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La migration vers le cloud est vendue comme un levier d’économies. Dans les faits, une part importante des entreprises françaises découvrent une facture mensuelle supérieure à leur ancienne infrastructure sur site, parfois dès les premiers mois d’exploitation, et sans qu’aucun incident technique ne l’explique. Ce n’est pas la technologie qui coûte cher, ce sont les choix faits pendant et après le projet de migration. Un service d’optimisation des coûts cloud permet justement de repérer ces dérapages avant qu’ils ne s’accumulent sur plusieurs exercices comptables et ne deviennent un sujet de tension entre les équipes techniques et la direction financière. Voici les cinq erreurs qui reviennent le plus souvent dans les audits d’infrastructure Google Cloud menés auprès d’entreprises en cours de migration, et comment les corriger avant qu’elles ne pèsent sur le budget de l’année suivante.
Le sur-provisionnement dès la conception
La première erreur se joue avant même le premier euro dépensé sur le cloud. Beaucoup d’équipes reproduisent en environnement cloud le dimensionnement de leurs serveurs on-premise, calculé pour absorber les pics de charge annuels. Résultat : des machines virtuelles payées 24 heures sur 24 pour un usage réel de quelques heures par semaine.
Le cloud n’a pourtant de sens économique que si les ressources suivent la charge réelle, à la hausse comme à la baisse. La correction passe par un dimensionnement basé sur les métriques d’usage observées après quelques semaines de production, pas sur les hypothèses du cahier des charges initial rédigé avant la bascule. Les recommandations de rightsizing intégrées à Google Cloud, combinées à des règles d’autoscaling adaptées à chaque service, permettent souvent de réduire la facture de calcul de 20 à 40 % sans toucher aux performances perçues par les utilisateurs finaux.
L’absence de stratégie de tagging
Deuxième erreur, plus discrète mais tout aussi coûteuse : l’absence de règles de tagging appliquées dès la création des ressources. Sans tags cohérents par projet, environnement ou centre de coût, il devient impossible de savoir quelle équipe, quelle application ou quel client génère telle ligne de la facture.
Selon le rapport annuel de la FinOps Foundation, l’allocation des coûts fait partie des priorités les plus citées par les équipes FinOps en 2026, aux côtés de la gouvernance et de la prévision budgétaire. Sans cette base, toute tentative d’optimisation reste approximative : on ne peut pas réduire ce qu’on ne sait pas attribuer. La correction est simple à énoncer, plus longue à appliquer : définir une taxonomie de tags obligatoire, la faire respecter par une politique technique (et non un simple document), puis relier chaque rapport financier à ces tags dès le premier jour.
Les ressources inactives qu’on oublie de couper
Troisième erreur, la plus universelle : les ressources qui tournent sans que personne ne les utilise. Snapshots jamais purgés, adresses IP réservées mais non attachées, disques orphelins après la suppression d’une machine virtuelle, environnements de test qu’on a oublié d’éteindre le vendredi soir.
Le phénomène n’a rien d’anecdotique. Le Flexera 2026 State of the Cloud Report, basé sur une enquête auprès de 753 décideurs cloud, estime que 29 % des dépenses IaaS et PaaS mondiales ne produisent aucune valeur, un taux qui repart à la hausse après cinq années de baisse continue. Chaque ressource inactive apparaît sur la facture tous les mois, qu’elle serve à quelque chose ou non, et personne ne reçoit d’alerte tant que le compte n’est pas soldé en fin de mois. Un nettoyage trimestriel, appuyé sur des alertes automatiques de ressources inactives et sur une revue systématique des snapshots de plus de 90 jours, suffit généralement à éliminer l’essentiel de ce gaspillage sans mobiliser une équipe dédiée à temps plein.
Le mauvais choix de modèle de tarification
Quatrième erreur : appliquer un seul modèle de tarification à des charges de travail qui n’ont rien en commun. Une équipe qui paie tout à l’usage classique perd les remises disponibles sur ses charges stables. Une équipe qui s’engage sur des remises d’engagement pour des charges encore instables se retrouve à payer pour une capacité qu’elle n’utilise plus six mois plus tard.
Google Cloud propose plusieurs mécanismes de remise selon la prévisibilité de l’usage, dont les remises sur engagement d’utilisation, décrites dans la documentation officielle de Compute Engine. La bonne pratique consiste à segmenter l’infrastructure entre charges stables, éligibles à un engagement, et charges variables, laissées en tarification à l’usage avec autoscaling. Ce tri, réalisé une fois par trimestre, évite les deux excès.
L’absence de gouvernance cloud
Cinquième et dernière erreur, celle qui explique pourquoi les quatre premières se répètent : l’absence de gouvernance cloud formalisée. Sans politique claire sur qui peut créer quelles ressources, avec quel budget et quelle durée de vie, chaque équipe recrée les mêmes erreurs indépendamment des autres.
« Dans la plupart des audits que nous menons, la dérive budgétaire ne vient pas d’un projet précis, mais de l’absence de cadre commun entre les équipes techniques et la finance », observe Oleh Maksymovych, Co-Founder et General Manager chez Cloudfresh, spécialiste Google Cloud et data analytics.
Une gouvernance efficace ne se limite pas à un tableau de bord de suivi des dépenses. Elle inclut des budgets par projet avec alertes automatiques, une revue mensuelle partagée entre finance et technique, et des règles de cycle de vie appliquées par défaut aux ressources temporaires.
Reprendre le contrôle avant le prochain audit
Ces cinq erreurs partagent un point commun : aucune n’est visible sur la facture du premier mois. Elles s’accumulent en silence, projet après projet, jusqu’à ce que la direction financière demande des comptes sur un écart devenu difficile à justifier. La bonne nouvelle, c’est qu’aucune ne nécessite de repenser l’architecture depuis zéro. Un audit ciblé, quelques règles de gouvernance appliquées avec constance, et un dimensionnement revu tous les trimestres suffisent, dans la majorité des cas, à ramener une facture cloud sous contrôle.


