50 épiceries rurales à financer avant le 7 octobre

Bouge Ton CoQ finance l'ouverture de 50 épiceries participatives dans des villages de moins de 3 500 habitants. Les dons sont doublés.

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Dans 62 % des communes françaises, plus une seule boutique n’a survécu. Des habitants en rouvrent une eux-mêmes, la tiennent bénévolement et y vendent sans faire de bénéfice. Cinquante villages de plus veulent s’y mettre cette année. Reste à financer l’opération.

Chaque euro versé sur la collecte en ligne de Bouge Ton CoQ, ouverte jusqu’au 7 octobre 2026 sur la plateforme HelloAsso, sera complété par un second. Ce doublement est financé par les entreprises mécènes de 1% for the Planet, un mouvement fondé en 2002 par Yvon Chouinard, dirigeant de Patagonia, et Craig Mathews, de Blue Ribbon Flies, dont les membres reversent chaque année 1 % de leur chiffre d’affaires à des organisations de protection de l’environnement. Le mouvement, qui vérifie la traçabilité des projets qu’il finance, a agréé l’opération. Sa directrice générale, Isabelle Susini, a déclaré que ce doublement permettrait « d’amplifier leur action ».

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L’argent doit servir à ouvrir des épiceries participatives dans des communes de moins de 3 500 habitants. Ces magasins sont créés par les habitants d’un village, qui adhèrent à un collectif local et en assurent bénévolement le fonctionnement.

Vendre sans marge et tenir trois ans

Une épicerie du réseau réunit en moyenne 70 adhérents bénévoles et s’approvisionne auprès de 15 à 20 producteurs installés autour du village. Les produits locaux occupent 70 % des rayons. Ils sont vendus sans marge, c’est-à-dire au prix payé au producteur, sans bénéfice pour le magasin, les intermédiaires ayant été supprimés du circuit.

Camille Subra, directrice des partenariats de Bouge Ton CoQ, a indiqué que ces épiceries permettaient « de limiter fortement les déplacements en voiture ». Faire ses courses depuis un village sans commerce représente 25 kilomètres aller-retour en moyenne.

Trois épiceries sur dix abritent aussi un café citoyen ou un bar, et accueillent des ateliers ou des animations locales.

L’association affiche 95 % d’épiceries encore ouvertes 36 mois après leur lancement, avec des recettes qui couvrent les charges dès le premier jour d’activité. Le réseau ayant cinq ans, ce taux ne porte que sur les premières ouvertures. Jean-Michel Almeida, président de l’épicerie la Vache qui Meulles, à Meulles dans le Calvados, a évoqué « moins de kilomètres parcourus, moins de gaspillage » depuis la création du magasin.

1 300 euros et un mode d’emploi

Cinquante communes de moins de 3 500 habitants seront retenues à l’issue du nouvel appel à candidatures. Chacune recevra une subvention de départ de 1 300 euros, destinée aux premiers outils, équipements et aménagements nécessaires à l’ouverture.

Le parcours proposé aux villages candidats compte quatre étapes. Un collectif d’habitants se constitue, une enquête publique mesure l’adhésion de la population au projet, une réunion publique fixe les règles de gouvernance, puis Bouge Ton CoQ accompagne gratuitement l’équipe jusqu’à l’ouverture, y compris sur la logistique. L’association dit avoir éprouvé cette méthode dans 280 villages.

Le suivi se poursuit ensuite, orienté vers la formation des bénévoles et l’adoption de pratiques de sobriété et d’approvisionnement local.

Quarante ouvertures d’ici la fin de l’année

250 épiceries ont ouvert depuis la création de l’association en 2020, et une quarantaine d’ouvertures sont en cours d’ici décembre. Bouge Ton CoQ revendique par ailleurs 280 communes accompagnées depuis l’origine, un chiffre supérieur au nombre de magasins en activité, sans que l’écart soit détaillé.

Le réseau rassemble aujourd’hui 9 000 familles adhérentes bénévoles, soit près de 17 600 personnes, et rémunère 7 000 producteurs locaux. Les épiceries réalisent ensemble 5 millions d’euros de chiffre d’affaires par an, une somme qui reste dans l’économie des territoires ruraux.

Les épiceries ne sont pas le seul chantier de l’association, qui pilote en 2026 des centres de santé solidaires avec Médecins Solidaires et ClapThéâtre, consacré à l’accès à la culture en zone rurale.

Les particuliers qui versent un don bénéficient d’une réduction d’impôt de 66 % de son montant, dans la limite de 20 % de leur revenu imposable. Pour les entreprises, la réduction d’impôt sur les sociétés atteint 60 % des versements, plafonnée à 20 000 euros ou à 5 pour mille du chiffre d’affaires annuel hors taxes.



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