Remboursements de santé : ce qui change pour les assurés entre 2026 et 2027

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En 2026 puis 2027, la répartition des frais de santé entre l’Assurance maladie, les complémentaires et les ménages bouge. Entre franchises relevées et soins moins remboursés, le prix des mutuelles augmentent.

Qui paie les dépenses de santé en France ?

Les comptes de la santé publiés par la Drees le 1er octobre 2026 donnent la photographie la plus récente. En 2025, la dépense courante de santé a atteint 353,2 milliards d’euros, en hausse de 3,3 % sur un an. Elle représente 11,8 % du PIB. Les soins et biens médicaux en représentent 256,5 milliards.

Les administrations publiques, Sécurité sociale en tête, financent 77,4 % de la dépense. Les complémentaires santé en prennent en charge 12,3 %, soit 43,4 milliards d’euros. Les ménages paient le reste, 9,7 %. Cela représente en moyenne 495 euros par habitant et par an, dont 207 euros liés aux soins de longue durée.

La prise en charge publique varie fortement selon les soins. Elle atteint 94 % à l’hôpital, mais reste inférieure à 50 % en optique et pour les aides auditives. Les complémentaires financent 69 % des dépenses d’optique, 48 % des audioprothèses et 46 % des soins et prothèses dentaires.

Combien rembourse l’Assurance maladie aujourd’hui ?

La consultation chez le médecin traitant généraliste coûte 30 euros. L’Assurance maladie en rembourse 70 %, soit 21 euros. Les 9 euros restants forment le ticket modérateur, que la mutuelle peut prendre en charge selon le contrat. Hors parcours de soins coordonnés, le remboursement tombe à 30 %.

Franchises et participations : un plafond relevé au 1er octobre 2026

À chaque consultation ou acte médical, 2 euros de participation forfaitaire sont déduits du remboursement. Une franchise s’applique aussi : 1 euro par boîte de médicaments, 1 euro par acte paramédical et 4 euros par transport sanitaire.

Depuis le 1er octobre 2026, chacun de ces deux prélèvements est plafonné à 70 euros par an et par personne, contre 50 euros auparavant. Le total possible passe donc de 100 à 140 euros. Le gouvernement avait d’abord annoncé 200 euros.

Ces sommes ne sont pas remboursées par les contrats de mutuelle dits « responsables », qui sont la grande majorité. Les mineurs, les femmes enceintes à partir du sixième mois et les bénéficiaires de la complémentaire santé solidaire en sont exonérés.

Les autres frais qui restent à la charge du patient

Pour les actes d’au moins 120 euros, un forfait de 32 euros remplace le ticket modérateur. Un passage aux urgences sans hospitalisation coûte 23 euros, un forfait intégralement remboursé par les complémentaires.

Quels remboursements baissent au 1er janvier 2027 ?

Quatre décrets publiés au Journal officiel le 22 août 2026 réduisent la part de l’Assurance maladie sur quatre postes : les soins dentaires, les dispositifs médicaux, certains médicaments et les transports sanitaires. L’essentiel s’appliquera au 1er janvier 2027.

Pour les soins dentaires, la Sécurité sociale rembourse aujourd’hui 60 % du tarif de base. Le décret fixe une nouvelle fourchette qui ramènera ce taux entre 40 % et 50 %. Le gouvernement a annoncé un objectif de 50 %, mais le taux définitif reste à fixer. Les dispositifs médicaux suivent la même évolution.

Pour les médicaments dont le service médical rendu est jugé modéré, le taux cible annoncé est de 15 %, contre 30 % aujourd’hui. Pour ceux dont le service rendu est faible, il serait de 5 %, contre 15 %.

La part abandonnée par l’Assurance maladie bascule en grande partie vers les complémentaires. Le gouvernement chiffre ce transfert à 1,2 milliard d’euros. La Mutualité française l’estime à environ 1,5 milliard, dont 510 millions pour le dentaire et 490 millions pour les dispositifs médicaux.

Autre changement voté dans le budget 2026 : à partir du 1er janvier 2027, les prescriptions des médecins non conventionnés, dits de secteur 3, ne seront plus remboursées par l’Assurance maladie.

Que prévoit le budget de la Sécurité sociale pour 2027 ?

Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale a été présenté en Conseil des ministres le 1er octobre 2026. Il vise à ramener le déficit de la Sécurité sociale de 21,8 milliards d’euros en 2026 à 12,7 milliards en 2027.

Les dépenses d’assurance maladie progresseraient de 2 %, avec une hausse de 3 % pour les établissements de santé et une hausse plus faible pour les soins de ville. Le texte prévoit aussi de reconduire en 2027 la contribution exceptionnelle de 2,05 % prélevée sur les cotisations des complémentaires santé, pour un rendement attendu de 1,1 milliard d’euros.

Examiné par les députés à partir du 20 octobre, le texte peut encore évoluer.

Pourquoi les cotisations de mutuelle augmentent-elles ?

Selon la Mutualité française, les cotisations ont augmenté en moyenne de 4,3 % sur les contrats individuels et de 4,7 % sur les contrats collectifs en 2026. Pour 2027, les cabinets d’actuariat anticipent une nouvelle hausse. Le baromètre Addactis prévoit pour les contrats individuels une hausse de 5 % à 10,8 %, hors effet de l’âge, avec une médiane de 8,3 %. Fact & Figures table sur 7 % en moyenne.

Les organismes avancent trois raisons : la hausse des dépenses de santé, le coût du dispositif 100 % Santé sur l’optique, le dentaire et l’audition, et les transferts de remboursement venus de l’Assurance maladie. Un contrat responsable doit en effet couvrir le ticket modérateur. Quand la part de la Sécurité sociale baisse, celle de la mutuelle augmente mécaniquement.

Comment comparer les offres de mutuelle ?

Les nouveaux tarifs figurent sur les avis d’échéance envoyés à l’automne. Après un an de contrat, un assuré peut résilier sa complémentaire santé individuelle à tout moment, sans frais.

Pour faire jouer la concurrence, passer par un courtier permet de comparer plusieurs offres d’assureurs différents en une seule démarche. Des courtiers en ligne comme Santiane proposent ainsi de comparer plusieurs devis de mutuelles sur le comparateur Santiane.

Au-delà du prix, les remboursements en dentaire, en optique et sur les dépassements d’honoraires varient beaucoup d’un contrat à l’autre. Les ménages modestes peuvent aussi vérifier leur droit à la complémentaire santé solidaire.



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