutionnels importants dans les déclarations boursières. Ces gestionnaires d’actifs, des sociétés qui placent l’argent de leurs clients dans des titres financiers, détiennent des actions pour le compte de fonds indiciels, de fonds de pension ou d’épargnants.

Leurs participations varient selon les déclarations et les arbitrages de portefeuille. Aucun de ces investisseurs ne détient seul la majorité du capital ni ne dirige Mondelēz. Le biscuit appartient ainsi à Mondelēz International, dont les actionnaires détiennent collectivement le capital. A Herentals, l’usine belge continue de fabriquer Prince.



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