Réarmement : pourquoi la France vend si peu en Europe

L'Europe n'a jamais autant dépensé pour sa défense. Deuxième exportateur mondial d'armes, la France n'en profite pourtant qu'à la marge, distancée par les États-Unis.

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Douze pays européens ont commandé ou présélectionné 466 avions de combat américains F-35. En Pologne, la Corée du Sud a fourni 47 % des armes importées en cinq ans. L’Allemagne écoule 41 % de ses exportations d’armement sur le continent, près du double de la proportion française. Paris a multiplié ses ventes chez ses voisins sans entamer leur préférence pour des fournisseurs qui livrent plus vite, en plus grand nombre ou avec la garantie de Washington.

La Cour des comptes européenne, l’institution qui contrôle les finances de l’Union, a publié en septembre un rapport qui juge difficile d’atteindre l’objectif d’une Europe prête à se défendre en 2030. Ses auditeurs relèvent des stocks insuffisants, de longs délais de fabrication et des pénuries de composants. Ils pointent aussi la dépendance des armées du continent envers des fournisseurs non européens.

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Cette dépendance grandit avec les budgets. Les vingt-sept États membres ont consacré 418 milliards d’euros à leur défense en 2025, soit 2,2 % de leur produit intérieur brut. Ils ont augmenté ces dépenses de 20 % en un an et d’environ 79 % depuis 2020, inflation déduite. L’Agence européenne de défense (AED), qui coordonne les capacités militaires des Vingt-Sept, prévoit un nouveau record en 2026, à 454 milliards d’euros.

Paris a de quoi servir ses voisins. Le Stockholm International Peace Research Institute (SIPRI), l’institut suédois qui recense les livraisons d’armes dans le monde, classe la France au deuxième rang des fournisseurs de grands armements (avions, navires, blindés, missiles, artillerie) sur la période 2021-2025, avec 9,8 % des volumes livrés. Seuls les États-Unis la devancent, avec 42 %. Derrière elle viennent la Russie (6,8 %), l’Allemagne (5,7 %) et la Chine (5,6 %).

Les commandes signées vont dans le même sens. Selon les chiffres du gouvernement, les industriels français ont enregistré 21,2 milliards d’euros de prises de commandes à l’exportation en 2025, après 21,6 milliards en 2024. Ce montant est le troisième de leur histoire, derrière les 26,9 milliards de 2022, année où les Émirats arabes unis ont commandé 80 Rafale, l’avion de combat de Dassault Aviation. Il mesure des contrats entrés en vigueur, que Dassault Aviation, le constructeur naval Naval Group ou le missilier MBDA livreront parfois plusieurs années après la signature.

Sur le continent, la France recule pourtant dans le classement. D’après le SIPRI, elle n’a fourni que 6,2 % des grands armements importés par les pays européens entre 2021 et 2025. Les États-Unis en ont livré 48 %, l’Allemagne 7,1 %. Parmi les seuls membres européens de l’OTAN, Washington atteint 58 %, devant la Corée du Sud (8,6 %) et Israël (7,7 %). La France arrive quatrième, avec 7,4 %.

Deuxième fournisseur de la planète, la France passe donc derrière la Corée du Sud et Israël chez ses propres alliés. Ses industriels signent leurs plus gros contrats loin de l’Europe, tandis que leurs voisins, qui n’ont jamais autant dépensé, achètent d’abord ailleurs. C’est sur son propre continent, là où l’argent afflue, que Paris accuse son retard.

Ces classements exigent une précaution. Le SIPRI mesure le volume des grands armements effectivement livrés sur cinq ans. Paris publie des commandes, Berlin des autorisations d’exportation, Washington plusieurs catégories de ventes gouvernementales ou commerciales. Qui oppose les 21,2 milliards d’euros français aux plus de 300 milliards de dollars de transferts ou d’autorisations américains fabrique un classement trompeur. Seule la série du SIPRI, établie selon la même méthode pour tous les pays, autorise la comparaison. Or cette série montre aussi une France qui progresse vite chez ses voisins.

Grèce, Belgique, Croatie : l’achat groupé

Entre 2016-2020 et 2021-2025, les livraisons françaises de grands armements vers l’Europe ont bondi de 452 %, selon le SIPRI. Le continent absorbe désormais 21 % des exportations françaises, contre 31 % pour l’Asie-Océanie et 28 % pour le Moyen-Orient. Paris est parti d’une base étroite, et ses gains se concentrent sur quelques capitales.

Athènes pèse le plus lourd. La Grèce est devenue le troisième client de la France sur la période, avec 10 % de ses livraisons, soit à elle seule près de la moitié des ventes françaises en Europe. Elle a acquis 24 Rafale, des frégates de défense et d’intervention (FDI) et plusieurs systèmes de missiles. Le 14 novembre 2025, le gouvernement grec a signé pour une quatrième FDI. Avec le navire, il a acheté son entretien et de nouvelles capacités pour toute sa flotte de frégates. En retour, Naval Group s’est engagé à confier à l’industrie grecque 25 % de la valeur du bâtiment.

La Belgique a choisi l’intégration. Par le partenariat CaMo (capacité motorisée), son armée de terre s’aligne sur l’armée française autour de Scorpion, le programme de renouvellement des blindés français. Fin 2025, Bruxelles avait commandé ou finalisé l’achat de 92 Griffon et 123 Serval supplémentaires, deux véhicules blindés de transport de troupes du programme. S’y ajoutent 38 Jaguar, des blindés de reconnaissance, et 16 Griffon destinés au futur bataillon belgo-luxembourgeois.

L’artillerie suit le même chemin. La Slovénie a rejoint le dispositif d’achat européen du Caesar, le canon monté sur camion de KNDS, le groupe franco-allemand né du rapprochement du français Nexter et de l’allemand Krauss-Maffei Wegmann. Ljubljana en a commandé une première tranche de 12 exemplaires en version 6×6 (six roues motrices), avec des moyens de reconnaissance et Atlas, le logiciel qui calcule et coordonne les tirs. En décembre 2025, la Croatie a signé pour 18 Caesar Mk II, la deuxième génération du canon, et 15 blindés Serval. Zagreb attend ses premières livraisons à partir de 2029, plus de trois ans après la signature.

Le missile Mistral 3, conçu par MBDA pour abattre avions, hélicoptères et drones à courte distance, a réuni neuf pays : la France, la Belgique, Chypre, le Danemark, l’Estonie, l’Espagne, la Hongrie, la Roumanie et la Slovénie. Ensemble, ils achètent 1 500 missiles sur quatre ans. EDIRPA, l’instrument européen qui subventionne les achats communs, y contribue à hauteur de 60 millions d’euros, et la Direction générale de l’armement (DGA), l’agence d’achat du ministère des Armées, conduit la procédure. La Roumanie a signé en novembre 2025 un marché de plus de 626 millions d’euros. L’Estonie avait conclu en juillet un contrat de 200 millions avec MBDA.

Ces contrats partagent une méthode. Dans chacun, Paris vend un matériel accompagné d’un achat groupé, d’une maintenance commune, d’une coopération entre armées ou d’une part de fabrication locale. Les États membres de l’Union ont signé environ 27 % des commandes françaises de 2025, près de 5,7 milliards d’euros, et les pays européens hors Union 9 % de plus.

La méthode reste pourtant cantonnée à la Grèce, à la Belgique, au Luxembourg et à quelques États d’Europe centrale. Près des quatre cinquièmes des livraisons françaises de grands armements partent encore hors du continent. Reste à comprendre pourquoi la recette grecque ou belge ne s’étend pas au reste de l’Europe. La première réponse se trouve à Washington.

466 F-35 pour douze pays européens

Entre le début de l’invasion russe de l’Ukraine, en février 2022, et juin 2023, les États membres de l’Union ont réalisé 78 % de leurs acquisitions de défense hors de l’Union, dont 63 % auprès d’entreprises américaines. Ce relevé, qui date de plus de trois ans, ne vaut pas tel quel pour 2025. La série du SIPRI confirme toutefois que les États-Unis fournissent près de la moitié des grands armements importés en Europe.

Le F-35, l’avion de combat furtif (conçu pour échapper aux radars) de l’américain Lockheed Martin, illustre ce pouvoir d’attraction. Fin 2025, douze États européens en avaient commandé ou présélectionné 466 exemplaires, dont 39 au cours de la seule année 2025. Chaque nouveau client élargit la communauté des utilisateurs : ses pilotes se forment selon les mêmes standards que ceux de ses voisins, et ses bases s’ajoutent à des infrastructures partagées.

Pour plusieurs capitales d’Europe centrale, orientale et nordique, l’achat a aussi valeur de signal. Un F-35 ou une batterie Patriot, le système de défense antimissile américain, sert à arrimer les États-Unis à la défense de leur territoire.

La guerre en Ukraine a accéléré ces choix. Les états-majors réclament des matériels disponibles vite, éprouvés au combat, produits en grande série et déjà en service chez leurs alliés. Dans certaines catégories, aucun industriel européen ne garantit les mêmes délais de livraison ni le même soutien.

Berlin a acheté des F-35 pour une raison que Paris ne pouvait pas contourner. L’appareil remplacera les chasseurs-bombardiers Tornado de l’armée de l’air allemande dans le partage nucléaire de l’OTAN, le dispositif par lequel des alliés dépourvus de l’arme atomique fournissent des avions capables de larguer des bombes américaines. Le F-35 portera ces bombes, stationnées en Europe, une mission que le Rafale ne peut pas assurer à court terme. Sur ce segment, le choix du fournisseur échappe à toute compétition commerciale.

Chaque contrat engage en outre l’acheteur pour des décennies. Pièces détachées, mises à jour logicielles, munitions, données techniques, autorisations de réexportation (l’accord du fournisseur pour céder le matériel à un tiers) : le client revient vers son fournisseur pendant toute la vie de l’appareil. Washington ne peut pas neutraliser à sa guise les flottes vendues. Un pays qui ne maîtrise ni sa chaîne logistique ni les technologies critiques de ses avions perd néanmoins une part de sa liberté d’action. Les 39 F-35 commandés en 2025 ferment ainsi une partie du marché européen de l’aviation de combat bien au-delà de leur livraison.

Face à un fournisseur qui vend à la fois un avion, un réseau d’alliés et une garantie de sécurité, Paris n’a pas d’équivalent à opposer. Ce handicap politique n’explique pourtant pas tous les choix des Européens.

En Pologne, 47 % d’armes coréennes

La Pologne a multiplié ses importations de grands armements par près de dix : elles ont augmenté de 852 % entre 2016-2020 et 2021-2025, selon le SIPRI. Varsovie en a acheté 47 % à la Corée du Sud et 44 % aux États-Unis. Les producteurs de l’Union se partagent le reste.

Les commandes polonaises couvrent d’un coup les blindés, l’artillerie et l’aviation : chars K2 de Hyundai Rotem, obusiers K9 et lance-roquettes Chunmoo de Hanwha Aerospace, avions d’attaque légers FA-50 de Korea Aerospace Industries. Séoul a accepté de transférer progressivement la production en Pologne. Varsovie a obtenu ainsi à la fois des livraisons rapides et le début d’une industrie nationale.

Ces contrats ont porté la Corée du Sud au neuvième rang des exportateurs mondiaux, avec 3 % du marché et une hausse de 24 % de ses livraisons. Ses industriels offrent des prix bas, des délais courts, de gros volumes, des transferts de technologie et une production sur place. La Turquie, onzième exportateur mondial avec une progression de 122 %, avance sur des créneaux voisins : drones, blindés, navires, munitions. Sur ces segments, les grands groupes d’Europe de l’Ouest arrivent parfois trop chers ou trop tard, quand ils sont présents.

Séoul actionne le même levier que Naval Group en Grèce, la fabrication locale. La Corée du Sud l’applique à l’échelle d’une armée entière et dans les délais qu’exige l’urgence, quand les premiers Caesar croates n’arriveront qu’en 2029. Or Séoul n’offre à Varsovie aucune garantie de sécurité comparable à celle de Washington.

Le succès coréen tient donc aux usines. Délais et volumes sont justement les deux critères sur lesquels l’offre française peine le plus.

Le prix de l’autonomie

La France a bâti son industrie pour ne dépendre de personne. Elle entretient une dissuasion nucléaire indépendante, conçoit des systèmes complets, maîtrise ses technologies critiques et produit presque tout le spectre des armements, des sous-marins aux missiles.

Ce choix a un coût. Un programme d’armement moderne exige des budgets de recherche et développement que les armées françaises amortissent sur des séries courtes. L’exportation allonge les chaînes de production, préserve les compétences et finance les versions suivantes des matériels. La base industrielle et technologique de défense (BITD), l’ensemble des entreprises qui travaillent pour les armées, rassemble plus de 4 000 sociétés et environ 210 000 emplois directs et indirects, selon le gouvernement. Chacun de ces postes suppose des clients hors de France.

Ces clients se trouvent d’abord en Asie, qui a signé environ 43 % des commandes françaises en 2025. L’Inde a commandé 26 Rafale Marine, la version de l’avion conçue pour les porte-avions, avec leurs armements. L’Indonésie a acquis deux sous-marins Scorpène Evolved. L’aéronautique a rapporté environ 40 % des commandes de l’année, devant le naval (19 %), les missiles (18 %) et les matériels terrestres (12 %).

La largeur du catalogue qui vaut à Dassault Aviation ses contrats indiens pèse sur Paris en Europe. Les voisins de la France cherchent des matériels produits en grande série, livrables vite ou déjà intégrés à un écosystème multinational. Le modèle français, qui répartit l’effort sur presque tous les segments, fournit rarement les trois à la fois.

Le catalogue français présente aussi des trous. La France ne produit aucun avion furtif de cinquième génération, la plus récente, comparable au F-35. Le Rafale, appareil polyvalent, répond à une autre architecture technologique et opérationnelle. En défense antimissile de longue portée et dans certains systèmes spatiaux, les industriels américains alignent une profondeur industrielle et financière que Paris ne peut égaler.

Plusieurs partenaires de Paris soupçonnent en outre la France d’habiller en souveraineté européenne l’extension de ses propres choix industriels. Ils lui reprochent sa réticence à partager certaines technologies sensibles, la place dominante qu’elle revendique dans les programmes communs et ses positions sur les exportations vers des pays tiers. Le modèle qui place la France au deuxième rang mondial freine ainsi ses ventes chez ses voisins, à commencer par l’Allemagne.

Berlin, partenaire et concurrent

L’Europe absorbe 41 % des exportations allemandes de grands armements sur la période 2021-2025, contre 21 % des exportations françaises, selon le SIPRI. Berlin devance d’ailleurs Paris dans les importations de leurs voisins communs. L’Allemagne a consacré environ 114 milliards de dollars à sa défense en 2025, au quatrième rang mondial. Son gouvernement a autorisé environ 12 milliards d’euros d’exportations d’armement en 2025, après un record de 12,8 milliards en 2024 : ces licences administratives ne se comparent pas aux commandes françaises.

Paris et Berlin travaillent pourtant ensemble. Leurs industriels partagent l’avionneur Airbus, MBDA et KNDS. Les deux gouvernements développent le Système de combat aérien du futur (SCAF), qui doit succéder au Rafale, et le Main Ground Combat System (MGCS), le char de nouvelle génération. Ces deux programmes avancent difficilement : les partenaires se disputent la répartition industrielle, la propriété intellectuelle et le pilotage des différents volets technologiques.

L’Allemagne entretient en parallèle ses propres champions dans les blindés, les sous-marins, l’électronique, l’artillerie et la défense aérienne. Ce dernier domaine a révélé la fracture. En lançant l’European Sky Shield Initiative, un projet de bouclier antiaérien commun, Berlin a retenu des systèmes allemands, américains et israéliens. Le SAMP/T, le système de défense sol-air franco-italien, est resté à l’écart.

Avec le Sky Shield comme avec le F-35, Berlin organise une partie de la demande européenne sans la France et relaie la dépendance américaine. La part du marché européen qui échappe aux États-Unis ne revient donc pas d’office à Paris, d’autant que les Européens l’achètent en ordre dispersé.

115 milliards d’équipements, 24 % achetés en commun

Sur les 418 milliards d’euros dépensés par les États membres en 2025, environ 115 milliards ont financé l’achat d’équipements. Le reste a payé les soldes, le fonctionnement, les infrastructures, les opérations, la maintenance et la recherche. Chaque capitale a dépensé son enveloppe selon ses propres besoins.

Le service de recherche du Parlement européen estime entre 18 et 57 milliards d’euros par an le « coût de la non-Europe » en matière de défense, soit le surcoût né des doublons entre programmes nationaux, de séries trop courtes et d’un manque de coordination. Les armées européennes font voler côte à côte le F-35, le Rafale, l’Eurofighter d’Airbus, BAE Systems et Leonardo, et le Gripen du suédois Saab. Les quatre avions de combat opèrent ensemble selon les normes de l’OTAN. Chacun exige pourtant ses formations, ses pièces détachées, ses logiciels, ses contrats de maintenance et ses chaînes d’approvisionnement pendant plusieurs décennies. Chars, artillerie, frégates et défense aérienne suivent la même logique. Dans une guerre longue, la capacité à réparer, à remplacer les pertes et à produire des munitions compte autant que les performances d’un matériel.

La France gagne précisément quand ses voisins achètent ensemble : le Mistral 3 et le Caesar en témoignent. Or ces achats restent rares. Selon les données transmises par dix-neuf pays, les acquisitions collaboratives européennes n’ont représenté qu’environ 11 % de leur investissement, un chiffre que les lacunes de déclaration rendent fragile.

Bruxelles tente d’élargir ce terrain. Entré en vigueur le 29 mai 2025, l’instrument SAFE (Security Action for Europe) autorise l’Union à lever jusqu’à 150 milliards d’euros sur les marchés pour prêter aux États membres. L’argent doit financer des achats urgents et, en principe, conjoints ; des dérogations temporaires ouvrent néanmoins ces prêts à un pays seul. Depuis le 30 décembre 2025, le Programme européen pour l’industrie de défense (EDIP) distribue 1,5 milliard d’euros de subventions sur 2025-2027. Son programme de travail, adopté en mars 2026, réserve plus de 700 millions à la production de composants critiques, de missiles, de munitions et de systèmes antidrones, 325 millions à des projets européens d’intérêt commun et 240 millions aux acquisitions conjointes.

L’Union engage ces 240 millions quand les États consacrent chaque année 115 milliards à leurs équipements. Elle n’a ni budget militaire fédéral comparable à celui des États-Unis ni autorité capable d’imposer un matériel commun à ses membres. Les gouvernements nationaux définissent les besoins, choisissent les fournisseurs et protègent leurs industriels. Bruxelles peut les inciter à acheter ensemble ; en 2025, ils l’ont fait pour 24 % de leurs achats d’équipements, partenaires extérieurs à l’Union compris.



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