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- 963 postes en France, 134 au siège d’Issy
- 1,1 milliard emprunté le jour de l’annonce
- Moins 35 % de couverts dans les sièges franciliens
- Priorité à l’Amérique du Nord, coupes en France
- FO et la CGT dénoncent une casse sociale
- 113 collèges des Yvelines, un marché sans télétravail
- Le 23 octobre, la facture du PSE dans les comptes
Depuis la crise du Covid, les restaurants d’entreprise français ont perdu un cinquième de leurs convives. Le numéro un du secteur affiche pourtant 24,1 milliards d’euros de chiffre d’affaires, une action en hausse de plus de 33 % depuis le 1er janvier et 1,1 milliard d’euros empruntés cet été sur les marchés. Ses syndicats parlent de « casse sociale », ses actionnaires de discipline financière. Les uns et les autres commentent la même décision.
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963 postes en France, 134 au siège d’Issy
Le 26 août 2026, la direction de Sodexo a réuni en séance extraordinaire le comité social et économique central, l’instance qui représente les salariés du groupe, pour lui présenter un projet susceptible de supprimer 1 097 postes en France. 963 d’entre eux relèvent d’un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE), la procédure qui encadre les licenciements collectifs, au sein de Sodexo France. Une phase de départs volontaires le précédera. Les 134 autres postes visent le siège du groupe, à Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine).
Sodexo emploie 25 000 salariés en France, répartis sur 4 000 sites clients. Le projet porte sur environ 4 % de cet effectif.
Ce que la direction a ouvert le 26 août, c’est une procédure de consultation. Aucun licenciement n’est prononcé à ce stade. Les catégories de postes visées et les mesures de reclassement restent à négocier avec les élus du personnel. Le calendrier aussi. Sodexo a indiqué dans son communiqué, transmis à l’AFP puis repris par Reuters et Agefi-Dow Jones, que « ces projets seront conduits dans un esprit de concertation et de dialogue avec les partenaires sociaux ». L’entreprise a ajouté qu’elle « mettra tout en œuvre pour favoriser les solutions permettant de limiter les impacts sociaux ».
Environ la moitié des postes du PSE se situent en Île-de-France. Le secteur Normandie-Nord-Est, qui s’étend de la Haute-Normandie au Territoire de Belfort en passant par les Hauts-de-France et le Grand Est, et qui compte quelque 2 500 salariés, verrait 148 suppressions. Les délégués syndicaux situent l’essentiel du plan dans les fonctions administratives et les services support, c’est-à-dire les métiers de bureau, même si « toutes les régions » sont concernées.
Sodexo avait déjà mené un PSE en 2020, au plus fort de la crise sanitaire. Les représentants du personnel décrivent aujourd’hui un « vrai tremblement de terre ».
1,1 milliard emprunté le jour de l’annonce
Le même 26 août, Sodexo a emprunté 1,1 milliard d’euros auprès d’investisseurs, sous forme d’obligations remboursables dans six et dix ans.
Le groupe a par ailleurs engagé environ 1 milliard d’euros de dépenses exceptionnelles sur les exercices 2026 à 2030. Ces montants couvrent la technologie et les achats, ainsi que la réorganisation de ses équipes. Près de 100 millions d’euros de dépenses supplémentaires chaque année s’y ajoutent, destinés à renforcer les forces commerciales.
Les comptes publiés le 22 octobre 2025 font état d’un chiffre d’affaires mondial de 24,1 milliards d’euros sur l’exercice 2025, en progression de 3,3 % à périmètre comparable, hors acquisitions et effets de change. Le bénéfice net ajusté atteint 785 millions d’euros, en hausse de 3,7 % une fois neutralisées les variations de devises.
L’action Sodexo a clôturé le 26 août en hausse de 0,79 %, à 57,45 euros. Elle a gagné 2,44 % le lendemain, à 58,85 euros, avant un repli à 58,35 euros le 28 août. Sur cinq séances, le titre progresse de près de 5 %. Depuis le 1er janvier 2026, de plus de 33 %.
Le bureau d’analyse Jefferies a confirmé sa recommandation d’achat après une rencontre avec la direction du groupe. Il a relevé ses prévisions de croissance et estime que l’action peut atteindre 65 euros.
Sodexo maintient enfin le versement à ses actionnaires de la moitié de son bénéfice, soit près de 400 millions d’euros au titre de l’exercice 2025. Le PSE porte sur 963 postes.
Moins 35 % de couverts dans les sièges franciliens
Le Syndicat national de la restauration collective (SNRC), chiffre à 20 % en moyenne la baisse de fréquentation des restaurants d’entreprise en France depuis la crise sanitaire. Les sites industriels ont presque retrouvé leur niveau d’avant 2020. Ailleurs, la chute atteint 35 % dans les sièges sociaux et les bureaux d’Île-de-France, contre environ 7 % en province.
Les 24,1 milliards d’euros et les 3,3 % de croissance affichés par Sodexo valent pour l’ensemble de ses implantations dans le monde. Le groupe ne publie pas séparément les comptes de sa filiale française. Un cinquième des convives français a disparu sans que la performance mondiale en porte la trace.
Ces mêmes taux de fréquentation dessinent la carte du PSE. La moitié des postes visés se trouvent en Île-de-France, et les métiers de bureau en concentrent l’essentiel.
Au premier semestre 2024, plus d’un salarié du secteur privé sur cinq, soit environ 22 %, télétravaillait au moins un jour par mois, pour une moyenne de 1,9 jour par semaine parmi eux, selon l’Insee. Une seconde mesure, plus stricte, ne retient que ceux qui télétravaillent chaque semaine : 18,2 % des salariés en 2024, en recul de 0,6 point sur un an.
Chez les cadres, ce taux atteint 48,4 %. Ce sont eux qui peuplent les sièges sociaux et les services support visés par le plan.
Les 4 000 sites clients de Sodexo commandent leurs denrées sans savoir combien de convives se présenteront à midi. Trop de stock, et les produits partent au gaspillage. Trop peu, et les menus tombent en rupture avant la fin du service.
Une étude Cantina publiée en 2022 relevait que 64 % des salariés venaient tous les jours au bureau avant la crise sanitaire, contre 45 % en 2021, et que le temps consacré à la pause déjeuner était passé de 1 h 38 en 1975 à 22 minutes en 2021. Sodexo et son concurrent britannique Compass, via sa filiale Eurest, ont répondu par la vente à emporter et les applications de commande. Les frigos connectés ont suivi. Plusieurs entreprises clientes ont fermé leur restaurant collectif, faute d’une fréquentation suffisante pour en assurer la viabilité.
Priorité à l’Amérique du Nord, coupes en France
Le 15 juillet 2026, six semaines avant l’annonce faite aux élus du personnel, le directeur général Thierry Delaporte a présenté à Paris, devant les investisseurs, la feuille de route « Shift & Grow 2030 ». Le groupe y vise une croissance supérieure à 5 % et une rentabilité d’exploitation supérieure à 5 % d’ici l’exercice 2030, c’est-à-dire 5 euros conservés sur chaque tranche de 100 euros facturés, une fois payés les salaires, les denrées et les charges des sites.
L’Amérique du Nord a été désignée ce jour-là priorité de croissance numéro un. Aucune annonce comparable n’a visé la France, où les restaurants d’entreprise ont perdu 20 % de leurs convives et où le groupe ouvrira son PSE six semaines plus tard.
Les exercices 2026 et 2027 sont consacrés au redressement de la compétitivité et à la poursuite des investissements. Le groupe attend l’accélération de sa croissance et de ses marges à partir de 2028.
Sodexo entend d’abord renforcer sa proximité client pour relancer sa croissance. Le groupe prévoit ensuite de simplifier et d’uniformiser son fonctionnement, notamment en regroupant ses achats. Un troisième chantier porte sur le management et les primes, afin de « relancer une solide culture de la performance ». C’est cette simplification du fonctionnement qui justifie la suppression des postes administratifs.
Thierry Delaporte a déclaré ce 15 juillet que le groupe avait pâti de sous-investissements et d’un manque de constance de la direction précédente.
Sodexo invoque enfin un « contexte marqué par une concurrence accrue et l’évolution des attentes des consommateurs ». Le groupe cite l’arrivée de plateformes numériques concurrentes et un retard technologique hérité des exercices précédents. Ses clients réclament aussi davantage de services personnalisés et durables, a-t-il indiqué.
FO et la CGT dénoncent une casse sociale
Éric Villecroze, délégué central FO, premier syndicat du groupe, et Gilles Sevilla, délégué syndical central CGT Groupe Sodexo/Sogeres, ont qualifié le plan de « casse sociale ». Les deux organisations annoncent une mobilisation.
À la concurrence numérique et au retard technologique invoqués par la direction, les délégués opposent les 785 millions d’euros de bénéfice de l’exercice 2025. Sodexo est « loin d’être en difficulté » et « continue de croître », ont-ils indiqué. Pour la CGT Commerce et Services, la décision relève d’une « logique qui fait payer les salariés pour les choix stratégiques d’une direction déconnectée de ses responsabilités ». La confédération a demandé au gouvernement d’« agir pour protéger l’emploi et la dignité des travailleurs » et défendu le principe de « privilégier le développement et la préservation de l’emploi plutôt que la destruction systématique ».
Deux plans en six ans dans une entreprise dont le chiffre d’affaires progresse, c’est ce qui nourrit chez les délégués le sentiment d’une dégradation continue des conditions d’emploi dans la restauration collective.
Les 963 postes du PSE seront rediscutés au cours des mois de négociation qui s’ouvrent avec les élus, sur les catégories concernées comme sur les mesures d’accompagnement.
113 collèges des Yvelines, un marché sans télétravail
Le 1er août 2026, Elior a pris en charge la restauration et le nettoyage de 113 collèges des Yvelines, un contrat de 277,6 millions d’euros sur sept ans et trois mois confié par le département et jusque-là détenu par Sodexo. Aucun collégien ne déjeune en visioconférence. Les deux groupes se disputent désormais les cantines où les convives sont encore physiquement présents.
Le reste de l’exercice a été plus rude pour Elior. Le 20 mai 2026, son action a perdu près de 25 % en une séance, après la publication de résultats semestriels inférieurs aux attentes. Un litige de 25 millions d’euros avec ses clients italiens a pesé sur les comptes, aux côtés du retour de l’inflation et de retards sur d’importants contrats français.
Elior a revu ses objectifs annuels à la baisse dans la foulée. La croissance attendue est passée d’une fourchette de 3 à 4 % à une fourchette de 1 à 2 %, la rentabilité d’exploitation de 3,5-3,7 % à environ 3 %. La trésorerie dégagée par l’activité a chuté de 205 millions d’euros à 9 millions. Le 22 juin 2026, le groupe est sorti du SBF 120, l’indice qui rassemble les 120 principales valeurs de la Bourse de Paris.
Elior encaisse un choc de rentabilité venu de l’inflation et de son litige italien. Sodexo, dont la marge tient, supprime 963 postes en France. Les deux groupes servent les mêmes salles, dont un cinquième des chaises restent vides depuis 2020.
Le 23 octobre, la facture du PSE dans les comptes
Pour l’exercice 2026, Sodexo table sur une croissance comprise entre 1,5 % et 2,5 %, et sur une rentabilité d’exploitation légèrement inférieure aux 4,7 % de 2025, du fait des investissements engagés au titre de « Shift & Grow 2030 ».
Cette rentabilité descendrait entre 3,2 % et 3,4 % sur l’exercice 2027, avant la remontée au-delà de 5 % annoncée pour 2030. Sodexo supprime donc ses postes au moment précis où ses marges touchent leur point bas.
Le groupe publiera le 23 octobre 2026 les résultats de son exercice 2025-2026, dont les dates ne coïncident pas avec l’année civile. Le coût provisionné pour financer le PSE y figurera.
Reste à savoir sur quelle hypothèse de fréquentation les 963 postes ont été calibrés. Sodexo ne l’a pas rendue publique. Le seul repère disponible tient dans les 0,6 point de télétravail hebdomadaire perdus en 2024 selon l’Insee, un reflux dont personne ne sait s’il annonce le retour des convives ou une simple oscillation.
Sur le terrain, la phase de départs volontaires précède l’ouverture du PSE proprement dit. Les discussions avec les élus du personnel sur les catégories de postes et les mesures d’accompagnement se poursuivront plusieurs mois.



en même temps c est tellement deguelasse Sodexo qu il ne faut pas s étonner
moi pour combler les chaises vides on m a volé mes heures supp donc ils arrivent toujours a récupérer de l argent