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Avec l’A20 Pro, première puce d’iPhone issue de la génération de gravure dite de 2 nanomètres, et une autonomie annoncée à 29 heures pour sa version européenne, Apple présente son smartphone le plus endurant. Une semaine d’essai confirme l’essentiel de ces progrès. Ils se paient sur la balance : le 18 Pro Max pèse 249 grammes, 18 de plus que son prédécesseur. Siri AI, la nouvelle version de l’assistant vocal d’Apple, reste par ailleurs indisponible dans l’Union européenne.
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Rien, ou presque, ne distingue l’iPhone 18 Pro Max de son prédécesseur. Commercialisé en France depuis le vendredi 18 septembre, le nouveau modèle haut de gamme d’Apple reprend plusieurs éléments de l’iPhone 17 Pro Max :
- l’écran OLED de 6,9 pouces, dont chaque pixel produit sa propre lumière, avec une définition de 2 868 × 1 320 pixels ;
- un taux de rafraîchissement adaptatif montant à 120 Hz, soit jusqu’à 120 images affichées par seconde ;
- la large plateforme photographique qui barre le haut du dos.
Apple a réduit la Dynamic Island, la découpe noire logée en haut de l’écran, sans préciser dans quelle proportion. Elle affiche désormais jusqu’à trois activités en direct, ces informations suivies en temps réel comme un trajet ou un minuteur. Un coloris bordeaux rejoint le noir, l’argent et le glacier.
Le vrai changement se loge derrière l’objectif principal. Sur tous les iPhone précédents, l’ouverture, c’est-à-dire le diamètre par lequel la lumière atteint le capteur, restait fixe. Pour doser la lumière, le téléphone ne jouait que sur le traitement logiciel et sur la durée de pose, le temps pendant lequel le capteur reçoit la lumière.
L’iPhone 18 Pro Max passe à l’ouverture variable. Apple a doté la caméra principale de 48 mégapixels, baptisée Fusion, d’un diaphragme mécanique, une première dans l’histoire de l’iPhone. Six lamelles découpées au laser, actionnées par un mécanisme rotatif, resserrent ou élargissent le passage de la lumière.
Quatre valeurs s’offrent ainsi au photographe : f/1,48, f/1,8, f/2,8 et f/4. Plus le chiffre est petit, plus l’ouverture est grande. Le logiciel d’Apple choisit seul la valeur adaptée à la scène, ou l’utilisateur la fixe lui-même dans l’application Appareil photo.
À f/1,48, l’objectif laisse passer en théorie environ 48 % de lumière de plus qu’à f/1,8, à conditions égales. Ce calcul ne présage pas à lui seul de la qualité des images, car le capteur, le temps de pose, la stabilisation et le traitement logiciel pèsent autant sur le résultat. Il éclaire en revanche l’usage auquel ce surcroît de lumière est destiné.
La différence apparaît d’abord la nuit. Au cours de notre semaine d’essai, les scènes nocturnes sont sorties plus propres, et l’appareil a moins souvent eu besoin d’allonger fortement la pose. Or la durée de pose décide du sort des sujets en mouvement : un passant ou un enfant qui court devient flou dès qu’elle s’allonge. En ouvrant plus grand, l’iPhone raccourcit la pose et fige ce qu’une exposition prolongée aurait brouillé. Les 48 % de lumière supplémentaire servent d’abord la netteté des sujets en mouvement, là où les smartphones peinent le plus.
À l’autre bout de la course, f/4 étend la profondeur de champ, la zone de l’image qui paraît nette du premier plan à l’arrière-plan. Une photo de groupe dont les membres se tiennent sur plusieurs rangs gagne ainsi en netteté, pour peu que la distance de mise au point et le cadrage s’y prêtent. Le diaphragme resserré dessine aussi des étoiles autour des sources lumineuses ponctuelles. Cet effet, purement optique, varie en intensité selon la scène et les réglages d’exposition.
Encore faut-il que l’utilisateur puisse choisir lui-même ces valeurs.
Le Galaxy S9, précédent de 2018
Apple n’a pas inventé l’ouverture variable sur smartphone. Le fabricant sud-coréen Samsung avait équipé son Galaxy S9, en 2018, d’un diaphragme à deux positions, avant d’y renoncer quelques générations plus tard. Apple ajoute deux positions et, surtout, les commandes pour s’en servir.
L’application Appareil photo, désormais personnalisable, donne accès à trois réglages :
- l’ouverture ;
- la vitesse d’obturation, autrement dit la durée de pose ;
- la balance des blancs, le réglage qui corrige la teinte de la lumière.
Un histogramme, le graphique qui montre la répartition des tons clairs et sombres, aide en outre à contrôler l’exposition avant le déclenchement.
Ces outils visent ceux qui prennent le temps de construire une image. En mode automatique, le logiciel d’Apple sélectionne seul l’ouverture et gère mieux les scènes difficiles. Les générations précédentes produisaient cependant déjà d’excellentes photographies sans la moindre intervention, si bien que l’utilisateur qui vise et déclenche sans rien régler percevra des améliorations limitées.
Les photographes qui composent leurs images en tirent davantage. Ils règlent désormais optiquement la profondeur de champ, créent un flou de mouvement volontaire ou protègent de la surexposition les zones les plus claires de l’image. Toutes ces opérations imposaient jusqu’ici de passer par des applications spécialisées. Apple a enrichi dans le même esprit ses Styles photographiques, les préréglages de rendu de l’appareil, de réglages de texture et de grain qui ajustent l’image sans plaquer un filtre uniforme après la prise de vue.
Samsung avait abandonné son diaphragme à deux positions. Apple double le nombre de positions et confie les commandes à l’utilisateur, condition pour que l’outil serve au-delà de l’automatisme.
Un zoom 4x sous l’étiquette 8x
L’ouverture variable s’inscrit dans un appareil photo entièrement revu, dont le téléobjectif appelle une précision. L’iPhone 18 Pro Max embarque un seul téléobjectif physique. Ce module de 48 mégapixels offre un grossissement 4x, soit l’équivalent d’une focale de 100 mm en photographie classique. Il ouvre à f/2,8 et se stabilise grâce à un capteur qui se déplace dans les trois dimensions pour compenser les tremblements.
Le cadrage 8x, équivalent à 200 mm, qu’Apple présente comme un téléobjectif de « qualité optique », correspond à une image de 12 mégapixels prélevée sur ce même capteur. En bonne lumière, ce recadrage conserve beaucoup de détails et rapproche des sujets lointains. Au-delà, Apple pousse le zoom numérique, un agrandissement logiciel de l’image, jusqu’à 40x. Il dépanne pour lire une inscription éloignée, au prix d’une perte de détails vite visible.
La vidéo reçoit le même traitement. Apple applique désormais après le tournage les effets du mode Cinématique, qui floute l’arrière-plan pour isoler le sujet, à des séquences filmées par la caméra principale jusqu’à 60 images par seconde. Ce calcul de profondeur bute sur les cheveux, les objets transparents et les scènes à plusieurs plans complexes. Le mode Cinématique proprement dit passe à la 4K Dolby Vision (ultra-haute définition avec un format à haute plage dynamique) à 60 images par seconde, et la caméra principale filme en 4K Dolby Vision jusqu’à 120 images par seconde.
Pour le ProRes, le format de montage professionnel d’Apple, en 4K à 120 images par seconde, l’utilisateur doit toujours brancher un support de stockage externe. Ces fichiers très volumineux font des versions de 1 et 2 To un achat raisonné pour les vidéastes intensifs.
Autonomie : 29 heures en Europe
Deuxième promesse de ce modèle, l’endurance. Pour l’iPhone 18 Pro Max vendu dans l’Union européenne, Apple annonce jusqu’à 29 heures d’utilisation selon son scénario standard, 43 heures de lecture vidéo stockée sur l’appareil et 38 heures en streaming. Les versions dépourvues de tiroir pour carte SIM physique, vendues dans certains pays, atteignent selon le constructeur 30 heures d’usage et 45 heures de vidéo.
Le modèle français conserve ce tiroir. Il accepte une nano-SIM, la petite carte SIM physique, associée à une eSIM, la carte SIM virtuelle intégrée au téléphone, ou bien deux eSIM. Or les versions sans SIM physique consacrent à la batterie le volume qu’occupe ce tiroir. Pour l’acheteur français, le chiffre de référence est donc 29 heures, une heure de moins que le record mis en avant ailleurs.
Ce chiffre sort d’un protocole défini par Apple. Le constructeur enchaîne messagerie, photographie, musique, réseaux sociaux, streaming, jeux, navigation Web et guidage, selon un profil tiré des usages médians qu’il observe, sur des prototypes. Le réseau, la luminosité, la puissance du signal et les applications utilisées font varier l’autonomie réelle.
L’iPhone 17 Pro Max tenait déjà une journée complète. Au cours de notre essai, son successeur a régulièrement terminé des journées chargées avec une réserve confortable, y compris après un usage intensif de l’appareil photo. La 5G captée en signal faible, la vidéo 4K, les jeux et un écran poussé à forte luminosité entament nettement cette marge, mais le moment de chercher une prise arrive plus tard.
Recharge rapide, chargeur en sus
Cette prise, l’utilisateur la quitte aussi plus vite. Apple annonce 50 % de batterie en une quinzaine de minutes avec un câble adapté et un adaptateur USB-C d’au moins 60 W compatible avec l’alimentation à tension réglable, la norme qui ajuste la tension entre le chargeur et le téléphone. Cinq minutes de branchement fourniraient environ sept heures de lecture vidéo, selon le constructeur, qui a mesuré ces temps sur des prototypes initialement déchargés. Le chargeur, la température, l’état de la batterie et l’usage simultané du téléphone font varier ces durées.
Cet adaptateur ne figure pas dans la boîte : Apple le vend séparément. L’acheteur qui ne possède pas de chargeur de cette puissance doit donc en acquérir un pour approcher les temps annoncés.
Sans fil, la puissance atteint 25 W sur un chargeur MagSafe, le système de recharge magnétique d’Apple, ou Qi2, la norme ouverte équivalente. Apple annonce alors 50 % en une trentaine de minutes, avec un adaptateur d’au moins 35 W.
L’A20 Pro, puce gravée en 2 nanomètres
Sous le capot, Apple inaugure l’A20 Pro, première puce d’iPhone fabriquée selon un procédé industriel de classe 2 nanomètres. L’appellation désigne une génération de fabrication, sans correspondre à la taille exacte de chaque transistor. La puce réunit trois ensembles :
- un processeur central de six cœurs, les unités de calcul, dont deux cœurs de performance et quatre cœurs économes en énergie ;
- un processeur graphique (GPU) de sept cœurs ;
- deux Neural Engine de 16 cœurs chacun, les circuits dédiés à l’intelligence artificielle.
Par rapport à l’A19 Pro, Apple revendique 50 % de bande passante mémoire supplémentaire, c’est-à-dire du débit entre la puce et sa mémoire, un GPU jusqu’à 40 % plus rapide et une puissance de traitement doublée pour l’intelligence artificielle. Ces chiffres du constructeur ne se retrouvent pas à l’identique dans toutes les applications.
Au quotidien, ces gains se remarquent peu. L’ouverture des applications et la navigation paraissent à peine plus vives, car les générations précédentes répondaient déjà très vite. L’A20 Pro creuse l’écart lors des exports vidéo, des traitements photographiques complexes, des fonctions d’intelligence artificielle calculées sur l’appareil et des jeux exigeants, soit les tâches qui sollicitent la puce pendant plusieurs minutes.
Dans les premiers tests synthétiques, ces logiciels qui mesurent la puissance brute, l’A20 Pro obtient des scores très élevés, en particulier sur un seul cœur. Les processeurs d’ordinateurs de bureau, dotés de bien plus de cœurs, gardent pourtant une nette avance dans les tâches réparties sur de nombreux cœurs à la fois. La valeur de la nouvelle puce se mesure surtout à sa capacité à tenir l’effort, et Apple a revu pour cela la façon dont elle évacue sa chaleur.
Une chambre à vapeur trois fois plus vaste
Cette chaleur fixe la limite de l’effort. Un processeur de smartphone atteint sa puissance maximale en quelques secondes. Au-delà de certaines températures, le système abaisse ses fréquences, la cadence à laquelle il travaille, pour protéger les composants et la batterie.
Apple avait introduit sur l’iPhone 17 Pro une chambre à vapeur, un dispositif passif. Un liquide s’y évapore au contact de la zone chaude, circule dans la chambre puis se condense dans les parties plus froides, ce qui étale la chaleur sur une plus grande surface. Sur l’iPhone 18 Pro, Apple a triplé cette surface et changé les matériaux de la chambre.
Le constructeur a aussi déplacé la mémoire. Jusqu’ici posée au-dessus du chemin thermique de la puce, le trajet par lequel sa chaleur s’évacue, elle se trouve désormais à côté du processeur, selon un montage inspiré des puces de série M qui équipent les Mac. L’A20 Pro entre ainsi en contact direct avec le système de refroidissement. C’est ce réagencement qui met la chambre agrandie au contact de la puce.
Apple revendique, sur la foi d’essais internes que notre semaine de test ne suffit pas à vérifier, jusqu’à 40 % de performances soutenues supplémentaires par rapport à l’iPhone 17 Pro. Ce chiffre mesure l’ensemble formé par la puce, son architecture et le nouveau système thermique.
L’effet se ressent à l’usage. Pendant les jeux, les exports et les longues séances de vidéo, le téléphone a conservé plus longtemps ses performances avant de les réduire. Le boîtier finit par chauffer lors des tâches les plus lourdes, mais la chaleur paraît mieux répartie sur l’ensemble de l’appareil.
249 grammes sur la balance
Cette refonte intérieure a un prix physique. L’iPhone 18 Pro Max pèse 249 grammes. Il dépasse de 18 grammes l’iPhone 17 Pro Max vendu en France, donné pour 231 grammes par Apple, et compte parmi les iPhone non pliants les plus lourds jamais conçus par la marque.
Sur le papier, l’écart paraît mince. En main, ces 18 grammes se sentent dans plusieurs situations :
- lors d’une lecture prolongée en position allongée ;
- quand il faut tenir le téléphone d’une seule main dans les transports ;
- au moment de le glisser dans la poche d’une veste.
Une coque accentue encore cette impression de densité, que la répartition équilibrée du poids ne suffit pas à faire oublier.
La batterie, la chambre à vapeur agrandie et le mécanisme du diaphragme font des suspects évidents. Apple, qui ne publie pas la masse de chacun de ses composants, laisse pourtant sans réponse la répartition de ces 18 grammes entre eux. Une seule certitude : la nouvelle architecture interne a produit un appareil sensiblement plus lourd.
Siri AI et image de référence absentes de l’UE
Une partie des nouveautés reste en outre hors de portée des acheteurs européens. Siri AI, capable de tenir compte du contexte et de converser, n’est pas disponible au lancement sur les iPhone et iPad utilisés dans l’Union européenne.
Apple attribue ce report au règlement européen sur les marchés numériques, le Digital Markets Act (DMA), qui encadre les grandes plateformes. L’entreprise n’avance aucune date de déploiement sur iOS, le système d’exploitation de l’iPhone. L’assistant fonctionne pourtant dans la même région sur les Mac et sur l’Apple Vision Pro, le casque de réalité mixte de la marque.
Apple Intelligence, l’ensemble des fonctions d’IA du constructeur, reste présent sur les iPhone européens, et plusieurs de ses fonctions existent en français. Seules la nouvelle génération de Siri et certaines fonctions associées sont bloquées sur iOS. La puissance de calcul doublée pour l’intelligence artificielle, mise en avant pour l’A20 Pro, perd ainsi en Europe son application la plus visible.
La seconde absence touche une fonction inédite, l’image de référence, destinée aux journalistes, aux photographes et à ceux qui vérifient l’authenticité des contenus. Dans le mode prévu à cet effet, le capteur enregistre des données signées, c’est-à-dire marquées d’une signature cryptographique. Private Cloud Compute, les serveurs de calcul sécurisés d’Apple, transforment selon l’entreprise ces données en une image protégée contre toute modification. Comparée à la photo publiée, celle-ci révèle d’éventuelles retouches.
Le dispositif atteste seulement la correspondance entre les données captées par l’appareil et ce fichier de référence. Sa portée tiendra à son adoption par les rédactions, les plateformes et les logiciels tiers.
Les iPhone 18 Pro vendus dans l’Union européenne ne capturent pas, au lancement, d’images de référence. iOS 27 et les versions équivalentes des systèmes de l’iPad et du Mac affichent et développent en revanche celles créées dans les pays où la fonction est active.
De 1 629 à 3 129 euros
L’iPhone 18 Pro Max démarre à 1 629 euros avec 256 Go de stockage. Les autres capacités se déclinent ainsi :
| Stockage | Prix |
|---|---|
| 512 Go | 1 879 euros |
| 1 To | 2 379 euros |
| 2 To | 3 129 euros |
La version de 2 To correspond à la capacité qu’appellent les tournages en ProRes. L’iPhone 18 Pro débute quant à lui à 1 479 euros, le prix de lancement de l’iPhone 17 Pro Max 256 Go en France. Le Pro Max coûte donc 150 euros de plus que son prédécesseur à sa sortie.
Apple lance dans le même temps l’iPhone Duo, son premier modèle pliable. Parmi les iPhone classiques, le Pro Max reste le plus complet pour la photographie, la vidéo, les jeux et l’endurance.
Pour le propriétaire d’un iPhone 17 Pro Max, le changement se justifie mal. L’écran, le format et une grande partie de l’expérience quotidienne restent très proches, alors que le prix et le poids augmentent.
Les photographes et les vidéastes font exception. L’ouverture variable, les commandes manuelles, le téléobjectif de 48 mégapixels, le mode Cinématique en 4K à 60 images par seconde et la meilleure tenue thermique leur ouvrent des possibilités absentes du 17 Pro Max.
Les possesseurs d’un iPhone 15 Pro Max ou d’un modèle plus ancien mesureront un saut plus net en autonomie, en performances soutenues, en vidéo et en polyvalence photographique, puisqu’ils cumulent les progrès de trois générations.
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