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Depuis le 1er septembre, toutes les entreprises doivent désormais pouvoir recevoir des factures électroniques, avec l’obligation pour les grandes entreprises et ETI de les émettre. Avant le basculement obligatoire des PME et micro-entreprises pour septembre 2027.
Si le raccordement technique est en place, l’usage commence tout juste. D’autant qu’un tiers des TPE-PME[1] déclare manquer d’information sur ses obligations et prévoit de traiter la réforme comme une case à cocher tout en continuant à fonctionner comme avant. Ce qui revient à passer à côté des opportunités offertes par la réforme comme des leviers de performance durable pour les entreprises.
Une visibilité renforcée pour la trésorerie
La réforme de la facturation électronique bénéficie en premier lieu à la trésorerie. Qu’il s’agisse de dates d’émission, d’échéances, de montants, de fournisseurs ou de modes de règlements, chaque facture indique des champs normalisés qu’il est facile d’agréger, de comparer et de suivre dans le temps. À l’ère de l’IA, ces informations, couplées à des outils d’analyse, donnent aux entreprises une vision inédite pour suivre leur facturation mais aussi identifier les clients habitués à payer en retard, déclencher des relances au bon moment, et mettre en place des prévisions de trésorerie crédibles.
En parallèle, la réforme supprime le temps de traitement manuel et historique de la facture, onéreux en temps homme pouvant être réinvesti ailleurs. Grâce à elle, les entreprises obtiennent un accès à une information comptable en temps réel, offrant des conditions permettant un meilleur pilotage et une capacité d’anticipation supérieure. Une entreprise dotée de meilleures capacités de discernement se donne les moyens de mieux décider.
Plus de valeur pour les équipes
La réforme de la facturation électronique est aussi l’occasion de réformer en profondeur les habitudes de travail de ses équipes. Quitte à prévoir un plan de formation spécifique.
Au lieu de pointer les factures, le trésorier pourra piloter et arbitrer tandis que l’acheteur analysera les comportements de ses fournisseurs pour prévenir les écueils. Comme David Amiel, ministre de l’action et des comptes publics, l’a souligné[2], la réforme renforce aussi les exigences en matière de cybersécurité des entreprises. La facture électronique devient un flux critique que les équipes IT doivent sécuriser.
Enfin, la valeur des experts comptables, considérés comme déterminants dans le déploiement de la réforme pour 78 % des entreprises[3], va pouvoir se déplacer de la simple saisie vers l’analyse et le conseil stratégique. Adopter au plus tôt la réforme, c’est déjà choisir de valoriser une partie de ses collaborateurs, et notamment les métiers du chiffre.
Digitaliser le reste de la chaîne de valeur
Pour l’État, la réforme joue un rôle d’outil de contrôle pour mieux lutter contre la fraude à la TVA, il espère récupérer environ trois milliards[4] sur les cinq à dix milliards d’euros de TVA égarée[5], et réduire les dérapages des comptes publics.
Pour l’entreprise, le gain principal réside dans une plus grande maîtrise de toute la chaîne de valeur client-fournisseur et des gains de traçabilité réduisant les litiges et les fraudes. Au-delà de la facturation, ce sont tous les processus internes qui pourraient bénéficier de ce travail de normalisation, de la Supply chain à la relation client.
Beaucoup d’entreprises ont vécu le 1er septembre 2026 comme une échéance contraignante. Celles qui en font un point de départ se donnent les moyens d’ajuster leurs trajectoires vers de meilleures capacités de pilotage de leurs données pour des performances plus durables.
Isabelle Guit
Associée Baker Tilly
[1] Facturation électronique : 73 % des entreprises accompagnées par un expert-comptable opérationnelles au 1er septembre – Ordre des experts comptables – 030926
[2] La facturation électronique démarre aujourd’hui : priorité à l’accompagnement des entreprises – Gouvernement – 010926
[3] Baromètre de la facturation électronique – 7ème – Opinion Way – Mai 2026
[4] David Amiel, ministre de l’Action et des Comptes publics, le 24 août 2026 – lien
[5] Alerte travail au noir : mais où sont passés les milliards de la TVA disparue ? – Iref – 02/03/26


