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Samsung a commercialisé le premier smartphone pliable en 2019. Apple a attendu sept ans pour lancer le sien, l’iPhone Duo, et ce délai lui a servi : pendant que ses concurrents modifiaient leurs charnières et leurs écrans sur sept générations successives, le groupe californien observait, puis retenait ce qui fonctionnait. Après une semaine d’utilisation, l’iPhone Duo s’impose comme le meilleur pliable disponible à la vente, le premier à dissiper l’impression, tenace dans la catégorie, de transporter un prototype inachevé.
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Ce verdict tient d’abord à un format. Fermé, le Duo mesure 11,8 centimètres sur 8,4, les proportions d’un passeport, avec un écran extérieur de 5,4 pouces. Ouvert, il déploie une dalle de 7,6 pouces, presque celle d’un iPad mini, pour 5,2 millimètres d’épaisseur. Apple n’a jamais fabriqué d’iPhone aussi fin, l’iPhone Air compris. Seul le Galaxy Z Fold8 de Samsung descend plus bas, à 4,5 millimètres une fois déplié.
Cette finesse a pourtant coûté à Apple Face ID, le système de reconnaissance faciale qui déverrouille ses iPhone d’un regard. Faute d’épaisseur, le constructeur n’a pas pu en loger les capteurs dans le Duo. La compacité qui rend l’appareil maniable fermé et mince ouvert impose ainsi le retour à l’empreinte digitale.
Le second renoncement touche la photographie, et il se mesure au prix. Le Duo coûte près de 900 euros de plus qu’un iPhone 18 Pro de capacité équivalente, alors que son appareil photo se situe un cran en dessous de celui de ce modèle. L’acheteur paie donc davantage pour obtenir moins sur l’un des critères qui justifient d’ordinaire le haut de gamme. Ces deux sacrifices découlent de la décision d’Apple de privilégier le format et l’écran, précisément les deux points sur lesquels le Duo devance ses concurrents.
Le pli, défaut historique des pliables
La marque centrale de l’écran trahit tous les pliables. Aucun fabricant n’a encore réussi à l’effacer, et Apple n’y parvient pas davantage. Le Duo s’en approche pourtant plus que tous ses concurrents : de face, le pli reste invisible, et il faut incliner le téléphone sous un angle et un éclairage très particuliers pour le distinguer.
Apple attribue ce résultat à une charnière de plus de cent composants, dont la résistance varie au fil de l’ouverture. Plus ferme au départ, elle maintient ensuite l’écran immobile à n’importe quel angle intermédiaire. Le constructeur affirme aussi confier à un système d’intelligence artificielle, en usine, l’appariement de chaque charnière avec la coque qui lui correspond le mieux, afin que la dalle reste parfaitement plane.
Le dernier élément du dispositif agit sur la lumière. Apple a recouvert l’écran intérieur d’un revêtement mat nanotexturé (gravé à l’échelle microscopique), qui éteint les reflets, ceux-là mêmes qui révèlent habituellement le pli. En intérieur, ce traitement n’altère pas l’image. En plein soleil, il rend l’écran intérieur moins lisible que celui de n’importe quel autre iPhone. L’atout principal du Duo porte donc déjà son propre compromis.
Deux écrans au format 1,4:1
Après le pli, Apple a traité le passage d’un écran à l’autre, l’autre faiblesse des pliables. Le constructeur a donné aux deux dalles le même rapport entre largeur et hauteur, 1,4:1. À l’ouverture, le contenu s’agrandit sans se réorganiser : une vidéo panoramique occupe presque toute la surface intérieure, et une photo au format 4:3, celui des appareils photo classiques, s’y loge quasiment sans marge. L’écran extérieur offre à lui seul 90 % de la surface de celui d’un iPhone 18 Pro.
Sur cette base matérielle, Apple a adapté iOS 27, son système d’exploitation. Pour la première fois, un iPhone affiche deux applications côte à côte. Selon sa position, à demi plié comme un livre ou ouvert en forme de tente, l’appareil change d’affichage : horloge et photos sur l’écran intérieur, vidéo sur l’écran extérieur sans support. Apple a aussi redessiné ses propres applications, de Mail à Musique, pour occuper le grand écran.
Ces adaptations donnent au Duo un niveau de finition que la concurrence n’atteint pas. Sa démonstration tient en un geste : sortir le téléphone de la poche, lancer une application, déplier l’appareil et la voir grandir jusqu’à la taille d’une application d’iPad.
Touch ID contre Face ID
Pour remplacer Face ID, Apple a intégré son lecteur d’empreintes, Touch ID, au bouton d’alimentation. Or ce bouton change de côté selon l’orientation de l’appareil, si bien que, pour un utilisateur habitué à la reconnaissance faciale, retrouver le capteur reste laborieux après une semaine d’usage quotidien. L’Apple Watch, la montre connectée du groupe, déverrouille automatiquement le téléphone lorsqu’elle est portée au poignet, mais l’empreinte reste exigée pour un paiement ou pour l’accès au gestionnaire de mots de passe. La compensation reste donc partielle, et réservée aux propriétaires de la montre.
Un capteur photo de la classe des iPhone 17
Apple a équipé le Duo de deux capteurs de 48 mégapixels, un principal stabilisé et un ultra grand-angle, qui embrasse un champ très large. Le capteur principal, plus petit et moins lumineux que celui des iPhone Pro, se rapproche de celui de l’iPhone Air ou de l’iPhone 17. Il ne dispose ni d’ouverture variable, le réglage mécanique de la quantité de lumière qui entre dans l’objectif, ni du ProRAW, le format de fichier brut prisé des photographes, et souffre dans les scènes peu éclairées. De jour, les clichés restent bons. Sur un appareil vendu plus cher que le haut de gamme d’Apple, cet écart pèse.
Pour le compenser, Apple a ajouté des fonctions propres au pliable. L’écran extérieur montre le cadrage à la personne photographiée, et le téléphone, posé sur une table, déclenche seul dès que chacun est en place. L’écran intérieur sert aussi de viseur pour réaliser des autoportraits avec les capteurs arrière. Aucune de ces fonctions ne corrige la qualité d’image d’un capteur de gamme inférieure.
254 grammes et une autonomie d’iPhone Air
La puissance, elle, n’a rien d’un sacrifice. Apple a doté le Duo de l’A20 Pro, la puce de ses iPhone Pro, même si l’appareil évacue moins bien sa chaleur : dans un jeu exigeant, il chauffe et ralentit.
L’énergie se répartit entre deux batteries, une par moitié, gérées comme une seule. Pour gagner de la place, Apple a supprimé le tiroir de la carte SIM au profit de la seule eSIM, sa version dématérialisée. Le constructeur annonce 24 heures en usage mixte. À l’usage, l’autonomie rejoint celle de l’iPhone 17 ou de l’iPhone Air et couvre une journée sans marge. Apple a donc logé la puce de ses Pro dans un appareil dont l’endurance égale celle de ses modèles moins chers.
La balance confirme le prix de cette mécanique. Avec 254 grammes, le Duo dépasse l’iPhone 18 Pro Max et pèse 53 grammes de plus que le Galaxy Z Fold8. La répartition de la masse dans la paume l’atténue, sans l’effacer.
Le précédent de l’iPad en 2010
Les adaptations d’iOS 27 s’arrêtent aux applications que leurs éditeurs ont retravaillées. Apple a revu les siennes ; nombre d’éditeurs tiers ne l’ont pas encore fait, et leurs applications, simplement étirées sur le grand écran, se repèrent immédiatement. L’iPad avait connu la même situation à son lancement, en 2010, quand une large part de son catalogue se composait d’applications pour iPhone agrandies par un bouton « 2x ». Instagram, entre autres, sera adapté dès le premier jour. Pour le reste, l’acheteur de lancement paie le prix fort pour un catalogue incomplet, en attendant que les développeurs rattrapent leur retard.
Un coût réel au-delà du prix d’achat
Ce prix fort s’échelonne de 2 339 euros en version 256 Go à 2 589 euros en 512 Go, 3 089 euros en 1 To et 3 839 euros en 2 To. Comme les autres pliables du marché, le Duo reste cher, et la facture peut s’alourdir. Certifié IP68, il résiste à la poussière et à l’immersion, mais Apple annonce 1 149 euros pour le seul remplacement de l’écran intérieur hors garantie. Les accessoires suivent mal : de nombreuses batteries MagSafe, qui se fixent par aimant au dos de l’iPhone, dépassent de son format compact, et aucune des deux coques vendues par Apple n’allie protection et praticité.
À ce prix, et avec ces renoncements, l’appareil s’adresse à une minorité, la plupart des utilisateurs restant mieux servis par un téléphone classique. Le Duo révèle son intérêt pour la navigation sur le web, la lecture de documents, les photos et les vidéos. Pour ceux qui alternent au quotidien entre un iPhone et un iPad, il devient le premier appareil qui réunit les deux.


