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Un chiffre d’affaires toujours en baisse malgré une amélioration au deuxième trimestre
Atos a réalisé un chiffre d’affaires de 3,41 milliards d’euros au premier semestre 2026, contre 4,02 milliards un an plus tôt. Cette baisse reflète en partie la transformation engagée par le groupe depuis plusieurs trimestres. Les cessions de Bull, d’Ideal GRP et des activités en Amérique du Sud ont réduit le périmètre consolidé, tandis que le ralentissement de certains marchés informatiques continue de peser sur l’activité.
Le secteur des services numériques traverse en effet une phase de normalisation après plusieurs années de forte croissance. Selon Gartner et IDC, les entreprises ont ralenti certains projets de transformation en 2024 et 2025 afin de privilégier les investissements offrant un retour sur investissement rapide, notamment dans l’intelligence artificielle, la cybersécurité et les infrastructures critiques. Dans ce contexte, plusieurs grands acteurs européens du secteur ont également enregistré un ralentissement de leur croissance.
À périmètre comparable, la Strategic Business Unit Atos affiche un recul organique de 9,1 %, tandis qu’Eviden poursuit sa progression avec une croissance organique de 6,1 %. Créée lors de la réorganisation du groupe, cette branche rassemble notamment les solutions de cybersécurité, d’IA et les produits technologiques développés par Atos.
Le deuxième trimestre d’Atos fait néanmoins apparaître une évolution moins défavorable. La baisse organique du chiffre d’affaires est revenue à 6,3 %, après -11,3 % au premier trimestre. Dans le même temps, le ratio book-to-bill atteint 91 %, contre 84 % un an auparavant, dépassant même 100 % en France, au Royaume-Uni, en Irlande ainsi que pour Eviden. Ce ratio, largement suivi dans les entreprises de services, mesure la capacité à enregistrer davantage de commandes que de chiffre d’affaires facturé et constitue un indicateur avancé de l’activité future.
La rentabilité progresse
L’un des principaux enseignements du semestre concerne l’évolution des performances opérationnelles d’Atos. Sa marge opérationnelle atteint 190 millions d’euros, soit 5,7 % du chiffre d’affaires, contre 133 millions d’euros (3,7 %) un an auparavant à périmètre comparable.
Cette progression intervient alors même que le chiffre d’affaires organique d’Atos a diminué de plus de 300 millions d’euros dans le cadre du programme de transformation lancé par Philippe Salle lors de son arrivée à la tête du groupe.
Nommé président-directeur général en février 2025, l’ancien dirigeant d’Altran, Elior et Foncia a présenté en mai 2025 le plan Genesis, destiné à restaurer durablement la rentabilité d’Atos après plusieurs années marquées par des difficultés financières, des restructurations successives et une profonde réorganisation du groupe.
La mise en œuvre du plan Genesis se poursuit
Conçu comme une feuille de route sur quatre ans, Genesis vise à simplifier l’organisation, réduire les coûts, améliorer la génération de trésorerie et recentrer les investissements sur les activités jugées les plus porteuses : intelligence artificielle, cybersécurité, cloud souverain et infrastructures critiques.
Selon Atos, les objectifs d’économies initialement fixés ont déjà été dépassés. Le groupe indique avoir atteint 112 % de la cible prévue à ce stade du programme et annonce la prolongation de Genesis afin de poursuivre les gains de productivité.
La transformation ne repose toutefois pas uniquement sur les réductions de coûts. Atos poursuit également la simplification de son organisation avec la disparition progressive de plusieurs entités juridiques, l’achèvement de la cession des activités sud-américaines et le déploiement d’un nouveau modèle commercial, d’abord aux États-Unis avant une généralisation progressive.
Cette évolution s’inscrit dans une tendance plus large observée chez les grands acteurs européens des services numériques, confrontés à la nécessité de réduire la complexité organisationnelle héritée de nombreuses acquisitions réalisées au cours des deux dernières décennies. Atos poursuit parallèlement le renforcement de son bilan, priorité affichée depuis sa restructuration financière engagée en 2024.
La variation nette de trésorerie ressort à -120 millions d’euros au premier semestre, un niveau que le groupe attribue principalement à la saisonnalité habituelle de son activité, au versement différé des rémunérations variables et aux dépenses liées aux restructurations, qui représentent environ 127 millions d’euros.
Les cessions réalisées depuis le début de l’année ont généré 215 millions d’euros de produits nets. Elles s’ajoutent aux opérations de refinancement engagées après la restructuration financière, qui permettent aujourd’hui à Atos d’abaisser le coût moyen de sa dette à 7,4 %, soit une diminution d’environ 220 points de base. Le groupe estime que cette évolution représente une économie annuelle proche de 60 millions d’euros. La maturité moyenne de la dette atteint désormais environ cinq ans, tandis que la liquidité disponible s’élève à 1,805 milliard d’euros à fin juin.
L’IA, la cybersécurité et la souveraineté numérique au centre de la stratégie du groupe
Au-delà de sa transformation financière, Atos poursuit son repositionnement stratégique sur plusieurs segments considérés comme prioritaires par les entreprises et les administrations.
Le groupe concentre désormais ses investissements autour de trois domaines : l’intelligence artificielle, la cybersécurité et la souveraineté numérique. Ce choix reflète l’évolution des besoins des grandes organisations européennes, dans un contexte marqué par l’accélération de l’IA générative, l’augmentation des cyberattaques et les débats croissants autour de l’autonomie technologique de l’Europe.
Atos indique que plusieurs contrats récemment remportés intègrent déjà ses solutions d’intelligence artificielle et ses technologies propriétaires, notamment auprès d’administrations et d’opérateurs d’infrastructures critiques. Le groupe poursuit également le développement de partenariats technologiques avec Microsoft, IBM Red Hat, Dell, CrowdStrike ainsi qu’avec plusieurs entreprises spécialisées dans l’IA.
Cette stratégie s’inscrit dans un mouvement plus large du marché européen, où les enjeux de souveraineté numérique prennent une place croissante dans les politiques publiques comme dans les investissements des grandes entreprises.
Diminution des effectifs et objectifs maintenus pour 2026
La transformation d’Atos se poursuit également sur le plan des ressources humaines. Les effectifs s’établissent à 54 476 collaborateurs à fin juin, soit une baisse de 13,8 % depuis fin 2025, principalement liée aux cessions d’activités et aux restructurations en cours.
Parallèlement, Atos indique avoir recruté 2 738 personnes depuis le début de l’année, dont près de 89 % sur des fonctions directement liées à la production. Le taux d’attrition poursuit également sa baisse, passant de 16 % à 11,8 % en un an, dans un secteur où la fidélisation des compétences constitue un enjeu important.
Au regard de ces résultats, Atos confirme l’ensemble de ses objectifs annuels. Le groupe prévoit une décroissance organique d’environ 5 % en 2026 (en bas de la fourchette communiquée précédemment), une marge opérationnelle d’environ 7 % du chiffre d’affaires ainsi qu’une génération de trésorerie redevenant positive sur l’ensemble de l’exercice.
Pour Philippe Salle, les résultats du premier semestre traduisent l’entrée d’Atos dans une nouvelle phase de son plan de transformation. Sans marquer un retour à la croissance, ils témoignent de premiers changements sur le plan opérationnel et commercial, dans un environnement qui demeure exigeant pour l’ensemble du secteur des services numériques.


