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Dans 54 % des cabinets d’expertise comptable qui ont recours à l’intelligence artificielle, l’usage de ces outils dépend encore de l’initiative de chaque salarié, sans consigne de la direction. Seuls 21 % de ces cabinets ont défini un cadre pour ces pratiques individuelles.
Ces chiffres sont tirés de la quatrième édition du baromètre sur l’IA générative et les perspectives des décideurs, réalisé par le Groupe SVP, une société de conseil aux entreprises. L’enquête a interrogé 514 dirigeants et responsables, dont 80 experts-comptables. Les pourcentages présentés ici portent uniquement sur les experts-comptables et les cabinets qui utilisent déjà l’IA.
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Côté organisation, 37 % de ces cabinets emploient l’IA pour rendre certaines équipes plus efficaces. Ils sont 27 % à l’utiliser pour étoffer les services proposés à leurs clients, et 21 % pour rendre ces services plus simples ou plus agréables à utiliser.
Les auteurs de l’étude décrivent un scénario fréquent lors de l’arrivée d’une nouvelle technologie : les salariés l’essaient d’abord seuls, et l’entreprise établit des règles communes ensuite. Anne Feret, directrice générale Innovation et Opérations du Groupe SVP, a indiqué que l’enjeu consistait désormais à « développer les bons usages » et à « les sécuriser ».
La rédaction perd sa première place
Huit experts-comptables utilisateurs sur dix se servent de l’IA pour rechercher une information. La rédaction de textes, qui était le principal usage au départ, arrive derrière, citée par 69 % d’entre eux.
Les analyses ont connu la plus forte hausse. En 2024, 28 % des répondants confiaient ce travail à l’IA ; ils sont 60 % aujourd’hui. Sur la même période, la part de ceux qui produisent des documents avec ces outils est passée de 22 % à 43 %.
Quatorze experts-comptables ont été interrogés plus longuement pour l’étude. Certains ont décrit des analyses financières, la lecture de documents juridiques ou la préparation de contrats et de clauses. D’autres confient à l’IA la saisie d’opérations dans la comptabilité de leurs clients.
Ces tâches touchent au cœur du métier. Dans plus de la moitié des cabinets concernés, l’usage de l’IA reste pourtant laissé à l’appréciation de chacun.
Trente minutes de recherche ramenées à quelques-unes
Parmi les experts-comptables qui ont déjà utilisé une IA dans leur travail, 45 % ont eu recours à un outil spécialisé en droit, contre 33 % lors d’une édition précédente du baromètre.
Ces professionnels ne se contentent plus des assistants grand public. Ils se tournent vers des outils conçus pour leur métier, capables de retrouver rapidement des sources fiables et à jour : décisions de justice, textes réglementaires, règles du droit du travail. Plusieurs d’entre eux ont raconté que des recherches qui leur prenaient une trentaine de minutes n’en demandent plus que quelques-unes.
Ils disent aussi répondre plus facilement aux questions de leurs clients.
Des professionnels convaincus, des cabinets à réorganiser
Neuf experts-comptables utilisateurs sur dix s’attendent à ce que l’IA change réellement leur profession. Sur l’ensemble des dirigeants interrogés, tous secteurs confondus, la proportion tombe à sept sur dix.
En 2023, 21 % des experts-comptables jugeaient que cet impact serait très important. Ils sont désormais 46 %, plus du double.
Pour 82 % des experts-comptables interrogés, l’IA représente une opportunité.
Lors des entretiens, plusieurs praticiens ont expliqué que, l’IA prenant en charge une partie des tâches, ils consacraient davantage de temps au conseil et à la relation avec leurs clients. D’après les auteurs de l’étude, les cabinets sont ainsi amenés à revoir la place accordée à la production des comptes par rapport à l’expertise et à l’accompagnement.
La collecte des réponses a été avancée de plusieurs mois par rapport aux éditions précédentes, afin que les résultats soient prêts pour le Congrès de l’Ordre des experts-comptables. L’enquête combine un questionnaire en ligne et des entretiens téléphoniques, selon une méthode identique d’une édition à l’autre, ce qui permet de comparer les résultats dans le temps.


