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En 2007, le Groupe Bigard détenait déjà 49% de la Compagnie financière Charal. L’opération autorisée cette année-là lui a donné la totalité du capital et des droits de vote de l’entreprise. Pour l’exercice 2023, le groupe a déclaré 5,9 milliards d’euros de chiffre d’affaires et 58 établissements en France.
Dans les rayons de viande, le logo rouge de Charal accompagne steaks hachés, burgers, carpaccios et pièces de bœuf. La marque renvoie à une entreprise dont le contrôle remonte au Groupe Bigard, établi à Quimperlé, dans le Finistère.
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Charal est une filiale détenue à 100% par le Groupe Bigard. Jean-Paul Bigard, président du directoire, l’organe exécutif du groupe, a déclaré le 30 mai 2024 devant une commission d’enquête de l’Assemblée nationale que sa famille détenait « la totalité des actions du groupe ». La famille Bigard exerce donc le contrôle ultime de Charal par l’intermédiaire du groupe qui en possède le capital.
Les sources publiques établissent cette chaîne de propriété. Elles ne détaillent pas la part détenue par Jean-Paul Bigard, ses enfants ou d’autres membres de sa famille. L’actionnariat familial est documenté ; sa répartition interne reste privée.
De Charal à la famille Bigard
Charal indique être devenue, en 2008, une filiale détenue à 100% par le Groupe Bigard. La société relève ainsi d’un groupe qui commercialise aussi les marques Bigard et Socopa.
Jean-Paul Bigard a précisé la nature de l’actionnariat lors de son audition parlementaire de mai 2024. « Nous sommes toujours une structure familiale, puisque ma famille détient la totalité des actions du groupe », a déclaré le dirigeant devant les députés. Ces deux faits dessinent la chaîne de contrôle : Bigard détient intégralement Charal ; la famille Bigard détient, selon son président, toutes les actions de Bigard. La marque relève ainsi du contrôle familial, à travers la société mère.
Le rapport RSE 2023 du Groupe Bigard indique que Jean-Paul Bigard préside le directoire, où siègent également Mathieu Bigard et Maxence Bigard. Philippe Bigard préside le conseil de surveillance, l’instance qui contrôle le directoire. Lucien Bigard a fondé l’entreprise à Quimperlé en 1968. Son fils, Jean-Paul Bigard, en a assuré le développement ; Mathieu et Maxence Bigard participent aujourd’hui au directoire. Le groupe présente cette organisation comme le passage à une troisième génération familiale.
Les fonctions de direction ne renseignent pas la ventilation du capital. Jean-Paul Bigard dirige le groupe, mais les documents examinés n’indiquent pas le pourcentage qu’il possède personnellement. Ils permettent d’établir un contrôle familial de Bigard, sans attribuer une quote-part précise à chacun.
Du 49% au contrôle exclusif
Cette propriété familiale s’exerce sur une entreprise dont Bigard a progressivement pris la maîtrise. En 2007, le groupe Alliance détenait 50% de la Compagnie financière Charal, Bigard en possédait 49% et M. Heusele 1%. Ces trois chiffres fixaient un équilibre serré. Groupe Alliance conservait la majorité, tandis que Bigard disposait déjà d’une position proche du contrôle sans en avoir les droits exclusifs.
Le ministère de l’économie a autorisé, le 26 décembre 2007, l’opération par laquelle Bigard a acquis le contrôle exclusif de la Compagnie financière Charal. L’opération comprenait aussi certains actifs du groupe Alliance, dont Défial, Le Bocage et Cariot. La décision prévoyait que Bigard détienne la totalité du capital social et des droits de vote de Charal à l’issue de l’opération. Bigard est ainsi passé d’une participation de 49% à la maîtrise complète de l’entreprise.
Charal date de 2008 son statut de filiale à 100% du Groupe Bigard. Le ministère a autorisé la concentration fin 2007 ; l’entreprise se présente comme entièrement intégrée au groupe à partir de l’année suivante. L’opération a donc placé Charal dans le périmètre direct de Bigard. La société est restée depuis une filiale du groupe.
Une famille aux commandes
Le contrôle du capital s’accompagne d’une gouvernance familiale. Jean-Paul Bigard préside le directoire ; Mathieu Bigard et Maxence Bigard y siègent ; Philippe Bigard préside le conseil de surveillance. Cette organisation confirme la présence de la famille dans les organes de décision. Elle ne permet pas de reconstituer la distribution du capital entre ses membres, que le groupe ne publie pas dans les documents examinés.
Jean-Paul Bigard a apporté une précision sur Socopa lors de son audition parlementaire. Des coopératives détiennent une participation minoritaire dans cette autre société du périmètre Bigard. Cette précision ne concerne pas Charal. La marque demeure détenue à 100% par le Groupe Bigard, tandis que Socopa rassemble un actionnariat qui inclut des coopératives minoritaires.
Charal au cœur du groupe
Le Groupe Bigard place Charal parmi ses trois grandes marques, avec Bigard et Socopa. Le groupe vend ses produits à la grande distribution, aux artisans bouchers-charcutiers, aux grossistes, à la restauration hors domicile, à l’industrie et à l’export.
Pour l’exercice 2023, le Groupe Bigard a déclaré 5,9 milliards d’euros de chiffre d’affaires, 58 établissements en France et 31 sites ayant une activité d’abattage, c’est-à-dire de mise à mort et de découpe initiale des animaux. Il comptait 13 112 salariés en CDI et CDD, a abattu 948 000 tonnes et commercialisé 1,2 million de tonnes de produits. Ces chiffres couvrent le groupe entier, et non Charal seule. Ils situent la marque dans une chaîne qui réunit l’achat d’animaux, l’abattage, la découpe, la transformation, le conditionnement et la vente de produits carnés.
Bigard a indiqué travailler avec 83 326 éleveurs partenaires en 2023. Le groupe affirme que 98% des volumes qu’il commercialise proviennent de viande transformée dans ses propres installations. Cette intégration donne à Charal son rôle commercial. Les produits vendus sous son nom atteignent les rayons frais et surgelés depuis les abattoirs et les ateliers de transformation du groupe.
Le Groupe Bigard publie plusieurs séries de données. Sa présentation institutionnelle mentionne 5,5 milliards d’euros de chiffre d’affaires, 60 implantations industrielles et commerciales et 30 abattoirs ; son rapport RSE 2023 fait état de 5,9 milliards d’euros, 58 établissements et 31 activités d’abattage. Le groupe n’explique pas les différences de période ou de périmètre. Le rapport RSE 2023 fournit la série la plus détaillée et la plus précisément datée. La présentation institutionnelle confirme que Charal reste l’une des marques centrales de Bigard.
Les barquettes et la concentration
La présence de Charal dans les rayons a renforcé le poids de Bigard dans la viande bovine conditionnée. En 2007, le ministère de l’économie a estimé que Bigard, Charal et Défial représenteraient ensemble entre 30% et 40% du marché de la viande de gros bovins vendue en barquettes dans la grande distribution après l’opération.
Cette estimation porte sur un marché défini en 2007. Elle ne décrit pas une part actuelle du groupe. Elle montre toutefois que l’acquisition de Charal renforçait la position de Bigard dans la transformation de viande bovine et dans les rayons des supermarchés. L’administration a autorisé l’opération parce qu’elle a jugé que Socopa, Terrena et d’autres entreprises restaient alors en mesure de concurrencer le nouveau périmètre.
Bigard a ensuite obtenu, en 2009, l’autorisation de prendre le contrôle exclusif de Socopa Viandes. L’Autorité de la concurrence a assorti cette autorisation d’engagements. En 2012, elle a infligé au Groupe Bigard une sanction de 1 million d’euros. Elle lui reprochait de ne pas avoir respecté un engagement sur la licence de la marque Valtero, pris lors du rachat de Socopa.
Charal et Socopa ont rejoint le même ensemble industriel au terme de ces acquisitions. Charal est détenue intégralement par Bigard ; dans Socopa, des coopératives conservent une participation minoritaire.
Du bétail au rayon frais
Les acquisitions ont relié des marques connues du public à une chaîne industrielle plus large. En 2023, le Groupe Bigard déclarait travailler avec 83 326 éleveurs partenaires, avoir abattu 948 000 tonnes et transformer dans ses propres sites 98% des volumes qu’il commercialisait.
Ces données donnent à la propriété de Charal sa portée économique. La société commercialise sous une marque connue des produits issus d’un groupe qui assure l’abattage, la transformation et la distribution de viande.
La famille Bigard contrôle ce groupe. Charal porte ce contrôle dans les rayons.


