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Depuis le 1er janvier 2026, Dominique de Villepin n’a plus droit à la voiture et au chauffeur que l’État accordait aux anciens premiers ministres. L’ancien chef du gouvernement peut toutefois encore demander un secrétariat jusqu’en septembre 2029. Sa protection policière éventuelle échappe aux comptes individualisés du ministère de l’intérieur.
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207 072 euros, un chiffre déjà ancien
En 2024, Dominique de Villepin a coûté 207 072 euros au dispositif de soutien des anciens premiers ministres financé par Matignon. Le gouvernement a publié ce montant le 20 mai 2025, en réponse à une question écrite du député du Nord Matthieu Marchio. Cette somme plaçait l’ancien chef du gouvernement en tête des bénéficiaires recensés cette année-là. Bernard Cazeneuve suivait avec 198 290 euros, devant Jean-Pierre Raffarin, à 158 208 euros, Lionel Jospin, à 157 657 euros, et Edith Cresson, à 157 223 euros.
Matignon répartissait les 207 072 euros entre 198 805 euros de dépenses de personnel et 8 267 euros de dépenses liées au véhicule. La première ligne couvrait les agents affectés au soutien de l’ancien premier ministre et les charges qui s’y rattachaient. Les services du premier ministre n’ont pas isolé la part du secrétariat particulier de celle du conducteur automobile.
Ce détail comptable détermine la portée du chiffre. Depuis le 1er janvier 2026, Dominique de Villepin ne peut plus recevoir, dans ce cadre, une voiture de fonction ni un conducteur. Les 207 072 euros décrivent donc le dernier coût annuel individualisé établi par l’État. Ils ne mesurent pas sa dépense actuelle.
La voiture et le chauffeur retirés
Le décret du 20 septembre 2019 autorisait l’État, sur demande, à fournir aux anciens premiers ministres un véhicule de fonction, un conducteur automobile et la prise en charge des frais du véhicule. Dominique de Villepin a dirigé le gouvernement du 2 juin 2005 au 15 mai 2007. Cette date l’a placé parmi les responsables visés par la réforme adoptée en 2025.
Sébastien Lecornu, alors premier ministre, a signé le 16 septembre 2025 un décret plafonnant à dix ans, après la sortie de Matignon, le véhicule de fonction et le conducteur. Il a prévu que les anciens chefs de gouvernement ayant quitté leurs fonctions depuis plus de dix ans perdent ces moyens au plus tard le 1er janvier 2026. Les documents budgétaires de l’Assemblée nationale citent Dominique de Villepin parmi les neuf anciens premiers ministres concernés, avec Laurent Fabius, Edith Cresson, Edouard Balladur, Alain Juppé, Lionel Jospin, Jean-Pierre Raffarin, François Fillon et Jean-Marc Ayrault.
Les 8 267 euros de frais de véhicule recensés pour 2024 ne relèvent donc plus de son dossier. Le conducteur a également quitté le périmètre du dispositif, même si Matignon n’a jamais publié son coût propre dans les 198 805 euros de dépenses de personnel. La réforme a ainsi fait baisser la charge certaine, sans livrer le montant précis de l’économie individuelle.
Le secrétariat, jusqu’en 2029
La réforme de 2025 a laissé intact le secrétariat particulier. Le décret de 2019 autorise l’État à affecter, sur demande, un agent à un ancien premier ministre pendant dix ans après son départ de Matignon, avec une limite fixée à 67 ans. Le texte avait prévu une règle transitoire pour les anciens chefs de gouvernement ayant quitté leurs fonctions avant septembre 2019 : le délai de dix ans a alors commencé à courir à la publication du décret. Dominique de Villepin peut donc demander un secrétariat jusqu’en septembre 2029.
L’État exclut ce soutien lorsqu’un ancien premier ministre reçoit déjà des moyens comparables du fait d’un mandat parlementaire, local ou d’une fonction publique. Les documents préparatoires au budget 2026 mentionnaient Dominique de Villepin parmi les anciens chefs de gouvernement susceptibles de conserver un agent, avec Laurent Fabius, Edith Cresson, Lionel Jospin, Jean-Pierre Raffarin, François Fillon et Bernard Cazeneuve.
Ces documents établissent une prévision budgétaire, non l’affectation effective d’un agent auprès de Dominique de Villepin au 14 septembre 2026. Matignon n’a pas publié le statut ni le coût chargé d’un éventuel secrétariat. Le cadre juridique maintient une dépense possible jusqu’en 2029, sans permettre de la chiffrer à son nom.
0,9 million d’euros pour l’ensemble
Ce coût non individualisé s’inscrit dans une enveloppe que le gouvernement prévoyait de ramener à 0,9 million d’euros en 2026 pour tous les anciens premiers ministres. Le projet de budget répartissait cette somme entre 0,8 million d’euros de masse salariale, c’est-à-dire les rémunérations et les charges des agents, et 0,1 million d’euros de dépenses liées aux véhicules.
Deux ans plus tôt, les dépenses exécutées avaient atteint 1,58 million d’euros. Les services de Matignon anticipaient donc une baisse de 680 000 euros, portée par la fin des véhicules et chauffeurs pour les anciens chefs de gouvernement sortis depuis plus de dix ans. Cette enveloppe agrège les situations de tous les bénéficiaires. Elle ne permet pas de reconstituer une dépense attribuable à Dominique de Villepin, d’autant qu’elle relevait d’une prévision du projet de loi de finances et non d’un bilan d’exécution.
La rapporteure spéciale de la commission des finances de l’Assemblée nationale avait proposé de réduire à cinq ans la durée des moyens accordés aux anciens premiers ministres. Son amendement évaluait la dépense à 380 000 euros pour 2026, contre 900 000 euros dans la prévision gouvernementale. Ce texte n’a pas modifié le décret applicable.
La sécurité, hors bilan nominatif
Cette part non chiffrable ne couvre toujours pas une éventuelle protection policière. Matignon avait exclu cette protection du montant de 207 072 euros publié pour Dominique de Villepin en 2024, car le ministère de l’intérieur finance les dispositifs de sécurité des anciens premiers ministres.
Le gouvernement avait indiqué que la protection de l’ensemble des anciens premiers ministres avait coûté 2,8 millions d’euros en 2019. Cette enveloppe incluait les rémunérations des policiers, les heures supplémentaires, les frais de mission et l’entretien des véhicules affectés à leur sécurité. Ce montant global ne renseigne pas le cas de Dominique de Villepin : il remonte à 2019, porte sur l’ensemble des personnes protégées et ne répartit pas les dépenses par bénéficiaire. Le ministère de l’intérieur n’a publié ni le niveau de protection appliqué à l’ancien premier ministre en 2026, ni le coût de cet éventuel dispositif.


